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13/11/2007

Le Roi prudent mais optimiste

Editorial

Ciel Radio

le 14.11.07

par Michel Konen

 

 

"Il ressort des audiences du Roi de ces derniers jours que - même s'il y a de nettes différences sur la méthode à suivre- il y a aussi une volonté largement partagée d'organiser un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre communautés". Tel sont les termes exacts du communiqué diffusé mardi soir par le Palais. Le Roi donne une semaine aux réconciliateurs pour concrétiser le dialogue sur ces deux objectifs.

 

La lecture que fait le Souverain de la situation politique reste  donc une lecture optimiste. Pour Albert II, et chaque mot est important, « la volonté de dialogue » existe à la fois pour réformer de manière équilibrée nos institutions et pour renforcer la cohésion entre les communautés. Il faut donc supposer que les échanges de vue qui ont eu lieu lors des colloques singuliers que le Roi a eu avec ses interlocuteurs sont forts différents de ceux qui sont donnés à entendre aux citoyens par ces mêmes responsables politiques.

 

Le Roi constate toutefois qu’il y a de « nettes différences sur la méthode à suivre ». C’est en effet ce qui ressort de la guerre des tranchées que mènent depuis cinq jours les différents partis politiques, y compris ceux de l’opposition. Le Roi donne donc du temps aux Présidents des assemblées. Du temps pour que les esprits se calment. Du temps pour que les réconciliateurs restaurent la confiance entre les différents acteurs politiques. Du temps pour que chaque camp linguistique puisse préciser ses revendications.

 

La partie n’est pas gagnée. Mais peut-être les hommes politiques consultés ont-ils réellement confié au Roi, dans le secret des murs du palais royal, des choses qu’aujourd’hui, ils n’osent pas encore dire à leur opinion  publique. Pour l’heure, devant les caméras, le mot « compromis » semble toujours être un mot honteux.

 

 

L'heure a sonné

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

La méfiance est partout. Le Roi, depuis hier, consulte l’ensemble des présidents des partis démocratiques. Et l’on ne peut pas dire qu’à l’issue de la première journée la situation se soit décantée. Tous les partis politiques d’opposition marquent plus que des réticences à entrer dans le jeu. Tous craignent un piège.

 

La volonté affirmée d’Yves Leterme, qui s’est fait sèchement remballé par le MR et le CDH, de vouloir poursuivre les négociations budgétaires en bilatérale n’a fait que brouiller davantage les cartes. La lecture que fait le formateur de la crise est pour le moins étrange : c’est comme s’il n’avait pas compris que, pour l’instant, l’Orange bleue était à l’arrêt. Son attitude accrédite le sentiment, dans les rangs socialistes et Ecolo que la commission des réconciliateurs n’est qu’un truc pour sortir l’orange bleue de l’impasse. Ce dont ils ne veulent à aucun prix. Yves Leterme, décidément n’a pas la stature espérée.

 

Elio Di Rupo a fait un petit pas en avant. Mais la guerre pour le leadership francophone qu’il mène à Didier Reynders pollue le débat. Le grand chef rouge n’a pas encore remarqué que le parti qu’il cornaque n’est plus premier en francophonie. Reste que l’idée que les formations francophones reconstituent un front commun pour déterminer leur attitude face aux revendications flamandes est une nécessité. A côté de laquelle les Reynders, Milquet, Di Rupo et Javaux ne peuvent absolument pas passer. Qu’on le veuille ou non, l’heure du rendez-vous institutionnel a bien sonné.