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06/06/2008

CCC : les victimes sont hors les murs

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Ils leur plairaient tant de croire qu’ils sont des Robins des bois. De 1984 à  1985, durant 15 mois ils allaient s’attaquer à ce qui, pour eux, tenait du symbole du capitalisme triomphant : partis politiques libéraux, firmes privés, banques, OTAN, etc. En tout 28 attentats qui feront deux morts, deux pompiers. Les figures de proue des CCC écoperont de la perpétuité et bénéficieront de la liberté conditionnelle au début des années 2000.
Les longues années de prison n’ont en rien ébranlé leurs convictions. Le capitalisme bourgeois reste l’ennemi, Mao le modèle, la Rote Armée Fraction un exemple. Les morts ? Des dégâts collatéraux sans importance. Pierre Carette, En 2006, affirmait encore : « oui, l’exercice de la violence peut-être nécessaire. Oui cela peut mener à des drames. Est-ce pour cela qu’il faut arrêter la lutte ? ». Quant à Bertrand Sassoye il allait répétant, depuis sa sortie de prison : « je n’ai rien renié de mes opinions. Je reste convaincu de la nécessité d’une révolution, d’une lutte armée en Belgique, d’une prise du pouvoir par la violence ».

 

Des hommes toujours potentiellement dangereux donc. Des conditions strictes avaient été posées lors de leur libération conditionnelle. Ils ne les ont pas respectées, semble-t-il. Ils retournent logiquement en prison. Sassoye, décrit comme « un illuminé qui brûle d’une lumière intérieure. Une espèce de croyant »,  avait même repris contact avec un groupe terroriste italien dirigé par un ancien des brigades rouges, s’il faut en croire les enquêteurs.

 

Sassoye et Carette, retour à la case prison ! Ce n’est que justice. Par leurs paroles et leurs écrits, pour le moins, leurs actes, peut-être, ils ont montré qu’ils ne voulaient en rien renoncer à leurs idées – passe encore – ni aux méthodes sanglantes qui leur permettraient d’atteindre leurs objectifs. Ces enragés prétendent toujours vouloir le bonheur du peuple malgré lui. Les remettre à l’ombre n’en fait pas des victimes. Les victimes potentielles sont hors les murs de la prison !

 

 

15/04/2008

Berlusconi, haut la main

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Ce n’est pas sa victoire qui surprend mais l’ampleur de celle-ci. Silvio Berlusconi remporte haut la main, pour la troisième fois, les élections législatives italiennes. Mieux, il obtient la majorité en sièges à la Chambre et au Sénat. Pour la première fois, depuis très longtemps, un gouvernement va pouvoir mener une politique sans être empêtré dans une de ces coalitions hétéroclites ou les combinazione paralysent l’action. Le gouvernement Prodi, composé de 12 formations différentes était en permanence sur le fil du rasoir et acculé à consacrer tout son temps aux jeux politiques plutôt qu’à gouverner avec l’énergie que requiert une situation économique et sociale fortement dégradée.

 

Mais l’événement de ce scrutin est peut-être l’amorce de la recomposition du paysage politique italien. Désormais deux grands courants dominent le pays : la droite avec Berlusconi et la gauche avec Veltroni. A eux deux, alors que 35 formations se présentaient aux suffrages des électeurs, ils recueillent 80 pc des voix.

 

L’ancien maire de Rome, s’il veut se préserver un avenir doit à présent capitaliser sur cette possibilité qui s’offre à lui : remettre sur pied une vraie gauche. S’il n’a pas su mobiliser ses troupes c’est aussi parce qu’à trop d’égard son programme ressemblait à celui du Cavaliere. A tel point qu’était né, à Rome, le néologisme soulignant ce fait : Veltrusconi.

 

Et tant qu’à jouer sur le style « il faut manager le pays comme une entreprise » les italiens ont préféré un grand capitaine d’industrie, même avec de nombreuses casseroles, à un néophyte du business, ancien communiste de surcroît.

 

La crise d’Alitalia, les menaces qui pèsent sur l’aéroport Malpensa de Milan, la grève des ordures de Naples, autant de dossiers qui ont pesé en faveur de Berlusconi tant l’apathie du gouvernement Prodi était grande. Silvio Berlusconi, cette fois, ne s’est pas faire élire en faisant rêver les italiens. Il a au contraire promis des mesures difficiles pour sortir le pays de l’impasse.

 

Et, dans cette posture, le milanais a paru plus crédible que son concurrent romain.