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17/12/2007

Le citoyen veut l'orange bleue

EDITORIAL

CIEL RADIO

17.12.07

par Michel KONEN

 

 

Le baromètre politique de La Libre Belgique publié ce matin confirme en tous point les résultats du scrutin du 10 juin. Six mois de crise n’ont pas usé les partis de l’orange bleue. En léger recul, les MR reste le premier parti francophone alors que le CDH renforce ses positions en Wallonie et à Bruxelles et que Joëlle Milquet fait un bond considérable en terme de popularité. En Flandre, le CD&V/NV.A et l’Open VLD dominent le paysage. Ecolo progresse et Groen recule. Significatif : la famille socialiste stagne au nord et perd encore un peu plus d’influence au sud du pays. Les électeurs confirment ainsi leur volonté de sanctionner les « rouges ». Guy Verhofstadt casse la baraque dans tout le pays : il est quasi vécu comme l’homme providentiel. Devant ces résultats limpides, on ne comprend pas pourquoi la négociation devrait durer encore, pourquoi les partis s’enferrent dans la recherche de combinaisons byzantines. La solution la plus évidente, la plus démocratique consiste à relancer l’orange bleue, seule coalition qui corresponde aux vœux de l’électeur pour mener une politique socioéconomique cohérente. Autre enseignement : notre sondage indique qu’à une très large majorité personne, au nord comme au sud, ne souhaite la disparition de la Belgique. Il montre aussi que l’opinion flamande, pratiquement au deux tiers, réclame une autonomie approfondie. C’est donc via une Convention ou un comité des sages qu’il faudra œuvrer. Et là, c’est l’ensemble des partis démocratiques qui doit être associé à la définition de la nouvelle architecture institutionnelle du pays. .Il faut donc que les partis cessent de faire des « combinaziones » et que les hommes politiques cessent de jouer les « machiavels » de seconde zone. Si Joëlle Milquet doit faire clairement son choix en faveur de l’orange bleue dont plus de 80 % du programme socioéconomique est écrit, il faut aussi que Didier Reynders cesse d’apparaître comme le diviseur des francophones. On attend de lui, puisqu’il se proclame leader des francophones, qu’il joue un rôle de rassembleur et mette la communauté Wallonie-Bruxelles en état de négocier sinon en position de force, du moins en bon ordre, la Belgique nouvelle. D’ici là  tout gouvernement, quel qu’il soit, verra son action entravée par le communautaire et ne sera qu’un gouvernement intérimaire.

 

08/12/2007

Règlement de comptes à OK Belgique

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Puisque tout a foiré, on repart à zéro. Enfin, pas tout à fait ! Il y a tout de même six mois qui se sont écoulés. Six mois au cours desquels des choses ont été faites, des paroles ont été dites, des coups ont été échangés. Six mois qui ont laissé des traces. Six mois qui ont vu pourrir, lentement, l'orange bleue. Aujourd'hui, le fruit est bon pour la poubelle.

L'heure des règlements de comptes a donc sonné. Les pistolets sont dégainés. Arrive Guy Verhofstadt, un peu comme la cavalerie. Sonnerie de clairon en tête, le Premier ministre démissionnaire déboule au milieu du jeu de quilles pour remettre de l'ordre et éviter le massacre.

Les ex- "peut-être futurs partenaires de l'orange bleue" sont redevenus des adversaires et s'observent les yeux plissés, comme dans un grand western spaghetti. Le marshal Guy - dit "the good guy" - doit faire respecter l'ordre, choisir les familles politiques avec lesquelles il pourra ramener la paix à "OK Belgique".

A vrai dire, personne n'en veut vraiment. Mais il a été sorti de sa préretraite par le Roi. Tous les autres marshals du royaume sont morts. Alors il faut faire avec. Mais pas question de lui faciliter la tâche.

Le CD & V/NV.A ne veut entendre parler que d'une future majorité disposant des deux tiers et qui aura au programme une réforme de l'Etat substantielle.

Côté sud, Didier Reynders, qui a toujours eu l'exclusive facile, ne veut plus entendre parler de Joëlle Milquet, qu'il tient pour la Calamity Jane francophone. Il fait tout pour sortir les socialistes de la "réserve indienne" dans laquelle il voulait les cloîtrer pour de longues années. Il n'y a pas si longtemps, il considérait que placer les "rouges francophones" dans l'opposition était déjà une réforme institutionnelle en soi. Et pour faire le compte, il essaye d'amadouer les écolos qui, jusqu'il y a peu, ne voulaient pas s'engager auprès des desperados séparatistes de la NV.A. Quant aux socialistes, un retour au pouvoir, ils ne sont pas contre. Et pour que tout le monde soit content, ils verraient bien un gouvernement d'union nationale. Cela leur évite de lâcher le CDH et de servir de cible éventuelle à des verts dans l'opposition. Quant au CDH, il n'a pas d'exclusive mais craint de n'être désiré par personne.

Verhofstadt a le soleil dans le dos. A lui de choisir qui il épargnera.

07/12/2007

Verhofstadt mène le bal

EDITORIAL

Ciel Radio

Par Michel Konen

 

C'est fou tout de même comme une émission de télévision  peut causer des dégâts collatéraux. Mercredi la RTBF diffusait une excellente émission sur les coulisses de la négociation au sein de l’orange bleue. Durant cinq mois une équipe a suivi, pas à pas, et avec l’accord des intéressés, les chefs de file des formations concernées. Un reportage qui en dit long sur les rouages de la décision, ou de la non décision politique, sur la personnalité des acteurs. Que la relation entre Didier Reynders et Joëlle Milquet n’était pas un long fleuve tranquille, on le savait déjà. Après la diffusion du reportage, elle tourne à la déchirure. Ces deux-là ne jouent pas à je t’aime moi non plus non plus. Mais à je ne t’aime pas, moi non plus et je te le dis. Reynders reproche à Milquet de s’être attribué le beau rôle : trop femme, trop mère, trop francophone. « Elle veut du temps pour s’occuper de ses enfants ? Elle va en avoir. Des jours et des nuits ». Reynders ne rigole pas.  Il ne veut plus voir Milquet. Il n’a pas supporté, lui qui prétend totalement maîtriser sa communication, d’apparaître comme froid et calculateur là ou la présidente du CDH se la jouait humaine, sincère,  convaincue et convaincante. Bref, Reynders se paie une crise de paranoïa. Il a donc quand même des nerfs cet homme-là. Et pendant ce temps, Guy Verhofstadt poursuit son petit bonhomme de chemin. Aucun parti n’a osé lui dire : non !, sauf DeDecker. Difficile en effet de refuser de s’occuper des problèmes urgents – songez au prix de l’énergie - qui assaillent les citoyens après six mois de négociations non abouties. Le « Grand bleu » va donc joyeusement de l’avant. Lui, le démissionnaire aurait maintenant l’intention de demander la confiance au Parlement la semaine prochaine, comme un vrai gouvernement. Bref, il s’installe. Au grand dam du CD&V/NV.A, littéralement traumatisé à l’idée que Guy Verhofstadt ne rafle tout simplement le pouvoir pour de long mois. C’est en tout cas lui qui a les cartes en main. Et si jusqu’à présent il cache bien son jeu c’est quand même lui qui mène le bal.