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24/04/2008

Fini le foot, on en revient à la politique

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Ce dernier week-end, il a fait des ronds de jambe à Miss Belgique à Walibi, trinqué à la Blanche à Hoegaarden, s'est éclaté au Standard après un petit détour dans les Ardennes pour cause de nomination de secrétaire d'Etat. Cool quoi. Un week-end de rêve, comme il n'osait en rêver précisément !

Mais il est temps pour lui d'atterrir. Ce n'est pas vraiment en tant que leader du Kop des rouges et blancs - tout sympathique que soit le rôle - qu'Yves Leterme est attendu.

Il a voulu les habits de Premier ministre. Il les a. A lui de démontrer qu'il les mérite. Et l'actualité des prochains jours va lui en donner l'occasion. Sur son terrain de prédilection : le communautaire. Le parcours comporte trois obstacles : Bruxelles-Hal-Vilvorde, la nomination des trois bourgmestres francophones de la périphérie, l'inspection scolaire dans les écoles francophones de Flandre.

Prenons BHV. Le 30 avril prochain, la procédure de conflit d'intérêt engagée par la Communauté française cessera ses effets. La Chambre pourra alors inscrire, à nouveau, ce dossier à son ordre du jour et les Flamands voter le texte consacrant la scission de l'explosif arrondissement. C'est la première possibilité. Les francophones peuvent aussi gagner 120 nouveaux jours en introduisant une procédure identique à celle qui vient d'échouer en actionnant, cette fois, le Parlement wallon. C'est la deuxième possibilité. Ou encore, les francophones peuvent tirer la sonnette d'alarme qui renvoie la patate chaude sur la table du gouvernement qui a alors 30 jours pour trouver un compromis ou imploser. C'est la troisième hypothèse.

En reste une autre enfin : qu'Yves Leterme prenne les choses en main. Qu'il arrête le train fou des dossiers communautaires. Qu'il démontre que les partis de la majorité sont décidés à régler les contentieux par la négociation et non par le recours à la force numérique. En somme, il doit faire en sorte que ces trois dossiers soient gelés au Parlement et négociés d'ici le 20 juillet en même temps ou parallèlement au deuxième paquet de compétences à régionaliser.

C'est tout ce que l'on attend d'Yves Leterme. Ce n'est pas rien. Mais c'est à Yves Leterme qu'il appartient de démontrer qu'il jouit de la confiance des partis de la majorité, y compris et peut-être surtout côté flamand.

Jusqu'à présent il est resté muet. On attend qu'il parle !