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24/10/2007

Carte bleue pour l'immigration

EDITORIAL

CIEL RADIO

par Michel Konen

 

 

L’Europe, via son parlement et sur proposition de la Commission vient de se saisir du lourd dossier de l’immigration. Un dossier stratégique pour l’avenir du Vieux continent qui doit faire face au vieillissement de sa population. Un dossier difficile aussi et qui agite chacun des Etats-Membres. Qu’il s’agisse de la France, qui a adopté hier de nouvelles dispositions, de la Belgique, c’est un des dossiers essentiel de la négociation orange bleue, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie, de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas, on ne trouve pas un pays où cette question ne fasse pas la Une de l’actualité. C’est un dossier sensible, chaque état entend garder la plus large autonomie dans ce domaine. Un sujet qui charrie, bouscule les questions éthiques sur l’accueil des ressortissants d’origine étrangère. C’est donc une question au long cours que l’Europe ouvre. Et l’on aura l’occasion d’y revenir souvent dans les années qui viennent.

 

La proposition de la Commission ne traite pas de l’ensemble du dossier. Elle se limite, à ce stade, à la création d’une carte bleue, inspirée de la Green card américaine. Elle octroierait un permis de travail temporaire à des travailleurs étrangers hautement qualifiés dans des secteurs où sévissent des pénuries de main d’œuvre. Aujourd’hui, l’Europe est le continent le moins attractif pour l’appel des étrangers qualifiés qui lui préfèrent les Etats-Unis, l’Australie, le Canada. La proposition tente de concilier les impératifs économiques et les valeurs humanistes : elle offre aux travailleurs étrangers des garanties salariales et sociales, facilite le regroupement familial et tente d’éviter le siphonage des élites étrangères si nécessaire au développement de leur pays d’origine.

 

Ce n’est qu’un tout petit pas : l’immigration des plus démunis n’est même pas esquissée, par exemple. La nécessaire aide au développement des pays pauvre n’est pas envisagée dans la proposition actuelle. Le Parlement européen aura donc à enrichir ce texte.

 

Mais cette proposition a un grand mérite : elle confirme que l’Europe n’aura d’avenir qu’en s’enrichissant de sang neuf et qu’elle n’écrira son futur qu’en restant ce qu’elle a été tout au long de son histoire : un carrefour des peuples.