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18/06/2008

Le cri du 18 juin

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

On a les appels du 18 juin qu’on peut ! Celui lancé ce jour en Belgique ne l’est pas par un homme politique qui prendrait soudainement de la hauteur et ferait vibrer les foules en exprimant une vision de l’avenir pour le pays. D’ailleurs, ce n’est pas d’un appel mais d’un cri qu’il faut parler, lancé par des centaines, des milliers de moteurs rugissants. Un cri de rage lancé par des agriculteurs, des routiers, des taxis à un gouvernement qui paraît plus que jamais désemparé. Un cri qui vient après d’autres manifestations organisées tout au long de la semaine dernière. Un cri que Leterme Ier devra bien finir par écouter.

 

« Les problèmes qui intéressent les gens », comme aiment à dire nos hommes politiques, doivent aujourd’hui s’exprimer dans la rue tant le sentiment de n’être pas entendus devient fort chez le citoyen. L’impression que ce gouvernement se trompe de priorité se fait chaque jour plus vif. Le dossier institutionnel qui mobilise toutes les énergies de ceux qui nous gouvernent laisse les foules indifférentes.

 

La détérioration du pouvoir d’achat, à propos duquel le gouvernement reste étrangement passif, par contre, tourne au vinaigre. Les belges attendent de ce gouvernement qu’il prenne les problèmes à bras le corps. Avec détermination et sans démagogie. Chacun sait que ce n’est pas Leterme qui pourra empêcher la hausse du prix du baril. Mais chacun est en droit d’exiger de ce gouvernement qu’il prenne ses responsabilités et mette en œuvre  des mesures ciblées, réalistes pour, par exemple, freiner ce cancer économique qu’est l’inflation. Un domaine où la Belgique se classe championne d’Europe. On voudrait d’autres trophées.

 

De plus en plus, ce gouvernement apparaît comme un accident, comme une aberration de la génétique politique. Cela fait plus d’un an que cela dure. Cela suffit !

 

 

04/03/2008

Affaire Sagawé, de la mauvaise téléréalité

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Retour sur la saga Sagawé , du nom de l’histoire de ce couple qui, depuis 15 ans occupe une habitation construite sans permis de bâtir. Une histoire qui, depuis 15 ans défraye la chronique : de pose de scellés en procédures judiciaires, de menaces en inactions ministérielles wallonnes, rien n’y a fait. La maison illégale reste debout.

 

Bien des ministres s’y sont cassés les dents. Jusqu’à l’arrivée de « Bébé » Antoine. Dès 2004 il fait de ce dossier l’emblème de la rigueur wallonne. Plus question de subir le n’importe quoi au pays du laisser-faire. Tout juste si le bouillant ministre brabançon ne voulait pas lui-même porter le marteau-piqueur pour abattre ces murs qui défient la loi. Exactement comme on le faisait en région flamande il y a dix ans, de manière très médiatisée. Tout mur bâti sans permis doit être abattu.

 

Et puis, comme Zorro, un animateur au grand cœur s’empare du dossier. Il met en présence le ministre et monsieur Sagawé. Et, sous l’œil complaisant des caméras fait signer aux parties un accord au terme duquel les Sagawé resteront dans leur maison jusqu’à leur décès. Après quoi la région wallonne héritera de la maison et la fera raser, au frais de la famille. De la bonne gestion au grand cœur, en somme.  

 

Tout cela pour ne pas provoquer de drames humains, dit le Ministre. André Antoine n’a pu résister aux sirènes de la télévision. Il a eu tort.

 

 Il donne un mauvais signal à tous ceux qui outrepassent les règles. On s’étonne qu’il ait découvert, grâce à la télévision, que la destruction de l’immeuble risquait de provoquer des problèmes humains. On reste pantois sur le fait qu’il ait fallu un animateur pour que le ministre rencontre pour la première fois le couple incriminé.

 

Tout cela a un goût de mauvaise téléréalité qui se veut populaire et n’est que populiste.

 

 

25/10/2007

Rail : une grève politique

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Pagaille sur le rail, ce matin. Une pagaille très politique, pour dire le vrai. La CGSP-cheminot, le syndicat socialiste, prend plus que jamais l’usager en otage. Rien ne vient justifier le mouvement actuel.

 

Le syndicat socialiste prend pour prétexte le service minimum dans le secteur public pour manifester son opposition à l’Orange bleue. Or qu’ont prévu les négociateurs ? De donner le temps à la concertation sociale et de ne pas agir d’autorité dans ce domaine.

 

Particulièrement hypocrite, la CGSP, qui n’est pas suivie pas les autres syndicats, prétend montrer ainsi à quoi ressemblerait, pour les usagers, une journée de service minimum. Et pour être certains de mettre un maximum de pagaille le syndicat socialiste innove : il laisse à chacun de ses membres le soin de déterminer individuellement le moment où il se mettra, pour une heure, en grève. Voilà qui rend impossible pour les gestionnaires du réseau de minimiser les inconvénients de ce mouvement social.

 

C’est totalement irresponsable de la part des dirigeants syndicaux. Si la CGSP cherchait à détruire l’image du rail, elle ne s’y prendrait pas autrement. Et s’il fallait convaincre l’opinion publique d’instaurer rapidement, comme ailleurs en Europe, un service minimum dans les transports e n commun, voilà une action qui, par elle-même, en démontre la nécessité.

 

Soyons clairs : c’est bien d’une grève politique qu’il s’agit. Et de rien d’autre. La CGSP reste un syndicat de type préhistorique. Par son action d’aujourd’hui, elle montre que le chemin vers un socialisme moderne est encore très long. Cette grève devrait convaincre les négociateurs de l’orange bleue de la nécessité d’aboutir : le pays, et la Wallonie en particulier, ont vraiment besoin d’un changement profond des mentalités.