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12/03/2008

Bruxelles, une religieuse globalisée

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Le baromètre religieux de La Libre est riche d'enseignements. Et d'abord celui-ci : c'est dans les villes, plus que dans les campagnes que bouillonne l'avenir spirituel.

Le phénomène mis en lumière par notre enquête est la montée en puissance de l'islam, mais aussi d'autres approches religieuses ou mystiques telles le bouddhisme ou le protestantisme. C'est à Bruxelles, capitale du pays mais aussi de l'Europe, que la curiosité et la cohabitation philosophico-religieuse sont les plus fortes. A l'image des grandes métropoles occidentales, Bruxelles vit l'expérience d'une société religieusement globalisée. Tous les cultes, toutes les églises, toutes les chapelles, toutes les mosquées, tous les temples, toutes les sectes vivent ensemble, dans la diversité mais aussi dans la concurrence.

Jusqu'à présent, Bruxelles a pu échapper au communautarisme. D'une manière ou d'une autre, cela est dû, pour partie, à l'intégration des populations d'origine étrangère dans la vie syndicale et politique. Mais également, il faut le redire ici, au maintien des cours philosophico-religieux dans l'enseignement.

Notre enquête montre que la religion islamique est en plein essor dans la capitale. Un habitant sur trois se réclame de cette religion. Au centre de ce constat, la question de transmission des valeurs est interpellante. L'analyse des résultats de notre sondage montre en effet une grande césure entre le monde islamique et le monde laïco-judéo-chrétien. Le monde chrétien, croyants et laïcs, renvoie à des valeurs telles que l'amour, l'amitié, la quête de soi et un certain relativisme. La mouvance islamique prône, elle, la spiritualité, la foi-certitude. La famille musulmane joue un rôle fondamental dans la transmission de ces valeurs là où les catholiques tendent à déléguer aux institutions scolaires ou mouvements de jeunesse.

Les raisons de cette manière d'être sont multiples, à commencer par l'éloignement du pays ou de la culture d'origine. Le Coran offre à ses fidèles des règles de vie strictes, qui sont autant de repères. Même si l'islam n'est pas monolithique, comme le démontrent les mésaventures récentes de l'Exécutif des musulmans de Belgique.

A Bruxelles naît peut-être un islam belge ou européen. C'est ce que pensent des observateurs avertis. C'est ce qu'il convient d'espérer pour éviter la confrontation.

L'islam installé à Bruxelles

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

L’enquête consacrée par la Libre à l’état de la spiritualité dans notre pays montre que, désormais, l’islam est solidement implanté en Belgique et plus particulièrement à Bruxelles ou un habitant sur trois se reconnaît aujourd’hui dans la religion du Coran.

 

Le baromètre religieux montre aussi que l’islam est particulièrement vivant auprès des jeunes allochtones de la deuxième génération, c’est-à-dire ceux qui sont nés en Belgique. La tradition et les valeurs musulmanes sont transmises par la famille alors que le monde chrétien fait davantage appel aux institutions religieuses, à l’enseignement voire aux mouvements de jeunesse.

 

Ce que l’enquête met en lumière est la césure qui existe entre musulmans et la société autochtone, fut-elle religieuse au laïque. La foi-certitude, la spiritualité de l’islam offrent autant de repères à des jeunes coupés de leur pays et de leur culture d’origine. Elle leur donne aussi une identité. Elle contraste avec la foi-espérance, et un certain relativisme du monde chrétien contemporain.

 

Ces deux conceptions de la vie sont-elles conciliables ou faut-il y voir le choc des civilisations décrit par le sociologue américain Huntington ? Autrement dit, ces deux religions sont-elles en concurrence ou peuvent-elles cohabiter ?

 

Selon des observateurs avertis, le piège du communautarisme a pu être évité. Les organisations syndicales ou politiques restent de puissants facteurs d’intégration. Tout comme les cours de religion et de philosophie, plus que jamais indispensables, dans l’enseignement.

 

L’islam n’a rien d’une religion monolithique comme le montre les récentes mésaventures de l’Exécutif des musulmans de Belgique.

 

Le dialogue et l a tolérance sont les seules voies possibles pour maintenir une cohabitation pacifique. La Belgique n’est pas une terre d’islamisme radical. Au contraire, estiment certains, on voit même émerger un islam « belge », qui s’adapte lentement à la modernité du monde, notamment en admettant la séparation de l’Eglise et de l’Etat.