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14/03/2008

Zaventem : dormir sur ses deux oreilles

EDITORIAL

Ciel Radio

Par Michel KONEN

 

« Le bruit, c’est de l’emploi » : c’est José Happart qui l’affirme. Il sait de quoi il parle : il est président de l’aéroport de Bierset. Yves Leterme ne dit rien d’autre lorsqu’il propose une courte nuit, d minuit à 4 heures du matin sauf, et la restriction est importante, sauf si cela compromet les activités économiques du principal opérateur nocturne de Zaventem, DHL. Et le transporteur aérien de courrier a déjà fait connaître son point de vue : il a besoin de faire voler ses avions pendant cette tranche horaire. Faute de quoi, laisse-t-il entendre, il remettra en cause le maintien de son hub régional à Bruxelles. En clair, l’opérateur allemand, DHL est une filiale de la Deutsche Post , menace de partir avec armes et bagages sous des cieux nocturnes plus accueillants. Des paroles à prendre au sérieux. Ce ne sont pas des propos en l’air. On se souvient qu’en 2004 ce lancinant problème des vols de nuit, indispensables à l’activité industrielle de DHL ,s’était conclu de manière douloureuse pour l’emploi. Faute d’accord, DHL a purement et simplement déménagé ses installations principales vers Leipzig, laissant sur la carreau la moitié de ses 3000 employés. Ironie du sort, la mise en service des installations de Leipzig aura lieu le 1er avril prochain. Le spécialiste du courrier express a maintenu cependant à Bruxelles un centre régional qui occupe encore 1.500 personnes. Ce qui fait de lui le principal employeur de Zaventem. L’enjeu est donc d’importance. Yves Leterme, dont chacun loue les efforts dans ce dossier, a consulté tout le monde. Sauf DHL. Qui n’a pas apprécié. Et qui ne s’est pas privé de le faire savoir. Et qui dispose avec l’aéroport de Vatry, en France, d’un plan B. Faute ou erreur d’Yves Leterme ? A-t-il brûlé les étapes pour accrocher d’urgence une plume à son chapeau. Si l’opération avait réussi, la victoire eut été plus que symbolique. Mais voilà : au lieu d’habileté on parle aujourd’hui de maladresse. Le dossier des vols nocturne vient à nouveau de s’engluer dans le fourre-tout des négociations interminables. Et on sait que les négociations qui durent ne portent pas chance à Monsieur 800.000 voix. Ce n’est pas demain que les riverains de Zaventem dormiront sur leurs deux oreilles.