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31/08/2008

IRE, une cascade de défaillances

Édito

Mis en ligne le 30/08/2008

Par Michel Konen

Dans n'importe quelle autre industrie l'incident n'aurait sans doute pas fait une ligne dans les journaux : songez donc, une petite fuite de rien du tout. Pas de quoi s'émouvoir, en somme !

Et personne, d'ailleurs ne s'en est ému. Pendant 48 heures, du moins ! Depuis, l'affaire fait couler beaucoup d'encre. Et en fera couler beaucoup encore. Car l'incident s'est produit dans un site qui traite des éléments irradiés, du nucléaire : l'Institut des Radios Eléments de Fleurus (IRE).

Prononcez ces deux mots : "nucléaire" et "incident" et vous provoquez, inévitablement une explosion émotionnelle. Cette industrie, à tort ou à raison, charrie une somme de fantasmes - Hiroshima, Tchernobyl,... - irrationnels. C'est la raison pour laquelle cette industrie est soumise à des contrôles sévères, à des procédures de sécurité rigoureuses. Et, cela va de soi, il convient qu'une transparence totale, de l'industrie et des pouvoirs publics, soit observée à l'égard des citoyens en cas d'incidents. Cela, c'est la théorie !

Le cas de l'IRE nous montre que la pratique peut être, hélas, bien différente. Car ici rien n'a été respecté. Une semaine après que la fuite d'Iode 131 a été détectée, on ne sait toujours quasiment rien : ni l'importance de la fuite, ni ses causes, ni le degré de contamination et c'est un peu au petit bonheur la chance que des mesures prophylactiques ont été prises : ne pas boire l'eau des puits, ne pas boire de lait, ne pas manger de légumes du potager. Le tout dans une sinistre pagaille, chacun agissant, seul, dans son coin.

L'affaire serait risible, à l'image d'un pays qui ne prend jamais rien au sérieux, s'il ne s'agissait ici de santé publique. Et l'on tremble à l'idée de ce qui se serait passé si les cochonneries qui se sont répandues à Fleurus avaient été d'une nature plus virulente.

L'affaire en fait est d'autant plus scandaleuse que l'audit dont nous révélons l'existence (voir en page 4) montre que ce qui s'est produit était en quelque sorte inévitable. Les mesures de sécurité prises par l'IRE étaient inexistantes sur le plan matériel comme sur le plan humain. On y ajoutera des relations personnelles exécrables avec l'Agence fédérale de sécurité nucléaire (AFSN) et vous comprendrez pourquoi l'incident survenu il y a tout juste une semaine a été traité sur base du plus mauvais scénario possible : celui de l'improvisation ! Il est des légèretés qui sont insoutenables !

23/05/2008

Grève des Tec, la limite est franchie

Édito

La Libre Belgique 

Par Michel Konen

Il faut raison garder. Mais, en l'espèce, la coupe est pleine. Une nouvelle fois, les chauffeurs de bus des Tec de Charleroi ont décidé de se croiser les bras. Et l'on nous ressert, une fois de plus, le prétexte de la "grève émotionnelle". Cela suffit !

L'histoire est édifiante. Ce jeudi matin, au moment où les chauffeurs votent l'arrêt de travail, l'histoire est la suivante : un chauffeur a été agressé samedi par un voyageur qui le menaçait d'un couteau. L'homme s'est défendu et se retrouve néanmoins inculpé par la justice carolo. C'est trop injuste !

Quelques heures plus tard, après explication du parquet, l'affaire prend un tout autre visage. Un chauffeur a eu un échange de mots durant le trajet avec un handicapé qui souhaitait descendre entre deux arrêts. Au terminus, le chauffeur a saisi le handicapé par le collet et l'a projeté contre le bus. L'homme a alors sorti un petit couteau, menaçant le chauffeur. Ce dernier, par ailleurs ancien paracommando, a eu tôt fait de le désarmer, de le projeter au sol et de le rosser copieusement. Bilan : rate perforée, pneumothorax et deux vertèbres démises. Cinq jours en soins intensifs plus quinze jours d'invalidité. La scène a été entièrement filmée par deux caméras de surveillance.

Faut-il vraiment en dire beaucoup plus ? On pourrait encore admettre, à l'extrême limite, que faute d'information le matin, les chauffeurs soient sous le coup d'une émotion et veuillent manifester leur inquiétude. Mais il est inqualifiable, après que leurs responsables ont reçu toutes les explications de la part du procureur du Roi, qu'ils ont visionné le film des événements, qu'ils décident de poursuivre leur mouvement jusqu'à mardi, de l'étendre à d'autres réseaux.

Ils doivent, comme l'a utilement rappelé le ministre wallon des Transports André Antoine, laisser la justice mener son enquête.

Les organisations syndicales, qui pour l'instant couvrent encore ce conflit, sont mal à l'aise au vu des faits tels qu'ils se sont produits. Un responsable régional de la CSC de Charleroi vient de constater "qu'un bus n'est pas une zone de non-droit, et que les voyageurs ont le droit d'être sauvegardés au même titre que les chauffeurs", et que "tout n'est pas justifiable, et je ne peux donc pas penser que tout soit acceptable".

Voilà qui est parfaitement dit. Encore faut-il que ce soit entendu.

TEC : cela suffit !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Les chauffeurs de bus du TEC de Charleroi perdent la raison. Depuis jeudi matin et, menacent-ils, jusqu’à mardi. Ils ont décidé de se croiser les bras et le mouvement s’est étendu, ce matin, aux dépôts de Mons et de Liège. Un nouveau mouvement de mauvaise humeur de type « émotionnel », comme ils disent. Comme si ce prétexte devait tout expliquer et par conséquent se suffisait à lui-même pour justifier et excuser n’importe quels débordements.

 

Mais l’affaire revêt cette fois un aspect particulier. C’est sur une enquête de justice que les grévistes entendent faire pression. Les faits : samedi dernier un chauffeur à la suite d’un échange de mots avec un  passager durant le parcours secoue celui-ci une fois arrivé au terminus. Le voyageur se rebiffe, sort un petit couteau. Le chauffeur a tôt fait de le désarmer et lui inflige une véritable correction. Bilan, le passager a la rate perforée, un pneumothorax, deux cervicales abîmées et se retrouve en soins intensifs. Utile précision, le passager était un handicapé, le chauffeur est un ancien para-commando. Ultime détail : toute la scène a été filmée par deux caméras de surveillance. Et le parquet de Charleroi refuse la version de la légitime défense avancée par le chauffeur irascible.

 

Même les responsables syndicaux, après avoir vu les vidéos et entendu les explications du parquet, jugent inadmissible le comportement d’une extrême brutalité du chauffeur et admettent que les voyageurs doivent, autant que les conducteurs, être protégés de la violence et des voies de fait. « Un autobus n’est pas une zone de non-droit » a fait remarquer l’un d’eux.

 

La base, sûre de son impunité, ne veut rien entendre.

 

Une attitude incompréhensible et inexcusable qui rend plus que jamais indispensables la mise au point de protocoles qui définissent dans quelles conditions des mouvements de grève sont ou non acceptables dans ce secteur.

 

L’émotion a bon dos. Cela suffit !