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08/11/2007

La Flandre, une majorité opprimée ?

Edito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

 

La démocratie n'est pas simplement la loi de la majorité, c'est la loi de la majorité respectant comme il convient le droit des minorités".
  • Le mot est de Clément Attlee, homme politique britannique. La phrase prend tout son sens aujourd'hui en Belgique.

 

Pour la première fois, dans l'histoire du pays, le face-à-face s'est conclu par la volonté d'une communauté linguistique d'imposer ses vues à l'autre communauté linguistique. La Flandre a fait usage de sa force numérique, de toute sa force numérique, y compris l'extrême droite fasciste du Vlaams Belang, pour signifier aux francophones que l'heure n'était plus à la négociation.

C'est déplorable ! La Flandre, celle qui tient un discours triomphant, se comporte comme si elle était une majorité opprimée, peu sûre d'elle-même, inquiète de son avenir, entourée d'ennemis. Sans l'usage des armes - heureusement -, elle veut, comme les Serbes en Bosnie, un territoire "linguistiquement" pur.

Hier, d'une manière pathétique, la forte Flandre a montré sa faiblesse. Car, que va-t-il se passer maintenant ?

Rien !

Rien. La Flandre, en choisissant la confrontation, a brûlé sa seule cartouche. Le pistolet est vide désormais. Durant de longs mois, cette proposition de loi va s'étioler dans le maquis des procédures parlementaires. Et aucun gouvernement ne verra le jour sans que cette question n'ait été préalablement réglée, autrement, lors de la négociation pour sa constitution. Pas de panique, donc !

La Belgique n'a pas cessé d'exister hier. Il est plus que jamais urgent que les priorités socio-économiques soient enfin prises en compte. Car l'absence de gouvernement commence à produire des effets néfastes pour les entreprises, pour les citoyens. Sans parler de notre image à l'étranger qui ne va pas s'améliorer avec cette tragi-comédie.

Paradoxalement, cette péripétie parlementaire va peut-être faciliter la mission du formateur Yves Leterme désormais débarrassé de cette épine institutionnelle. Il va pouvoir se concentrer sur la formation d'une orange bleue qui n'aura plus le communautaire comme priorité. Car, à entendre les premières réactions, y compris francophones, Leterme pourrait rester en piste.

Mais ce vote laissera des traces profondes. La Flandre a abusé de sa force. La méfiance devient la norme !

La Belgique s'évapore

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Ils avaient dit qu’ils le feraient. Ils l’ont donc fait. Comme un seul homme, avec l’appui réjoui de l’extrême droite fascisante du Vlaams Belang, les parlementaires flamands ont voté la scission pure et simple de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Pour la première fois, une communauté linguistique à abuser de sa majorité numérique pour imposer ses vues à l’autre communauté linguistique. Un vote historique qui met un peu plus à mal encore le concept même du pays. Un vote qui montre qu’en effet, petit à petit, la Belgique s’évapore.

 

Yves Leterme n’a pas pu, ou pas voulu, arrêter la machine flamande. Au cours des 151 jours de négociations, il n’a rien fait, ou si peu, pour tenter de régler le problème par la voie de la négociation. Est-il disqualifié pour autant ? A entendre les partis flamands, non seulement, il a été l’homme de la situation mais il doit continuer à mener les négociations. Et ils préviennent : le communautaire n’est pas mis au frigo car il est intimement lié aux problèmes socio-économiques. Voilà les francophones prévenus !

 

Les francophones précisément. Ils annonçaient qu’en cas de vote Leterme devrait partir, que les négociations seraient rompues. A l’arrivée, les négociations sont suspendues. Et il n’y a plus d’ukase à l’encontre de Leterme. Et, si l’orange bleue continue, comme cela semble devoir être le cas, des rendez-vous communautaires sont déjà à l’ordre du jour : soins de santé, emploi, fiscalité, on en passe, autant de  matières pour lesquelles la Flandre réclame plus d’autonomie et pour lesquelles la Flandre pourra faire jouer, et pourquoi ne le ferait-elle pas ?, la loi du nombre.

 

La réaction francophone ne pourra se limiter à mettre en oeuvre la procédure du conflit d’intérêt ou de la sonnette d’alarme qui permet de retarder les échéances.

 

Ce qui s’est passé hier à la Chambre démontre, avec brutalité, à quel point les francophones doivent définir une politique de vie commune. Que cela plaise ou non, la Flandre est portée par une communauté de destin. Celle qui fait cruellement défaut au sud du pays.

 

Rien ne sert de pleurer. Il faut agir. Pour ne pas se faire bouffer tout cru !