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02/05/2008

Quarante ans après le Walen buiten

 

Édito

La Libre Belgique

le 02/05/2008

Par Michel Konen

L'histoire ne serait-elle qu'un éternel recommencement ? Notre Mai 68, celui qui a compté dans l'histoire politique du pays, nous l'avons connu en février, 3 mois avant le printemps parisien.

On épilogue beaucoup, ces temps-ci, sur ce que ce chaud printemps a laissé comme traces dans nos sociétés. Chez nous, pas de doutes : le 7 février 1968 est à marquer d'une pierre blanche. A force de vociférer "Walen buiten" dans les manifestations et marches diverses, les flamands ont fait coup double. Ils ont eu la peau du gouvernement Vanden Boeynants-De Clercq et celle de l'Université Catholique de Louvain sise à Leuven : dehors les Wallons et les Bruxellois francophones !

Le combat flamand obtenait là une victoire majeure six ans après la fixation de la frontière linguistique, aujourd'hui intangible. Dès lors la volonté de flamandiser à tout prix tout ce qui pouvait l'être n'a jamais faibli. Qu'il s'agisse des Fourons ou des facilités dans les communes de la périphérie, la volonté flamande a été inflexible : pas de concessions, engranger ce qui peut l'être, remettre en cause, par n'importe quels moyens, tout ce qui, de près ou de loin, pourrait laisser croire que le Flamand n'est pas tout-à-fait maître chez lui sur le sol sacré du Lion des Flandres.

L'ensemble des partis du nord, sans exception, ont intégré cette contrainte. Et sous la pression des partis les plus radicaux ils se sont radicalisés à leur tour.

Gaston Eyskens avait diablement raison de dire, en 1970, après une première réforme de l'Etat : "la Belgique de papa à vécu".

Depuis, toutes les réformes sont allées dans le sens de plus d'autonomie pour les Régions et Communautés. Et l'éradication du français a tourné à l'obsession.

Quarante ans plus tard la Flandre a le sentiment de n'avoir pas encore abouti dans sa démarche. Il faut effacer tout ce qui reste encore de francophone sur son sol : BHV, bourgmestres de la périphérie, inspection scolaire, tout cela leur est devenu insupportable.

Le problème linguistique est comme le chiffon rouge agité devant le taureau. Il occupe tout l'espace politique, occulte tous les autres problèmes qu'un état soucieux du bien-être de ses citoyens prend prioritairement en charge.

En quarante ans les choses ont quand même un peu changé. On est passé du "Walen buiten" au "Frans verboden"