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13/02/2008

Colloques singuliers

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

A n’importe qui, mais pas à un homme politique, si vous avez un secret à confier ! Ils sont d’incorrigibles bavards. Voilà donc qu’un nouveau pas a été franchi. De nombreux négociateurs, au plus haut niveau, parmi lesquels Yves Leterme, candidat Premier ministre, n’ont pas hésité à briser le secret qui entoure le « colloque singulier », entendez les conversations en tête-à-tête qu’ils ont eues avec le Souverain durant les négociations de l’Orange bleue.

 

Le Standaard raconte par le menu la teneur de ces entretiens. C’est un tabou qui est tombé. Et le fait n’est pas anodin. Les motivations de ceux qui ont ainsi porté sur la place publique sont sans doute diverses : se mettre en valeur, dissimuler derrière la personne du Roi leur échec, ou plus simplement une insondable bêtise.

 

On pensera du système politique belge et de la fonction royale ce que l’on voudra. Mais l’incident touche au cœur même de nos pratiques politiques. Les crises et la formation du gouvernement sont, par excellence, les moments ou le Roi peut déployer son influence et toutes les ressources de la médiation pour doter le pays d’un gouvernement. Huit mois de crise illustrent à suffisance l’incapacité des partis à se mettre d’accord pour œuvrer ensemble. Le dernier endroit où des secrets peuvent s’échanger avec la garantie de la discrétion la plus totale, c’est lors de ces rencontres entre quatre z’yeux.

 

Toutes et tous jurent ce matin qu’ils ont gardé le silence. Mais

 

nos confrères du Standaard assurent que toutes et tous ont parlé, fors Guy Verhofstadt. Il ne faudrait pas qu’il soit le dernier homme d’Etat de ce pays. Il s’en va le 23 mars.  

 

 

31/01/2008

Prudence et sagesse d'Albert II

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Hier, le Roi recevait au Palais les Corps constitués pour la cérémonie des vœux de nouvel an. L’occasion pour Albert II de revenir, en ces temps politiquement troublés, sur les sujets qui fâchent sans fâcher plus encore ?

 

Il y a deux ans, le Roi avait clairement mis en garde contre les visées autonomistes. Son discours d’hier montre le chemin parcouru. Albert II a fait le constat d’une progression de l’Union européenne vers plus d’intégration et d’unité et, par ailleurs, le phénomène de la décentralisation qui s’exprime un peu partout. Et de relever qu’en Belgique ce mouvement était plus manifeste encore car aux différences régionales s’ajoutent encore des différences de langue et de culture.

 

Le Roi a mis deux mots en exergue : la subsidiarité qui doit permettre d’attribuer à chaque niveau de pouvoir les compétences qu’il est à même de gérer le plus efficacement et la solidarité sans laquelle l’espace européen devient un champs de bataille des égoïsmes.

 

De son côté, le Premier ministre Guy Verhofstadt a répété son credo : la réforme institutionnelle qui se prépare sera différente des autres. Pour une raison toute simple : il n’y a plus d’argent. Plus question donc, comme par le passé, d’échanger des compétences contre des espèces sonnantes et trébuchantes. Les ministres régionaux présents faisaient grise mine.

 

Au total, une cérémonie tout en prudence. Le Roi, le Premier ministre marchaient sur des œufs. Rien n’est acquis. L’échec est toujours possible. Aussi s’agissait-il de ne cabrer personne mais au contraire d’apporter un peu de sérénité aux débats. C’est ce que le Roi a fait en plaidant pour la mise en place d’un Etat fédéral moderne mais solidaire dans une Europe forte.

 

Bel objectif. Reste à l’atteindre !

 

 

13/11/2007

Le Roi prudent mais optimiste

Editorial

Ciel Radio

le 14.11.07

par Michel Konen

 

 

"Il ressort des audiences du Roi de ces derniers jours que - même s'il y a de nettes différences sur la méthode à suivre- il y a aussi une volonté largement partagée d'organiser un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre communautés". Tel sont les termes exacts du communiqué diffusé mardi soir par le Palais. Le Roi donne une semaine aux réconciliateurs pour concrétiser le dialogue sur ces deux objectifs.

 

La lecture que fait le Souverain de la situation politique reste  donc une lecture optimiste. Pour Albert II, et chaque mot est important, « la volonté de dialogue » existe à la fois pour réformer de manière équilibrée nos institutions et pour renforcer la cohésion entre les communautés. Il faut donc supposer que les échanges de vue qui ont eu lieu lors des colloques singuliers que le Roi a eu avec ses interlocuteurs sont forts différents de ceux qui sont donnés à entendre aux citoyens par ces mêmes responsables politiques.

 

Le Roi constate toutefois qu’il y a de « nettes différences sur la méthode à suivre ». C’est en effet ce qui ressort de la guerre des tranchées que mènent depuis cinq jours les différents partis politiques, y compris ceux de l’opposition. Le Roi donne donc du temps aux Présidents des assemblées. Du temps pour que les esprits se calment. Du temps pour que les réconciliateurs restaurent la confiance entre les différents acteurs politiques. Du temps pour que chaque camp linguistique puisse préciser ses revendications.

 

La partie n’est pas gagnée. Mais peut-être les hommes politiques consultés ont-ils réellement confié au Roi, dans le secret des murs du palais royal, des choses qu’aujourd’hui, ils n’osent pas encore dire à leur opinion  publique. Pour l’heure, devant les caméras, le mot « compromis » semble toujours être un mot honteux.