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21/04/2008

Standard champion et plan Marshall

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Il est des coïncidences que l’on ne manquera pas de commenter comme autant de signes du destin. Le gouvernement wallon, en imaginant le plan Marshall, n’avait certes pas inscrit dans la liste des objectifs à atteindre la sortie de purgatoire du Standard de Liège et sa conquête, après 25 ans d’impatience, du titre de Champion de Belgique. Et pourtant cette victoire intervient au moment même où la Wallonie donne les premiers signes de son redressement.

 

De même, il y a tout juste un quart de siècle, en 1983, le Standard, tout en emportant le championnat ouvrait une ère de disette footballistique en même temps qu’il subissait les affres d’un club marqué du sceau de l’infamie : celui d’un club tricheur. La Wallonie, elle, s’enfonçait dans la crise : la restructuration de la sidérurgie, impitoyable, jetait des milliers de famille dans le chômage, imposait une restructuration industrielle longue et douloureuse.

 

En économie, comme en football et en sport en général, le redressement est affaire de patience et d’obstination. Quand la machine sombre, il en faut de la volonté pour redresser une barque en perdition. Il en faut du temps avant de recueillir les fruits de ce que l’on a semé. D’autant que les moyens financiers manquent pour restructurer comme il le faudrait.

 

La Wallonie, comme le Standard, tout au long de ces années a dû, avec obstination, se refaire une santé. En gérant au plus prêt les moyens disponibles, en investissant modestement, en reconstruisant brique par brique. Le Standard s’est passé des grands transferts médiatiques, a investi dans son école de jeunes footballeurs, a développé son esprit d’équipe, ses relations avec ses supporters, avec sa ville, avec sa région. La Wallonie, elle, suit la même voie, abandonne ses vieilles gloires industrielles, remaille son paysage de petites et moyennes entreprises, essaye de développer un nouvel esprit entrepreneurial. Tout cela n’est pas spectaculaire mais il faut que le sillon d’hiver soit profond pour que le blé lève au printemps.

 

Les énergies et l’enthousiasme qu’un grand club de football suscite peuvent-ils donner à une ville et une région toute entière ce supplément d’âme qui donne confiance dans l’avenir ?

 

C’est tout le mal qu’on souhaite au sud du pays. La Wallonie, avec le Standard en appui, est peut-être en train de vaincre le signe indien.

 

 

18/04/2008

Wallonie-Bruxelles : quoi de neuf ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Les Ministres-présidents régionaux Demotte et Picqué jettent donc le concept de Nation francophone chère à Elio Di Ruppo par la fenêtre. Ils font mine de vider l’actuelle Communauté française de sa substance et appuient vigoureusement sur la pédale régionale. A l’arrivée une fédération Wallonie-Bruxelles qui servira de lien de solidarité entre les deux régions. Et le gouvernement de ladite fédération aura ses budgets, ses compétences – et donc son administration. Et les ministres de cette fédération seront obligatoirement aussi ministres wallons ou bruxellois.

 

Apparemment, tout est neuf. Dans la réalité, les deux excellences socialistes ont surtout repeint la maison. Rien de bien neuf dans cette proposition qui reprend pour l’essentiel des revendications ou des propositions qui font l’unanimité dans les partis francophones.

 

Refuser un fédéralisme à deux impliquant la co-gestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie ? Tout le monde est pour, sauf les Flamands

 

Faire de Bruxelles une région à part entière, égale en droit et en compétences aux deux autres régions ? Tout le monde est pour. Sauf les Flamands.

 

Redistribuer des compétences entre la Communauté et les régions ? Pourquoi pas, cela s’est déjà fait, au moins partiellement.

 

Diminuer le nombre global de ministres régionaux et communautaires en imposant la double casquette ? Mais cela se fait déjà partiellement et rien n’empêche de le faire intégralement, dès maintenant.

 

L’abandon de la dénomination Communauté française au profit de fédération Wallonie-Bruxelles ? Cela fait des années que l’on cherche à rebaptiser cette institution si mal nommée.

 

On ne voit pas, en l’état, ce qui change fondamentalement si ce n’est le signal politique d’une région wallonne et d’une région bruxelloise qui entendent mieux collaborer à l’avenir.

 

Quel que soit le nom dont on l’affuble, le futur des francophones se déterminera au sein de l’espace francophone. Sur ce point la proposition Demotte-Picqué reste muette. C’est sa grande faiblesse.

 

 

04/10/2007

Chômage en Wallonie : moins 10 p.c.

EDITORIAL

CIEL RADIO

04.10.07

 

On n’a pas tous les jours l’occasion de commenter ce que l’on appelle une bonne nouvelle. Alors, ce matin, ne boudons pas notre plaisir. La bonne nouvelle en question concerne le chômage. Pour être plus précis, la baisse du chômage. En Wallonie. Moins 10,4 % par rapport à septembre 2006. Vous avez bien entendu : le chômage a baissé de plus de 10 % en un an.

On ne peut que s’en féliciter. On ne peut que s’en réjouir.

Une nouvelle qui tombe à pic au moment ou francophones et flamands négocient la formation d’une toujours hypothétique orange bleue. Une nouvelle qui vient démentir cette vision qu’une certaine Flandre a d’une Wallonie qui ne cesse de s’enfoncer dans la crise et qui ne fait rien pour s’en sortir.

Créditons le plan Marshall, pour une petite part. Et aussi, évidemment la croissance économique.

Plutôt que l’affligeant spectacle donné hier encore au Parlement wallon par les élus socialistes à qui la proposition de Marie Arena de discuter entre francophones d’un avenir commun reste en travers de la gorge, les élus wallons auraient du mettre leur énergie à analyser cette nouvelle et voir comment amplifier encore le mouvement.

Car il ne faut pas se leurrer : un arbre ne cache pas la forêt. Derrière la baisse du nombre de demandeur d’emploi, la situation reste sombre, très sombre.

 La région wallonne compte toujours 211.792 demandeurs d'emploi  et 24.754 jeunes en stage d'attente, soit un total de 236.546 personnes, Cela veut dire : 16% de la population active.

Des chiffres qui donnent le tournis. Et ceux-ci plus encore.

Parmi ces personnes, 53,6 % sont des femmes, 39,7 % sont âgés de moins de 30 ans, 51,5 % n'ont pas dépassé le niveau de l'enseignement secondaire de second degré et 44,6 % ont une durée d'inoccupation de plus de 2 ans.

On peut se réjouir du chemin parcouru mais on ne peut s’en satisfaire. La route est encore longue et semée d’embûches. Allons Messieurs, le travail n’est pas terminé. En route !