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21/05/2008

Droit de grève et services publics

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

La grève du rail, du point de vue des cheminots en tout cas, a été un succès : pas un train n'a roulé ! Pour le reste, c'est une tout autre affaire. Certes, ce ne fut pas la pagaille attendue sur les routes. Beaucoup, il est vrai - on parle de 20 pc - avaient préféré prendre un jour de congé plutôt que de moisir dans les embouteillages. Ajoutons-y le télétravail en constante augmentation, le co-voiturage en développement avec la hausse des prix des carburants et voilà pourquoi la congestion n'a pas eu lieu.

Il n'empêche, le coût de cette grève, difficile à chiffrer - certains parlent de 40 millions d'euros - est élevé, trop élevé. Le combat que mènent les organisations syndicales ne vaut pas ce prix-là, d'autant qu'il est payé par les entreprises et les particuliers qui n'ont rien à voir avec ce conflit interne à la SNCB.

Il est donc nécessaire, comme le prévoit l'accord de gouvernement, de se pencher sur la grève dans les services publics. Peu importe qu'on l'appelle service minimum ou "continuité du service public", que l'on fasse appel ou non à des médiateurs, que l'on inscrive cette obligation dans le contrat de gestion ou qu'elle soit le fruit d'une convention collective. Ce qui compte, à l'arrivée, c'est que des dispositions soient prises en concertation avec les organisations syndicales si possible, sinon par la loi.

Les services et entreprises publics ne sont pas des entreprises comme les autres. Comme leur nom l'indique, elles sont au service des citoyens qui, d'ailleurs, les financent. Elles jouissent la plupart du temps d'un statut privilégié qui les met à l'abri de la concurrence et remplissent un rôle jugé stratégique sinon vital pour le pays.

A ce titre, le droit de grève, qui est un des droits fondamentaux de la démocratie, peut être réglementé, nous ne disons