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18/04/2008

Wallonie-Bruxelles : quoi de neuf ?

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Les Ministres-présidents régionaux Demotte et Picqué jettent donc le concept de Nation francophone chère à Elio Di Ruppo par la fenêtre. Ils font mine de vider l’actuelle Communauté française de sa substance et appuient vigoureusement sur la pédale régionale. A l’arrivée une fédération Wallonie-Bruxelles qui servira de lien de solidarité entre les deux régions. Et le gouvernement de ladite fédération aura ses budgets, ses compétences – et donc son administration. Et les ministres de cette fédération seront obligatoirement aussi ministres wallons ou bruxellois.

 

Apparemment, tout est neuf. Dans la réalité, les deux excellences socialistes ont surtout repeint la maison. Rien de bien neuf dans cette proposition qui reprend pour l’essentiel des revendications ou des propositions qui font l’unanimité dans les partis francophones.

 

Refuser un fédéralisme à deux impliquant la co-gestion de Bruxelles par la Flandre et la Wallonie ? Tout le monde est pour, sauf les Flamands

 

Faire de Bruxelles une région à part entière, égale en droit et en compétences aux deux autres régions ? Tout le monde est pour. Sauf les Flamands.

 

Redistribuer des compétences entre la Communauté et les régions ? Pourquoi pas, cela s’est déjà fait, au moins partiellement.

 

Diminuer le nombre global de ministres régionaux et communautaires en imposant la double casquette ? Mais cela se fait déjà partiellement et rien n’empêche de le faire intégralement, dès maintenant.

 

L’abandon de la dénomination Communauté française au profit de fédération Wallonie-Bruxelles ? Cela fait des années que l’on cherche à rebaptiser cette institution si mal nommée.

 

On ne voit pas, en l’état, ce qui change fondamentalement si ce n’est le signal politique d’une région wallonne et d’une région bruxelloise qui entendent mieux collaborer à l’avenir.

 

Quel que soit le nom dont on l’affuble, le futur des francophones se déterminera au sein de l’espace francophone. Sur ce point la proposition Demotte-Picqué reste muette. C’est sa grande faiblesse.

 

 

17/04/2008

Comment faire du neuf avec du vieux

édito
La Libre Belgique
Par Michel Konen
La proposition Demotte-Picqué pour une fédération Wallonie-Bruxelles mérite-t-elle vraiment d’être qualifiée de “bombe institutionnelle” ? Ou ne s’agit-il pas plutôt d’une nouvelle version des “Habits neufs de l’Empereur”, créant un avatar de la Communauté française sous le nom de fédération Wallonie-Bruxelles ?
Observons ceci d’abord : avec trois régions à part entière, la proposition se situe dans la perspective d’une Belgique fédérale qui a un futur. Elle prend le parfait contre-pied de la thèse Maingain (FDF) qui voit dans la fusion pure et simple des institutions wallonne et bruxelloise au sein de la Communauté française l’instrument de résistance des francophones dans une Belgique évaporée.
La proposition Demotte-Picqué est un rejet, ce qui n’a rien de neuf, de la thèse flamande d’une Belgique composée de deux communautés qui cogèrent Bruxelles. Il y a même unanimité au sein des francophones à ce propos.
Pas neuve non plus – là encore il y a unanimité côté francophone – l’idée de faire de Bruxelles une région à part entière. Les Flamands auront l’occasion de réaffirmer leur opposition à cette thèse.
L’idée de Messieurs Demotte et Picqué est-elle, en quelque sorte, de régionaliser, dans un premier temps,toutes les compétences de la Communauté française ? Et de créer ensuite une “instance commune disposant de compétences et d’un budget propres” pour gérer les matières qui seraient redéclarées communes, manière de consacrer la solidarité entre Wallons et Bruxellois ? Le nouveau machin s’appellerait “Gouvernement de la Fédération Wallonie-Bruxelles”. Il serait composé de ministres wallons et bruxellois francophones, mais tous n’en seraient pas.
Franchement, qu’il y a-t-il de vraiment neuf dans tout cela, à part le nombre de ministres en principe plus restreint (mais ce n’est pas garanti, les besoins des partis sont parfois tels que le pire est toujours assuré, comme on vient encore de le voir au gouvernement fédéral) Les deux éminences socialistes ont raison de dire qu’il s’agit là d’une “Communauté française revisitée”. Rien de plus, en effet !
L’opération est surtout sémantique. L’enjeu sera de savoir, si elle retenue comme base de discussion, ce qui restera dans la besace de la “Fédération”. Là-dessus le texte reste dans le flou artistique. C’est pourtant là que se jouera le destin commun des francophones.

21/03/2008

Elio Di Rupo a joué un super-banco

Édito

Par Michel Konen

La Libre Belgique 

On se doutait bien que les dernières chamailleries autour de la composition du gouvernement Leterme Ier relèveraient davantage de l'arrière-cuisine que de la haute stratégie politique. Puisque des promesses avaient été faites - surtout par Didier Reynders - il fallait bien caser les fidèles parmi les fidèles ou les "emmer..." potentiels.

On se doutait bien que les dernières chamailleries autour de la composition du gouvernement Leterme Ier relèveraient davantage de l'arrière-cuisine que de la haute stratégie politique. Puisque des promesses avaient été faites - surtout par Didier Reynders - il fallait bien caser les fidèles parmi les fidèles ou les "emmer..." potentiels. D'où le côté plantureux et parfaitement inutile de ce gouvernement : ils seront donc 22 sous les ors et les lambris. On ne sait pas exactement pour quoi faire en ce qui concerne certains. Leur futilité est telle qu'il n'a même pas été jugé utile de leur attribuer une compétence, fut-elle de façade. Ils seront donc adjoints. Point, c'est tout !

Les autres secrétaires d'Etat n'étaient absolument pas nécessaires au bon fonctionnement de l'Etat. La seule curiosité est la compétence attribuée à Wathelet Jr : le budget. Curieux puisque ce poste stratégique - et décrit comme tel par la nouvelle majorité - est habituellement attribué à un ministre de plein exercice quand ce n'est pas à un vice-Premier. Ici la compétence revient à un novice qui ne fera pas partie du saint des saints et auquel on promet bien du plaisir lorsqu'il devra maîtriser les envies de dépenses des gros bras. La prestation de serment de Leterme Ier relève quasiment de l'anecdote. Le mot marchandage étant largement suffisant pour qualifier les derniers épisodes de la négociation. L'événement, en fait, s'est déroulé en dehors du palais de Laeken. Elio Di Rupo, c'est de lui qu'il s'agit, a profité de la confusion ambiante pour jouer un coup digne du super-banco. Temps un : Marie Arena, présidente du gouvernement de la Communauté française, monte au gouvernement fédéral. Temps deux : Rudy Demotte, président de l'exécutif wallon, prend en plus la présidence de l'exécutif communautaire. Il chapeaute désormais l'ensemble francophone. Ce n'est pas la fusion des institutions. Mais c'est l'affirmation forte de l'existence de la communauté Wallonie-Bruxelles, d'une communauté romande, comme disent les Suisses.

Elio Di Rupo crée ainsi les conditions pour qu'enfin les francophones wallons et bruxellois puissent définir entre eux et pour eux un avenir commun. Ce n'est pas d'un front contre la Flandre que les francophones ont besoin mais d'une vision commune de leur destin. Un premier pas, important, vient d'être franchi. Enfin ! On l'attendait depuis trop longtemps.