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20/10/2008

Des règles pour le siècle à venir

Édito

 

Par Michel Konen

Mis en ligne le 20/10/2008

La crise financière qui secoue le monde signe en quelque sorte la fin véritable du XXe siècle pour la planète financière et bancaire. La course effrénée au profit a eu raison du bon sens et a ouvert la voie au capitalisme dévoyé. L'effondrement brutal des bourses en général et des valeurs financières en particulier montre à suffisance la méfiance profonde qui s'est installée dans l'esprit des gens.

L'atterrissage, il est vrai, est brutal. Le gain en bourse était devenu quelque chose de "normal". Et ceux qui ne s'y livraient pas passaient quasiment pour des simples d'esprit.

Les Etats-Unis, apôtres de la dérégulation forcenée, ont failli : en permettant, en favorisant, une politique aveugle d'endettement des particuliers - les "subprimes"; en permettant, en favorisant, la mise sur le marché de produits "pourris", les produits structurés, qui ont contaminé le monde financier occidental; en se révélant incapables de gérer leurs faillites bancaires - et en particulier celle de Lehman Brothers. Ils ont démontré, par l'absurde, à quel point l'économie de marché doit être encadrée, régulée. Ils ont fini par s'y résoudre, la mort dans l'âme : ils doivent, partiellement, nationaliser les banques pour éviter que le système s'effondre.

L'Europe, emmenée par un Nicolas Sarkozy qui ne cesse d'étonner depuis le début de la crise, est cette fois à la pointe du combat. Au cours de ce week-end, elle a ainsi convaincu Georges Bush Jr de la nécessité de réécrire, de la cave au grenier, les règles de la finance internationale.

La nouvelle bible devra assurer la plus grande transparence, en particulier à propos des "hedge funds", qui gèrent des centaines de milliards de dollars en dehors de tout contrôle, particulièrement lorsqu'ils opèrent au départ des paradis fiscaux. Elle devra éviter, ce qui ne va pas de soi quand le temps est à l'orage, tout retour aux politiques protectionnistes. Dans ce monde globalisé, elle devra associer les pays émergents - la Chine, le Brésil, le Mexique, l'Inde, etc. - aux règles qui seront fixées. Enfin, la réflexion devra porter sur ce que l'on attend des entreprises : des politiques de résultats à très court terme qui incitent les dirigeants à diriger leurs firmes comme s'il s'agissait d'un casino en se remplissant les poches ou bien de véritables politiques entrepreneuriales à moyen et long terme.

16/10/2008

Réformer le code de la route !

Édito

Mis en ligne le 16/10/2008

Par Michel Konen

Alors que la plus grande incertitude règne encore sur les marchés mondiaux, les chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis en sommet à Bruxelles tentent - l'objectif est ambitieux mais l'occasion est unique - de jeter les fondations d'un nouveau code économique et financier mondial.

L'occasion est unique : les Etats-Unis, à l'origine du cataclysme boursier, ont signé eux-mêmes la mort d'un libéralisme débridé échappant à tout contrôle et ont dû s'aligner, crime de lèse-majesté au pays du Dollar, sur l'Europe en "nationalisant" partiellement leurs banques défaillantes. Unique encore avec un Georges Bush en fin de mandat, largement démonétisé symbole politique commode d'un laisser-faire laisser-aller basé sur la foi aveugle en une main invisible du marché dont chacun sait aujourd'hui qu'elle est inexistante.

L'objectif est ambitieux puisqu'il s'agit, ni plus ni moins de refonder le code de la route des réseaux financiers. Il faut inventer de nouvelles limitations de vitesse, des radars, des contrôles routiers, investir les gendarmes de nouveaux pouvoirs. Il faut rendre les routes plus sûres et punir les chauffards avec la plus extrême sévérité. Et il faut convaincre l'ensemble des pays du monde d'adopter ce code.

Est-il besoin de prendre prétexte des difficultés économiques actuelles pour remettre en cause les fondements de l'économie de marché et de la liberté économique ? Nullement ! Mais la condition nécessaire et suffisante pour qu'il en soit ainsi est de revenir aux origines même de la doctrine libérale : fixer des règles et établir un contrôle de l'application de ces règles.

On entend certaines voix, en France celle de la socialiste Ségolène Royal notamment, appeler l'Etat à rester présent dans les banques partiellement renationalisées. C'est se tromper sur la nature même du débat. S'il est vrai, et la crise en est l'illustration saisissante, que les économies occidentales étaient tombées dans le "trop peu d'Etat" le retour à du "plus d'Etat" est une chimère. L'heure doit être à la réflexion pour du "mieux d'Etat".

C'est la tâche de l'Europe de garantir une saine émulation, une concurrence tonique entre les entreprises mais aussi une plus juste répartition des richesses produites et de mettre fin aux scandaleux abus - de l'escroquerie pure et simple comme on sait aujourd'hui - qui ont enrichi les fossoyeurs de l'économie.

20/06/2008

Europe, pas de quoi pavoiser !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Une fois n’est pas coutume, la bonne surprise est venue de Grande-Bretagne. Gordon Brown, le Premier ministre britannique a apporté à ses vingt-six collègues réunis à Bruxelles le Oui de son pays à la ratification du traité de Lisbonne. Les Anglais sont ainsi les premiers à avoir repris la marche en avant après le NON irlandais. La majorité de la Chambre des Lords a en effet adopté, mercredi, le traité sans se laisser troubler par  les dernières attaques lancées par les Conservateurs.

 

Les Chefs d’Etat et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles pour deux jours avaient bien besoin de se remonter le moral après la déconvenue irlandaise. Car aucune solution n’apparaît vraiment évidente si ce n’est de poursuivre la procédure prévue et de laisser à l’Irlande le temps de se ressaisir. Et aussi de convaincre la Tchéquie, qui traîne les pieds, d’aller de l’avant.

 

Et les vrais problèmes direz-vous ? L’inflation, le pouvoir d’achat, les prix agricoles, les prix de l’énergie ? C’était là le menu essentiel. Des trésors d’imagination, des idées en pagaille ont été lancés. Sarkozy est revenu avec son idée vde plafonner la TVA sur le carburant, d’autres ont prôné une taxe sur la spéculation, les Italiens ont proposé une taxe sur les compagnies pétrolières. Rien n’y a fait. La commission a promis d’étudier et d’évaluer ces pistes. Mais aucune mesure concrète n’a pu être retenue faute de consensus. Les vingt-sept n’ont pu que redire la nécessité d’investir dans les économies d’énergies, dans les énergies renouvelables et les biocarburants. Pas grand-chose en somme.

 

Un surplace qui inquiète au moment où toutes les bourses sont dans le rouge, où les dernières perspectives économiques sont sombres. L’Europe n’est pas seulement en panne institutionnelle, elle fait aussi du surplace dans son domaine de prédilection : l’économie. Pas de quoi pavoiser ni rendre le moral. Hélas !

 

 

07:32 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Europe, sommet