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17/11/2007

Un front francophone,vraiment ?

Édito

La Libre Belgique

 

 

Par Michel Konen

 

 

 

Il en aura fallu du temps pour que le front des francophones se réunisse enfin.Comme toujours, au sud du pays, les évidences politiques ont tendance à être écartées par les stratégies particratiques ou les ambitions personnelles.

 

La semaine écoulée avait donné le spectacle navrant de la course au leadership entre Elio Di Rupo (PS) et Didier Reynders (MR). Les échanges de coups à peine terminés entre les rouges et les bleus, la fiesta repartait entre les “peut-être futurs partenaires” francophones de l’orange bleue. Didier Reynders , qui a toujours des difficultés à masquer qu’il se verrait bien Premier ministre, s’en prenait à Joëlle Milquet. Il l’accusait, dans nos colonnes, d’être pratiquement le vrai soutien d’Yves Leterme et lui reprochait de ne pas être à ses côtés pour l’aider à conquérir ce poste qui échappe aux francophones depuis 1973. Le sang de la présidente du CDH n’a fait qu’un tour et s’est mis à bouillir. C’est vrai, tout de même, que c’est elle que les Flamands ont surnommée “Madame Non”.

 

Ambiance donc avant de débuter cette réunion tant attendue. Pour le dire platement, les “partenaires” se “tiraient la gueule” à l’entrée de la réunion.A la sortie, ce n’était guère mieux : des têtes d’enterrement. Et un communiqué qui n’a rien pour susciter l’enthousiasme des foules.

 

Donc, ils sont indignés. Ils sont solidaires des bourgmestres de la périphérie. Et ils feront ce qu’ils peuvent pour trouver une solution. Ils demandent aux Flamands de ne plus s’énerver comme ça tous les mercredis. Et ils vont continuer à se concerter entre francophones. Et, enfin, la Commission Wallonie-Bruxelles , ça va démarrer en décembre.

 

Un communiqué de quatre paragraphes : c’est parce qu’il y avait quatre présidents. Ils ont pu en lire un chacun. Reynders le plus long – normal, c’est lui qui est le chef, après tout – et Javaux le plus court – normal, Ecolo, c’est les plus petits.

 

Pour ce qui est d’un front, on repassera. Au mieux un fronteke. Pas de quoi faire trembler le nord du pays, ce qui en soi n’est pas grave. Mais rien non plus qui permette aux citoyens francophones de se rassurer quant à la volonté de ses leaders politiques d’écrire un avenir rassembleur, déterminé, ayant une vision de l’intérêt commun.

 

Allez, ça sera pour la prochaine fois. Peut-être !