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16/10/2008

Réformer le code de la route !

Édito

Mis en ligne le 16/10/2008

Par Michel Konen

Alors que la plus grande incertitude règne encore sur les marchés mondiaux, les chefs d'Etat et de gouvernement européens réunis en sommet à Bruxelles tentent - l'objectif est ambitieux mais l'occasion est unique - de jeter les fondations d'un nouveau code économique et financier mondial.

L'occasion est unique : les Etats-Unis, à l'origine du cataclysme boursier, ont signé eux-mêmes la mort d'un libéralisme débridé échappant à tout contrôle et ont dû s'aligner, crime de lèse-majesté au pays du Dollar, sur l'Europe en "nationalisant" partiellement leurs banques défaillantes. Unique encore avec un Georges Bush en fin de mandat, largement démonétisé symbole politique commode d'un laisser-faire laisser-aller basé sur la foi aveugle en une main invisible du marché dont chacun sait aujourd'hui qu'elle est inexistante.

L'objectif est ambitieux puisqu'il s'agit, ni plus ni moins de refonder le code de la route des réseaux financiers. Il faut inventer de nouvelles limitations de vitesse, des radars, des contrôles routiers, investir les gendarmes de nouveaux pouvoirs. Il faut rendre les routes plus sûres et punir les chauffards avec la plus extrême sévérité. Et il faut convaincre l'ensemble des pays du monde d'adopter ce code.

Est-il besoin de prendre prétexte des difficultés économiques actuelles pour remettre en cause les fondements de l'économie de marché et de la liberté économique ? Nullement ! Mais la condition nécessaire et suffisante pour qu'il en soit ainsi est de revenir aux origines même de la doctrine libérale : fixer des règles et établir un contrôle de l'application de ces règles.

On entend certaines voix, en France celle de la socialiste Ségolène Royal notamment, appeler l'Etat à rester présent dans les banques partiellement renationalisées. C'est se tromper sur la nature même du débat. S'il est vrai, et la crise en est l'illustration saisissante, que les économies occidentales étaient tombées dans le "trop peu d'Etat" le retour à du "plus d'Etat" est une chimère. L'heure doit être à la réflexion pour du "mieux d'Etat".

C'est la tâche de l'Europe de garantir une saine émulation, une concurrence tonique entre les entreprises mais aussi une plus juste répartition des richesses produites et de mettre fin aux scandaleux abus - de l'escroquerie pure et simple comme on sait aujourd'hui - qui ont enrichi les fossoyeurs de l'économie.

23/04/2008

Congo, les exigences De Gucht

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Karel De Gucht, le bouillant ministre des Affaires étrangères a donné le la. Depuis qu’il est aux affaires, De Gucht a décidé de tenir aux autorités congolaises le langage de la vérité. Et il ne prend aucune précaution oratoire. Il a dit et redit, hier, les exigences de la Belgique – et de l’Europe - : il faut que le Congo progresse en matière de respect des droits de l’homme et de bonne gouvernance. Et il a dénoncé ceux qui s’enrichissent éhontément au détriment de la population.

 

Un discours qui n’a pas plu et qui a jeté un froid. Le Président Kabila, qui n’a pas manqué de manifester sa mauvaise humeur en faisant lanterner la délégation, a rappelé, lui, que son pays était un état souverain et qu’il entendait être respecté.

 

Une chose a changé ces dernières années. Les traditionnels soutiens occidentaux de Kabila ne sont plus seuls sur le terrain. Les pays émergents, qui connaissent une croissance économique forte,  sont devenus des acteurs majeurs. A travers leur politique de coopération, ils se placent sur le terrain de la géostratégie mondiale et se cherchent des sphères d’influence. Et le Congo qui regorge de matières premières est un pays qui retient toute leur attention.

 

Désormais des pays comme le Brésil, les Emirats arabes unis et  la Chine sont devenus des acteurs de premier rang. La Chine surtout qui vient de signer un contrat fabuleux de reconstruction des infrastructures contre des contrats miniers portant sur le cuivre, l’or et le cobalt.

 

Kabila se sent en position de force et fait monter les enchères d’autant que ces pays ne sont pas trop regardants sur les questions de bonne gestion de l’état ou de respect des droits de l’homme. La mondialisation a aussi des aspects politiques.

 

Au moment où les opinions publiques exigent de leurs responsables des pressions sur la Chine olympique, c’est tout à l’honneur de la Belgique de rappeler au Congo ses exigences dans un domaine, l’économie, ou la plupart des pays observent généralement un silence gêné.

 

 

24/01/2008

Le climat, combat mobilisateur

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Trois Euros par semaine et par personne, voilà l’effort demandé à chaque européen d’ici 2020 pour lutter contre le réchauffement climatique. Hier l’Europe s’est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 20 p.c.. C’est moins bien que ce qu’espérait les nobelisés du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Mais l’objectif reste ambitieux et, sans doute, plus réaliste. Il faudra déjà beaucoup d’effort pour l’atteindre.

 

La Belgique, en particulier, qui a vainement tenté d’affaiblir les efforts à consentir, devra prendre le taureau par les cornes pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles et nucléaires. Jusqu’ici, notre pays ne s’est pas distingué par ses performances environnementales. Il se situe à la 57ème place, sur 149 pays. On voit le chemin qui reste à parcourir. Et voilà qui explique les inquiétudes des industriels belges qui estiment que les objectifs fixés sont irréalisables.

 

Il faudra donc que notre pays retrousses ses manches et aborde ce challenge de manière positive et volontaire. L’Europe montre sa volonté de laisser aux générations futures une planète propre. La Commission veut faire partager sa conviction que la lutte pour l’environnement est aussi un réservoir d’espérance : la lutte pour l’environnement peut aussi créer la croissance, être un nouveau gisement d’emploi et de bien-être. L’Europe, et en son sein la Belgique, se doivent, pour conserver leur crédibilité, de réaliser, voire faire mieux, que les objectifs assignés. Les européens se cherchaient un combat commun pour sortir de la morosité et remobiliser les citoyens : ils viennent peut-être bien de le trouver.