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15/04/2008

Berlusconi, haut la main

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Ce n’est pas sa victoire qui surprend mais l’ampleur de celle-ci. Silvio Berlusconi remporte haut la main, pour la troisième fois, les élections législatives italiennes. Mieux, il obtient la majorité en sièges à la Chambre et au Sénat. Pour la première fois, depuis très longtemps, un gouvernement va pouvoir mener une politique sans être empêtré dans une de ces coalitions hétéroclites ou les combinazione paralysent l’action. Le gouvernement Prodi, composé de 12 formations différentes était en permanence sur le fil du rasoir et acculé à consacrer tout son temps aux jeux politiques plutôt qu’à gouverner avec l’énergie que requiert une situation économique et sociale fortement dégradée.

 

Mais l’événement de ce scrutin est peut-être l’amorce de la recomposition du paysage politique italien. Désormais deux grands courants dominent le pays : la droite avec Berlusconi et la gauche avec Veltroni. A eux deux, alors que 35 formations se présentaient aux suffrages des électeurs, ils recueillent 80 pc des voix.

 

L’ancien maire de Rome, s’il veut se préserver un avenir doit à présent capitaliser sur cette possibilité qui s’offre à lui : remettre sur pied une vraie gauche. S’il n’a pas su mobiliser ses troupes c’est aussi parce qu’à trop d’égard son programme ressemblait à celui du Cavaliere. A tel point qu’était né, à Rome, le néologisme soulignant ce fait : Veltrusconi.

 

Et tant qu’à jouer sur le style « il faut manager le pays comme une entreprise » les italiens ont préféré un grand capitaine d’industrie, même avec de nombreuses casseroles, à un néophyte du business, ancien communiste de surcroît.

 

La crise d’Alitalia, les menaces qui pèsent sur l’aéroport Malpensa de Milan, la grève des ordures de Naples, autant de dossiers qui ont pesé en faveur de Berlusconi tant l’apathie du gouvernement Prodi était grande. Silvio Berlusconi, cette fois, ne s’est pas faire élire en faisant rêver les italiens. Il a au contraire promis des mesures difficiles pour sortir le pays de l’impasse.

 

Et, dans cette posture, le milanais a paru plus crédible que son concurrent romain.