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03/06/2008

Quand le coeur n'y est pas vraiment !

Édito

La Libre Belgique 

Mis en ligne le 03/06/2008

Par Michel Konen

Ce n'est pas la trentaine de militants flamands extrémistes du TAK qui aura refroidi l'enthousiasme des centaines de personnes venues manifester leur soutien aux trois candidats bourgmestres francophones élus dans des communes à facilités de la périphérie bruxelloise. Comme en écho du refus du ministre flamand de l'intérieur Marino Keulen (Open VLD) de nommer ces élus plébiscités par la population, les TAKistes scandaient : "rats francophones, roulez vos tapis".

La réunion, organisée à Woluwe-St-Lambert, sur les terres d'Olivier Maingain, a fait le plein. Beaucoup d'habitants de la périphérie, beaucoup de mandataires francophones des communes à facilités, beaucoup de représentants du MR avaient tenu à être présents. Il est vrai que le meeting avait été organisé par le FDF. Par le seul FDF.

C'est là que le bât blesse. Bien entendu les autres formations politiques francophones avaient délégué sur place des représentants. Front des francophones oblige ! Mais on sentait bien que le coeur n'y était pas vraiment.

Ainsi, pour Ecolo ce "n'est pas un règlement de plus qui va régler la question", pour le CDH, "l'important est ce que l'on dit et dira à la table des négociations plus que ce qui est proclamé dans les meetings" quant au PS, c'est par la voix de Philippe Moureaux qu'il a fait savoir que "l'intérêt des francophones de la périphérie, est de ne jamais isoler les difficultés, mais de revendiquer avec fermeté et sans faux-fuyants l'élargissement de Bruxelles aux communes de la périphérie à forte présence francophone". Et Moureaux de regretter que ce meeting ait été "unilatéralement orchestré" par le FDF-MR.

Une fois de plus le bouillant bourgmestre de Molenbeek avait trempé sa plume dans l'acide pour écrire clairement ce que les autres laissaient seulement entendre : le MR-FDF détourne le Front des francophones à son profit et fait de ce meeting une opération de pure propagande électorale.

Le message envoyé à Didier Reynders par ses partenaires francophones est clair : il ne faudrait pas pousser le bouchon trop loin.

Le message doit être entendu. Dans la négociation, inévitable, qui aura lieu, les francophones doivent rester unis. Cette responsabilité-là ne peut échapper à celui qui aujourd'hui anime le Front francophone, Didier Reynder

14/12/2007

Nouvelle fausse note en périphérie

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

 

En adaptant l'adage : "On peut plaisanter de tout mais pas avec tout le monde", on pourrait dire, pour ce qui est de la politique : "On peut voter n'importe quel décret, mais pas à n'importe quel moment".

Et le moment que vient de choisir le Parlement flamand pour voter le décret inspection scolaire dans l'enseignement francophone de la périphérie n'est pas le bon.

Venant après le vote sur la scission de l'arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde en commission de l'Intérieur de la Chambre, venant après la décision du ministre flamand de l'Intérieur de ne pas nommer trois bourgmestres francophones de la périphérie, voilà le Parlement flamand qui impose l'inspection scolaire dans les écoles francophones de la périphérie par l'administration flamande.

Quand bien même les leaders politiques flamands se sont voulus rassurants - à l'exception, évidemment du Vlaams Belang qui propose l'interdiction pure et simple de l'enseignement francophone - la méfiance s'est installée. Et on ne peut manquer de voir dans ce geste à haute valeur symbolique un pas supplémentaire vers la flamandisation totale de la périphérie. Un geste, après bien d'autres, qui n'a, sinon pour but, du moins comme seul effet que de rendre plus désagréable la vie des habitants du cru.

Ce vote laisse, à nouveau, la désagréable impression que là où la Flandre ne veut pas de consensus, elle s'impose par la force. Il est mille manières de multiplier les tracasseries et rendre de plus en plus difficile, voire impossible un enseignement de qualité. Et l'on sait combien les responsables flamands peuvent se montrer tatillons en la matière.

Un seul homme, il faut le dire, Jef Tavernier, de Groen !, a fait entendre une voix discordante. Il n'a pas approuvé le texte parce que le "climat du moment n'est pas serein", a-t-il dit. Et de demander la recherche d'un nouveau protocole d'accord entre les deux communautés.

Il n'a, faut-il le dire, pas été entendu ! C'est pourtant la voie du bon sens. D'autant qu'il n'y a aucune urgence, aucun motif même, de changer le système actuel si ce n'est la volonté d'affirmer que sur le "Vlaamse grond" la Flandre a monopole absolu et sans partage de la décision.

Une telle démonstration de force brutale relève presque de l'aveu de faiblesse.

Têtes à claques

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

La Flandre n’attendra pas. Il faut se rendre à l’évidence, la Flandre n’attendra pas qu’un accord intervienne au niveau fédéral pour réformer l’Etat. La Flandre va de l’avant. Tout de suite. Sans état d’âme.

Après le vote unilatéral sur la scission de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde, après le refus de nommer les trois bourgmestres francophones de la périphérie, voilà que la Flandre s’approprie, au mépris de toute négociation préalable,  l’inspection scolaire dans les établissements francophones de la périphérie bruxelloise. La Communauté française peut bien user de toutes les ficelles procédurières pour retarder l’échéance, la machine à flamandiser est en route. Elle s’accélère même. Comme s’il s’agissait d’engranger un maximum de mesures dans un minimum de temps histoire de ne laisser aucune miette à négocier sur la table.

On sait à quel point l’administration flamande, sur instruction des mandataires politiques, sait se montrer tatillonne et mettre tout en œuvre pour empêcher les francophones de mener une vie normale en périphérie : cela augure bien mal de l’avenir. Il ne fait plus de doute sur les intentions de la Communauté flamande : transformer la périphérie en enfer linguistique pour les francophones.

Les partis francophones protestent. Qu’ils protestent. Mais on n’a jamais vu des protestations arrêter un train lancé à vive allure. Après la gifle de BHV, après la gifle des trois bourgmestres, voici la gifle scolaire. Peut-être bien que les francophones, après tout, ont des têtes à claques.