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14/02/2008

Budget : rappel à l'ordre !

Édito

La Libre Belgique

Michel Konen

Le rapport de la Banque nationale tombe à point nommé. Il vient rappeler au gouvernement qui peine à confectionner son budget quelles sont les priorités, quels sont les objectifs que le gouvernement se doit de rencontrer. La période est propice en effet pour voir les partis politiques, emportés par les enthousiasmes des doctrines et des joutes politiques, perdrent le sens des réalités.

Le constat pour 2007 est sévère et sans appel, même si les choses sont dites en termes diplomatiques : "2007 est une année perdue au point de vue des finances publiques". L'objectif d'un excédent budgétaire s'est transformé en déficit alors même que la croissance économique était meilleure que prévue. Bref, une catastrophe.

En cause la campagne électorale suivie de la crise, qui dure toujours. L'absence de vrai gouvernement durant pratiquement un an a bel et bien eu des effets pervers. Les périodes électorales riment rarement avec courage politique : c'est le temps du "on rase gratis !"

L'exercice 2008 sera ardu. La croissance n'est plus au rendez-vous. Le gouvernement Verhofstadt II a mangé tout le pain blanc. Et pas de manière orthodoxe. Il n'a fait aucune réforme d'économies structurelles sur le fonctionnement de l'Etat. De ventes de bâtiments en reprises de fonds de pensions il a, en quelque sorte, maquillé les chiffres pour rendre la mariée plus belle.

La banque nationale rappelle qu'il est temps de redevenir sérieux. Non seulement il faut un budget en équilibre, mais il faut dégager des excédents. Et sans recourir à des mesures "one shot". Non les économies doivent être récurrentes. Cela promet bien du plaisir aux négociateurs. Les élections régionales et européennes de 2009 pointent le nez. Et peut-être des élections fédérales. Les circonstances ne sont guère propices à voir les partis prêts à faire preuve de courage politique.

Les remèdes préconisés par la BNB relèvent de l'évidence : poursuivre une politique active en faveur de l'emploi - Verhofstadt a, finalement, réussi son pari de 200 000 emplois nouveaux créés sous sa législature - et améliorer le pouvoir d'achat des plus faibles. Le large consensus sur la réforme fiscale en faveur des plus bas revenus est une promesse de solution.

Oseront-ils faire ce dont le pays à vraiment besoin ?

Budget, carton rouge de la BNB

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

L’année 2007 a été une bonne année pour l’économie belge. C’est le gouverneur de la Banque nationale qui le dit dans son rapport annuel. Mieux, le pouvoir d’achat des belges a progressé même si, de l’aveu même du Gouverneur de la banque, la nouvelle peut paraître étonnante. Et puis Guy Verhofstadt qui a finalement tenu son pari. Il a bien créé un peu plus de 200.000 emplois au cours de sa dernière législature.

Voilà pour les bonnes nouvelles. Pour le reste, c’est le constat de carence. La Banque nationale donne un carton rouge au gouvernement.

L’inflation, d’abord. Elle a repris vigueur et il s’agit de mener, avec l’ensemble de l’Union européenne, une action énergique pour éviter la spirale infernale «montée des prix-montée des salaires » qui a lourdement déstabilisé nos économies dans les années 70 avec les conséquences que l’on sait.

Le budget, ensuite. La Banque nationale le dit sans ambages : le gouvernement, malgré la croissance économique meilleure que prévue, n’a pas, élection et crise politique obligent, atteint ses objectifs. Au lieu d’un boni, il laisse un déficit pour 2007. Le Gouverneur appelle la future coalition à tout mettre en œuvre pour dégager des excédents, notamment pour rencontrer le défi du vieillissement de la population. Il va plus loin. Il demande au gouvernement de pratiquer l’orthodoxie budgétaire la plus rigoureuse. L’équilibre budgétaire doit être atteint en prenant des mesures structurelles. Il faut, recommande-t-il, abandonner les trucs et ficelles, tels les ventes de bâtiments et autres mesures non récurrentes.

Dans le climat préélectoral actuel on peut douter, hélas, que les hommes politiques entendent cet appel dont la mise en oeuvre réclame du courage politique.

Mais la mise en garde ne pouvait mieux tomber : le gouvernement peine à boucler le budget 2008 dans un climat économique devenu plus morose.