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16/10/2007

Jeunes et justice : le bon équilibre ?

Édito

Par Michel Konen

Dossier lourd, très lourd que celui qui définit les rapports entre les mineurs et la Justice. Le débat a été long et difficile entre les négociateurs de l'orange bleue. A raison. On n'imagine pas qu'un tel débat qui engage la société tout entière puisse être réglé en deux coups de cuillère à pot.

Entre les tenants de la répression et ceux de la prévention le fossé est large. L'accord noué hier entre les uns et les autres est donc un pas important dans la construction d'un programme de gouvernement.

L'accord, a priori est équilibré et nuancé. Pour les jeunes délinquants il est prévu "un renforcement de l'arsenal pénal" mais aussi un renforcement des moyens destinés à la prévention. Qu'il s'agisse des jeunes de 16 à 18 ans ou de ceux de 14 à 16 ans, ce n'est pas la justice des adultes qui sera compétente. De même que les prisons ne seront pas celles des adultes dans lesquelles les adolescents ne peuvent que s'enfoncer davantage dans la voie de la criminalité. Des établissements particuliers, prévus d'ailleurs sous la précédente législature, verront leur nombre accru. Les sanctions, pour les délits graves seront plus sévères et pourront être appliquées. Ce qui est essentiel. Mais en même temps, les moyens de prévention seront augmentés, ce qui est indispensable.

La délinquance des jeunes n'est cependant pas que l'affaire de la justice. Elle est aussi, plus profondément, celle de toute notre société. C'est une autre dimension, bien plus difficile à gérer et qui doit interpeller chacun d'entre nous. Les enfants sont devenus des consommateurs à part entière, comme les adultes. Ne leur manque que la responsabilité économique qu'ils ne peuvent par définition pas assumer. Souvent, franchir les normes pour assouvir les tentations est le seul moyen à leur disposition. Et voilà la porte ouverte à la délinquance, petite le plus souvent, mais aussi la plus extrême. Elle doit être sanctionnée avec rigueur sans tuer l'espoir.

En ce qui concerne les peines incompressibles, le bon sens a triomphé. Pour les libérations conditionnelles, l'accord prévoit que le juge pourra décider d'une partie incompressible de la peine allant de 1/3 à 2/3 de celle-ci.

Les victimes, désormais, sauront quelle est la peine réelle qui frappera l'auteur de faits délictueux. Et le juge du siège retrouvera une pleine et entière responsabilité. La Justice y gagne en transparence.

Jeunes et justice

EDITORIAL

Ciel Radio

Par Michel Konen 

 

C’est un dossier symbolique que les négociateurs de l’orange bleue ont bouclé cette nuit : celui de la justice et de la sécurité. Deux aspects fondamentaux de la vie en société et qui engagent chaque citoyen.

 

Deux préoccupations ont guidé les négociateurs. Un volet répressif d’une part et une augmentation des moyens de prévention de l’autre.

 

D’abord prévenir et guérir, si possible. Car, dans tous les cas, la prison n’est pas une école de vie et n’a souvent pour seul résultat que de stimuler la violence et la délinquance.

 

Sanctionner, ensuite. Car rien n’incite plus à franchir les normes de la loi que l’assurance que les crimes et délits resteront impunis.

 

Pour les jeunes, point de crispation de la négociation, l’accord prévoit que les tribunaux de la jeunesse resteront compétents. C’est un acquis des humanistes de Joëlle Milquet. La justice des adultes ne leur sera pas appliquée, sauf pour ceux qui âgés de 16 à 18 ans auraient commis des crimes et délits graves et seraient renvoyés devant les tribunaux ordinaires par une chambre à trois juges. De l’autre côté de nouveaux centres d’enfermement seront construits, la période d’enfermement pourra être prolongée jusqu’à 23 ans.

 

L’autre point de crispation concernait les peines incompressibles. Les libéraux ont obtenu que les juges puissent désormais prononcer une peine minimale qui, en tout état de cause, devra être purgée. Une décision qui va dans le sens de plus de transparence pour les victimes et qui responsabilise les juges. Une décision équilibrée aussi. Elle n’enlève pas au détenu qui s’amende l’espoir de ne pas rester enfermés entre quatre murs pour la durée maximale de sa condamnation.

 

Tout cela est fort bien mais ne résoudra pas le problème de violence dans nos sociétés : la Justice n’est qu’une rustine que l’on pose sur les crevaisons de la vie en société. La solution durable est ailleurs : dans l’éducation, l’enseignement, l’emploi, le partage de valeurs communes par exemples. C’est un autre défi. Bien plus complexe.