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17/04/2008

Laloux doit partir

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Tirer sur une ambulance est formellement interdit par les lois internationales. Mais on ne peut empêcher un blessé maladroit d’aggraver son cas en se tirant lui-même une balle dans le pied. C’est un peu le sort du secrétaire d’Etat en charge de la Lutte contre la pauvreté.

 

Frédéric Laloux , c’est de lui qu’il s’agit, était déjà largement contesté au sein de son propre parti. En début de semaine, Philippe Moureau, le puissant et très cinglant patron des socialistes bruxellois, avait réclamé sa démission, mettant directement en cause l’erreur de casting commise par Elio Di Rupo. Déjà soupçonné d’abus de carte d’essence à l’époque où il était échevin à Namur, l’homme n’avait du son maintien au gouvernement qu’à Yves Leterme lui-même. Le Premier ministre attend le résultat de l’enquête avant de prendre position. Mais l’homme, en trois semaines, a accumulé les maladresses au point que plus personne aujourd’hui, dans les rangs socialistes, ne lui apporte un soutient.

 

Il lui restait une chance : la présentation de son programme hier devant le parlement. L’examen de passage est raté. Largement. Les parlementaires, à l’unanimité, lui ont donné un zéro pointé. Il est vrai que sa note de politique générale est un condensé de platitudes même pas digne d’un Président de CPAS de campagne. L’opposition n’a pas eu à s’exprimer beaucoup pour déplorer ces manquements. Les membres de la majorité s’en sont chargés eux-mêmes, les plus virulents étant ses propres amis.

 

Frédéric Laloux doit partir. La question ne porte plus sur des abus supposés dans la gestion de son ancien échevinat namurois. Elle porte sur sa compétence : nulle ont jugé ses pairs. Sa présence dessert aujourd’hui l’image de Leterme Ier. Et ce gouvernement n’a pas vraiment besoin de ça.

 

Si l’homme ne s’en rend pas compte lui-même, Elio Di Rupo serait bien avisé de se débarrasser de son encombrant poulain. Sa désignation a été une erreur qui fait du Président du PS une cible. Di Rupo, dont le choix est mis en cause par les barons du parti, est aujourd’hui fragilisé. Pire, son inaction recolle sur le dos des socialistes l’étiquette d’un parti d’affairistes. Une étiquette pour laquelle le PS a été durement sanctionné aux précédentes élections.