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25/11/2008

L’occasion fait le petit larron!

Édito

Par Michel Konen

La décision prise par le ministre de l’Intérieur flamand, l’Open VLD Marino Keulen, de ne pas nommer à la fonction de bourgmestre les trois francophones de la périphérie est tout, sauf inattendue. Depuis plusieurs semaines l’intéressé laissait entendre qu’il se la jouerait en solo, au grand dam de son ministre-président, le CD&V Kris Peeters. Il a donc fait fi du dialogue intercommunautaire en cours et prit ses responsabilités.

Enfin, entendons-nous. Dans ce cas précis "prendre ses responsabilités" n’est sans doute pas l’expression la plus appropriée. Disons plutôt qu’il a fait de la "politique politicienne" avec tout ce que cette locution a de péjoratif. L’occasion était trop belle: il poignardait le chef de file du gouvernement flamand - un Kris Peeters devenu plus réaliste sur le terrain communautaire - et peignait une couche de "communautairement correct" sur un Open VLD jugé timide sur ce champ de bataille.

Maigre bilan à la hauteur de la bassesse de la manœuvre!

Car enfin, faut-il avoir fait de longues études pour constater qu’il y a d’autres urgences? La crise bancaire, la crise économique, le budget.

Faut-il être myope pour torpiller une négociation communautaire si difficilement mise sur pied? Une négociation qui avait pu travailler - les banques ayant accaparé les feux médiatiques - dans la discrétion, presque dans un climat de confiance. On y parlait régionalisation de l’emploi, de la justice, de la sécurité routière, du financement de Bruxelles, du contentieux pendant au comité de concertation, Tout cela en vue d’aboutir à des choses concrètes avant les élections de juin. Manière de montrer, à la Flandre, que la réforme des institutions était sur la route.

Keulen vient de mettre ce véhicule communautaire en panne.

Les francophones ne pourront faire comme si rien ne s’était passé. L’agression est d’autant plus stupide que les trois candidats-bourgmestres seront représentés à la fonction maïorale. Vive le carrousel !

L’Open VLD entre en guerre avec tout le monde, y compris le MR et veut des élections fédérales en juin.

On attend des présidents francophones - et aussi des autres partis flamands - une réponse mesurée. Nul besoin de ranimer le brasier communautaire quand l’incendie économique menace le pays .

13/06/2008

Overijse, le regard de l'étranger

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Lamentable ! Le bourgmestre d’Overijse vient de progresser de plusieurs échelons sur l’échelle des âneries qui animent la vie politique de notre pays.

 

Il vient de créer, ni plus ni moins un centre de délation linguistique. Il s’agit de permettre aux excités linguistiques de sa commune de dénoncer les commerçants qui posent à leur devanture des affiches rédigées dans une langue autre que le néerlandais, entendez en français donc. Le commerçant fait alors l’objet de « pressions amicales »  de la part de la commune.

 

Cette fois, tout de même, les autorités, ont réagi, à commencer par Yves Leterme en personne qui a condamné ces pratiques, tout en comprenant le souhait des autorités communales de  préserver le statut linguistique de la commune. « L’utilisation d’un tel procédé n’est pas acceptable », a-t-il dit.

 

Même le ministre flamand de l’Intérieur Marino Keulen est sorti de sa réserve. Il rappelle dans une lettre au bourgmestre, que cette pratique est illégale, l’emploi des langues dans la vie privée n’étant pas règlementé en Belgique. Il ne pourra toutefois pas agir en tant qu’autorité de tutelle la décision prise n’ayant pas fait l’objet d’un vote par le conseil communal.

 

L’affaire vaudrait à peine qu’on s’y arrête si le ministre Keulen ne s’était inquiété de l'impact d'une telle initiative à l'étranger où l'image de la Flandre s'est, selon lui, dégradée. Ce genre d'appel risque de « nourrir les caricatures. C'est le genre d'action que l'on paie cher à l'étranger », a souligné M. Keulen.

 

Le manque de tolérance d’une certains en Flandre qui se ferme peu à peu à la diversité et à la richesse culturelle commence à faire régulièrement l’objet de reportages critiques dans la grande presse internationale. C’est sans doute cela qui dérange le plus les leaders flamands : le regard médusé de l’étranger sur ce petit coin de terre devenu intolérant.