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18/10/2007

Budget : le nerf de la guerre

EDITORIAL 

 La Libre Belgique

Par Michel Konen

 

Le gouvernement n’a pu travailler que durant quatre mois en plein exercice cette année. “Nous ne pouvons plus rien faire depuis six mois alors que des contrôles budgétaires auraient permis de mettre le doigt sur l’un ou l’autre problème”, a constaté Freya Van den Bossche, ministre du Budget. Elle tirait ainsi la sonnette d’alarme, annonçant un déficit budgétaire beaucoup plus important que prévu.

 En rendant responsable de la dégradation des finances publiques la longue vacance du pouvoir, la ministre énonçait une évidence. Pas vraiment une primeur puisque depuis l’été on savait que le dernier gouvernement Verhofstadt n’atteindrait pas son objectif, à savoir un léger boni.

 Le budget 2007, qui contenait de trop nombreux trucs et ficelles, était de toute façon fragile, même pour une équipe en place et disposant de toutes ses possibilités d’action. Avec un gouvernement en affaires courantes, forcément, au moindre pépin, la ligne rouge ne pouvait qu’être franchie. Mais la ministre du Budget a noirci le tableau. C’est qu’elle fait partie de l’écurie socialiste flamande du SP.A promise à l’opposition. C’est de bonne guerre que de taper sur le clou des finances publiques en péril et de désigner le coupable en la personne du ministre des Finances, Didier Reynders. En employant au passage les arguments idéologiquement éculés “des entreprises qui abusent du système des intérêts notionnels”. Une manière un peu bébête de décliner le slogan de gouvernement antisocial, aux ordres du grand capital. On peut être jeune encore et déjà souffrir de trou de mémoire : la ministre feint d’oublier qu’elle fait partie du gouvernement qui a mis le système des intérêts notionnels en place afin d’attirer les entreprises étrangères en Belgique, de relancer les investissements et donc de créer de l’emploi. Un système onéreux, certes, mais qui a montré son efficacité.

Déficit budgétaire il y aura en 2007. Mais moins élevé que ne le laisse entendre la Cassandre socialiste. Et voilà qui n’aidera pas les négociateurs de l’orange bleue. Jusqu’ici, ils se sont montré particulièrement doués pour se lancer dans des dépenses nouvelles. Et ce n’est pas fini : les libéraux du nord et du sud se sentent en pleine forme pour aborder le chapitre des réductions de la fiscalité.

 Après, il faudra bien chercher des économies. Au sein de l’orange bleue on n’a pas fini de s’étriper.