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26/05/2008

Congo, nouvelle tuile communautaire

EDITORIAL

Radio Ciel

par Michel Konen

 

 

Il ne manquait plus que cela : voilà que le différent communautaire entre le nord et le sud s’insinue dans la politique extérieure du pays. On sait que Karel De Gucht pratique volontiers la diplomatie de l’éléphant. Il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Pas en toutes circonstances cependant : lorsqu’il s’agit de la Chine, notre bouillant ministre des Affaires étrangères joue la prudence verbale. Avec la République démocratique du Congo, par contre, il donne libre cours à des analyses certes décoiffantes mais qui ont pour résultat de crisper les relations entre les deux pays. Il y a moins d’un  mois il dénonçait, à Kinshasa, ceux qui bénéficient «  de privilèges fabuleux et ceux qui n’hésitent pas à sacrifier le bien-être de la population pour leur enrichissement personnel ».

 

Depuis, Karel De Gucht a remis le couvert, estimant, compte tenu de l’aide apportée au Congo, que la Belgique avait « l’obligation morale » de prendre position sur ce qui se passe dans ce pays. Résultat : ambassadeur congolais rappelé, consulat fermé…

 

Nul ne conteste qu’en effet la Belgique doive veiller à ce que l’aide parvienne bien à ceux qui en ont besoin plutôt que d’enrichir les sangsues du régime congolais. Et le gouvernement a encore récemment confirmé que telle était bien sa volonté unanime. Mais Karel De Gucht a une manière humiliante, pour ne pas dire insultante, de dire les choses. Le MR, tout comme le PS, lui ont demandé d’observer une plus grande réserve verbale. Réponse énervée de De Gucht : « j’ai l’impression que les francophones pensent toujours que le Congo est la dixième province belge sur laquelle on ne peut rien dire ». Et d’ajouter : « ceux qui me critiquent risquent de mettre en cause la politique extérieure du pays » avant de conclure « tous les partis flamands sont d’accord avec ma position ».

 

Déclaration étrange : un ministre des Affaires étrangères n’est pas là ni pour exprimer, sur le fond comme dans la forme, ses opinions personnelles et moins encore celles de sa communauté linguistique. On attend de lui qu’il agisse pour régler les problèmes plutôt que d’en créer.

 

Yves Leterme va devoir arbitrer. Et il n’aime pas cela. Il a demandé des rapports. Il attend.