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27/09/2007

Communauté française : la fête est finie

Editorial

Ciel radio

28.09.07

 

par Michel Konen 

 

 

Les flonflons se sont tus, les lampions sont éteints. La Communauté française a fini de faire la fête. Du moins, cette année, ne s’est-on pas ennuyé. Non pas que la fête ait connu un engouement particulier auprès du public. De ce côté-là l’indifférence était au rendez-vous. Comme chaque année !

Alors ? Alors les politiques se sont joyeusement empoignés. Ils revendiquent tous l’idée de faire de la Communauté le refuge d’une francophonie belge malmenée par la Flandre.

Les socialistes encore premiers en région wallonne, en Région bruxelloise et en Communauté française entendent mener l’opération. Ils oublient que depuis vingt ans ils ont tout fait pour que cette institution reste fantomatique. Mieux ils se sont arrangés pour que l’éventuelle fusion Région-Communauté dépende de la Flandre.  

Le MR qui après les élections fédérales du 10 juin est devenu premier parti francophone veut lui aussi se poser en conducteur du destin des francophones ? Il oublie qu’il y a moins de six ans il avait sacrifié l’un des siens qui proposait précisément ce qui est aujourd’hui sur la table.

Les humanistes démocrates ne disent pas non, pas vraiment oui mais pas maintenant  Ils oublient qu’ils ont inscrits la fusion à leur programme. Les Ecolo ne disent ni oui ni non mais peut-être bien que oui ou que non. Ca dépendra de quoi on cause !

Au bout du compte, l’essentiel est préservé : on discutera bien, sous une forme ou sous une autre, du vouloir vivre ensemble francophone. On ne peut faire autrement, il est vrai. Déjà heureux que les politiques s’en soient enfin rendu compte.

 

20:55 Publié dans Belgique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Communauté, régions

20/09/2007

Un réveil brutal, tardif mais bienvenu

Édito


Par Michel Konen


Il n'est jamais trop tard pour bien faire, dit-on. On saluera donc avec satisfaction le réveil brutal des consciences politiques wallonnes et francophones au cours de la journée d'hier. Tout cela dans un "joyeux" désordre, marque de fabrique, en somme, de la créativité institutionnelle du sud du pays.

Au Parlement wallon, José Happart relance son invitation pour une "réflexion sur l'avenir de notre Région (wallonne, évidemment) dans l'Etat Belgique en évolution". Vivats socialistes, enfin, pas tous, sur les bancs. Accord du MR, qui, le sujet ayant été remis au goût du jour il y a quelques semaines par Didier Reynders, mettrait sur la table la question de la fusion de la Communauté et de la Région wallonne. Sujet tabou chez les "rouges" wallons ! Rudy Demotte, le tout frais ministre-Président wallon parle de "trahison" et condamne Kubla d'un : "La méthode utilisée par le MR est indigne de l'unité francophone."

Le CDH, qui a pourtant la fusion de la Communauté française et de la Région wallonne à son programme, se tait dans toutes les langues se cachant derrière son désormais fameux : "Nous ne sommes demandeurs de rien." Quand aux représentants d'Ecolo, ils répondront à toute invitation mais considèrent qu'il ne s'agit pas vraiment de la priorité des priorités.

Consolation pour Rudy Demotte, il va pouvoir adresser copie de sa philippique contre Kubla le bleu à sa collègue Marie la rouge. Car la divine surprise vient de là ! Pendant qu'on s'étripait à Namur, la ministre-Présidente du gouvernement de la Communauté française, Marie Arena, ajoutait son grain de sel : elle lance une Commission "Wallonie-Bruxelles" qui réunira politiques et société civile en vue de définir un projet, un avenir francophone.

Mieux, elle s'engage : "Si tous les acteurs autour de la table estiment que la fusion Communauté française/Région wallonne rencontre le mieux l'intérêt des francophones, j'y souscrirai", dit-elle.

Voilà une démarche, sans tabou, qui tombe à son heure et dont il convient de saluer le courage, venant de la part d'une personnalité socialiste de premier plan.

La roche tarpeienne est proche du Capitole. Prudence donc. Le brave Jean-Marie Severin en sait quelque chose lui qui, libéral pourtant, fut défenestré, en 2001, par son Ducarme de président, de la présidence du parlement communautaire pour avoir, dans un discours, prononcé le mot interdit : fusion.


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