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17/06/2008

Wallonie-Bruxelles : un coup pour rien ?

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Mis en ligne le 17/06/2008

Festina lente - hâte-toi lentement - les membres du groupe Wallonie-Bruxelles ont fait leur cette maxime d'Auguste, inspirée de la sagesse grecque.

Depuis le 4 décembre 2007, un peu plus de sept mois donc, les "sages" vont leur petit bonhomme de chemin. Si lentement même qu'ils ont vu débouler au milieu du jeu de quilles le projet de fédération Wallonie-Bruxelles concocté par le ministre-président de la Région wallonne et de la Communauté française, Rudy Demotte, et son compère de ministre président de la Région bruxelloise, Charles Picqué. C'était en avril de cette année.

Les sages ont pris bonne note. Ils ont, paisiblement, poursuivi leurs travaux. On voit bien qu'ils réfléchissent intensément. Ce qui prend, forcément, du temps.

Et voilà donc qu'hier, les sages parmi les sages - les coprésidents du groupe de réflexion, Antoinette Spaak et Philippe Busquin - convoquent le ban et l'arrière-ban pour signaler que les groupes de travail ont terminé leurs travaux et qu'ils vont rédiger d'ici le 10 juillet une synthèse qui sera à son tour discutée. Bref, tout ça va prendre encore un peu de temps.

On croyait pourtant qu'il y avait urgence à voir les francophones dessiner les contours d'un avenir commun, déterminer des valeurs fortes qui les unissent, fixer des objectifs mobilisateurs. On n'en est pas là : ce n'est pas de cette docte assemblée qu'il faudra attendre l'équivalent d'une Marseille à la sauce bruxello-wallonne.

Au rythme où vont les choses, le fédéral aura trouvé une solution à BHV et à tout le toutim communautaire que nos "sages" en seront encore à se demander s'il faut une inflexion plus régionale ou plus communautaire.

Or, il paraît "qu'une fusion Communauté-Région est impossible et inopportune, compte tenu de la volonté exprimée par les populations wallonne et bruxelloise de voir leurs spécificités reconnues". Où sont-ils allés chercher que les populations wallonne et bruxelloise se sont prononcées sur la question ? Elles n'ont jamais été consultées à ce propos !

Il apparaît clairement que la vieille fracture entre régionalistes et communautaristes a pesé sur les travaux. On ne s'étonnera guère, dès lors, que la synthèse des points de vue des uns et des autres relevait de la mission impossible.

18/04/2008

Wallonie-Bruxelles : quoi de neuf ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Les Ministres-présidents régionaux Demotte et Picqué jettent donc le concept de Nation francophone chère à Elio Di Ruppo par la fenêtre. Ils font mine de vider l’actuelle Communauté française de sa substance et appuient vigoureusement sur la pédale régionale. A l’arrivée une fédération Wallonie-Bruxelles qui servira de lien de solidarité entre les deux régions. Et le gouvernement de ladite fédération aura ses budgets, ses compétences – et donc son administration. Et les ministres de cette fédération seront obligatoirement aussi ministres wallons ou bruxellois.

 

Apparemment, tout est neuf. Dans la réalité, les deux excellences socialistes ont surtout repeint la maison. Rien de bien neuf dans cette proposition qui reprend pour l’essentiel des revendications ou des propositions qui font l’unanimité dans les partis francophones.

 

Refuser un fédéralisme à deux impliquant la co-gestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie ? Tout le monde est pour, sauf les Flamands

 

Faire de Bruxelles une région à part entière, égale en droit et en compétences aux deux autres régions ? Tout le monde est pour. Sauf les Flamands.

 

Redistribuer des compétences entre la Communauté et les régions ? Pourquoi pas, cela s’est déjà fait, au moins partiellement.

 

Diminuer le nombre global de ministres régionaux et communautaires en imposant la double casquette ? Mais cela se fait déjà partiellement et rien n’empêche de le faire intégralement, dès maintenant.

 

L’abandon de la dénomination Communauté française au profit de fédération Wallonie-Bruxelles ? Cela fait des années que l’on cherche à rebaptiser cette institution si mal nommée.

 

On ne voit pas, en l’état, ce qui change fondamentalement si ce n’est le signal politique d’une région wallonne et d’une région bruxelloise qui entendent mieux collaborer à l’avenir.

 

Quel que soit le nom dont on l’affuble, le futur des francophones se déterminera au sein de l’espace francophone. Sur ce point la proposition Demotte-Picqué reste muette. C’est sa grande faiblesse.

 

 

21/03/2008

Elio Di Rupo a joué un super-banco

Édito

Par Michel Konen

La Libre Belgique 

On se doutait bien que les dernières chamailleries autour de la composition du gouvernement Leterme Ier relèveraient davantage de l'arrière-cuisine que de la haute stratégie politique. Puisque des promesses avaient été faites - surtout par Didier Reynders - il fallait bien caser les fidèles parmi les fidèles ou les "emmer..." potentiels.

On se doutait bien que les dernières chamailleries autour de la composition du gouvernement Leterme Ier relèveraient davantage de l'arrière-cuisine que de la haute stratégie politique. Puisque des promesses avaient été faites - surtout par Didier Reynders - il fallait bien caser les fidèles parmi les fidèles ou les "emmer..." potentiels. D'où le côté plantureux et parfaitement inutile de ce gouvernement : ils seront donc 22 sous les ors et les lambris. On ne sait pas exactement pour quoi faire en ce qui concerne certains. Leur futilité est telle qu'il n'a même pas été jugé utile de leur attribuer une compétence, fut-elle de façade. Ils seront donc adjoints. Point, c'est tout !

Les autres secrétaires d'Etat n'étaient absolument pas nécessaires au bon fonctionnement de l'Etat. La seule curiosité est la compétence attribuée à Wathelet Jr : le budget. Curieux puisque ce poste stratégique - et décrit comme tel par la nouvelle majorité - est habituellement attribué à un ministre de plein exercice quand ce n'est pas à un vice-Premier. Ici la compétence revient à un novice qui ne fera pas partie du saint des saints et auquel on promet bien du plaisir lorsqu'il devra maîtriser les envies de dépenses des gros bras. La prestation de serment de Leterme Ier relève quasiment de l'anecdote. Le mot marchandage étant largement suffisant pour qualifier les derniers épisodes de la négociation. L'événement, en fait, s'est déroulé en dehors du palais de Laeken. Elio Di Rupo, c'est de lui qu'il s'agit, a profité de la confusion ambiante pour jouer un coup digne du super-banco. Temps un : Marie Arena, présidente du gouvernement de la Communauté française, monte au gouvernement fédéral. Temps deux : Rudy Demotte, président de l'exécutif wallon, prend en plus la présidence de l'exécutif communautaire. Il chapeaute désormais l'ensemble francophone. Ce n'est pas la fusion des institutions. Mais c'est l'affirmation forte de l'existence de la communauté Wallonie-Bruxelles, d'une communauté romande, comme disent les Suisses.

Elio Di Rupo crée ainsi les conditions pour qu'enfin les francophones wallons et bruxellois puissent définir entre eux et pour eux un avenir commun. Ce n'est pas d'un front contre la Flandre que les francophones ont besoin mais d'une vision commune de leur destin. Un premier pas, important, vient d'être franchi. Enfin ! On l'attendait depuis trop longtemps.