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05/06/2008

D'accord d'accord ...

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

Tout ça pour ça, pourrait-on dire, une nouvelle fois ! Les partis de la majorité plus Ecolo, se sont mis d’accord sur le fait d’être d’accord pour voir s’il existait une chance d’être d’accord  pour entamer une négociation qui pourrait d’aboutir à un accord. Oufti !

 

C’est ce qui s’appelle marcher sur des œufs. Il faudra suivre de très près cette négociation au scénario tortueux pour comprendre si ça cale ou si ça progresse. D’autant que le calendrier  est aussi flexible que l’objectif : on verra dans une semaine ou deux. Ou trois, ou quatre ?

 

En gros les francophones veulent savoir si les flamands sont en capacité d’être d’accord pour négocier un accord  permettant de trouver un accord sur Bruxelles-Hal-Vilvorde. Et les flamands, dans un autre groupe de travail, aimeraient savoir si les francophones sont enfin vraiment en capacité de se déclarer d’accord pour négocier un accord qui mettrait tout le monde d’accord sur une vraie réforme de l’état.

 

Et puis on verra quelle capacité réelle d’accord existe pour se mettre d’accord sur un accord socio-économique.

 

Et enfin, pour le 15 juillet, quoique certains commencent à être d’accord pour ne plus faire de cette date une date fétiche (il faudra un accord général là-dessus) pour le 15 juillet, donc, on verra s’il y a accord pour se mettre d’accord sur l’ensemble des accords.

 

Tout de même il y a déjà un accord. Si ces accords ratent et qu’il faut retourner aux urnes à l’automne ce sera très compliqué de se mettre d’accord sur quoi que ce soit en ce qui concerne un accord relatif à l’avenir de l’Etat belge.

 

Voilà. On sent bien que les choses avancent, mais à très petit pas seulement. Pour tout dire le mouvement est imperceptible. Mais il est vrai qu’ils sont tous en équilibre instable au bord de ce qu’ils sentent être un gouffre sans fond. Ils cherchent un pont, désespérément !

 

Au fait, encore cinq fois dormir et il y aura tout juste un an que l’on aura voté. Voilà qui annonce l’été et les vacances. Sommes-nous bien tous d’accord là-dessus ?

 

 

09/05/2008

Rupture

EDITORIAL

Ciel RADIO

Michel KONEN

 

Ce matin, sur le coup de deux heures trente, la majorité flamande a imposé la scission de BHV à l’agenda de la Chambre. Et les francophones, comme prévu, ont aussitôt mis en place les manœuvres de retardement.

 

Yves Leterme, lui, y allait de son commentaire : «  C'est un moment pénible pour le pays et pour les relations entre les deux grandes communautés. On va voir dans les jours qui viennent comment le surmonter et arriver à réunir à nouveau à une table de négociation ceux qui sont prêts à solutionner ce dossier ». Le Premier ministre semble décidément vivre dans une troisième dimension inaccessible au commun des mortels. Durant cette interminable journée il est, selon son habitude, resté totalement absent ne tentant, à aucun moment, de faire une proposition de compromis ou même de raisonner sa majorité.

 

La vaisselle est bien cassée, la confiance a volé en éclat. La première conséquence du vote est que l’agenda gouvernemental qui prévoyait la négociation de réformes institutionnelles pour le 15 juillet n’est plus d’actualité. Voilà qui ne va pas calmer les esprits.

 

Yves Leterme, comme si de rien n’était, se propose donc désormais de réunir autour de la table ceux qui sont prêts à solutionner le dossier BHV. Comme s’il n’avait pas pu le faire avant de laisser se produire l’irréparable. Cette rupture va changer les pratiques de la vie politique en Belgique. Dans n’importe quel pays normal le Premier ministre aurait déjà présenté sa démission. Mais la Belgique est-elle encore un pays normal ? La question devient Yves Leterme est-il vraiment le mieux placé pour  recoller la porcelaine, lui qui jusqu’à présent n’a fait preuve d’aucune initiative.

 

« L’imagination au pouvoir » écrivait-on sur les murs en mai 1968. Monsieur 800.00 voix, manifestement ne fait partie  de cette génération là.

 

 

La très grande faute d’Yves Leterme

Edito

Par Michel Konen

La Libre Belgique

 

La scène avait quelque chose de pathétique. Le Premier ministre, à la tribune de la Chambre, avait l’air étrangement absent. Yves Leterme lisait son texte comme s’il n’en était pas vraiment l’auteur.

Et c’est sans doute le cas. Chaque mot de sa déclaration a été pesé en comité ministériel restreint. Elle dit : “En ce qui concerne les lignes de force de la réforme des institutions, en particulier le travail relatif à l’élaboration d’une solution négociée au dossier de BHV, et, en ce qui concerne les lignes de force de la politique socio-économique, le gouvernement s’engage à nouveau, comme il a été convenu, à faire une déclaration sur l’ensemble de ces sujets le 15 juillet”.

Pas d’envolée, pas d’appel à sa majorité. Rien qu’un texte qui est un terrible aveu d’impuissance. Les francophones ne peuvent s’opposer, numériquement, au passage en force des parlementaires flamands sur le dossier BHV. Ils mettront donc en œuvre les ressources de la procédure parlementaire pour renvoyer l’examen de la proposition de loi scindant BHV à plus tard.

Par contre les Flamands peuvent faire leur deuil de la date du 15 juillet. Le gouvernement se contentera d’une déclaration sur la réforme de l’état – y compris BHV – ainsi que sur la politique économique et sociale. Ils voulaient tout tout de suite. Ils devront attendre. Et le gouvernement gouvernera à minima, avec son budget étriqué et ses ambitions modestes.

Reste à voir si, dans ces conditions, ce gouvernement a encore des espoirs de survie et s’il n’est pas utile, d’envisager rapidement un plan B. Yves Leterme doit se ressaisir, agir, initier des compromis, piloter sa majorité, abandonner cette mélancolie qui le conduit à l’immobilisme. S’il en est incapable, à quoi bon occuper encore le 16 de la rue de la Loi ?

La solution pour BHV passe nécessairement par la négociation. Aucun francophone ne pourra jamais accepter que Bruxelles soit enclavée dans un pays flamand aux frontières intangibles comme hier Berlin encerclé par l’Allemagne de l’Est. La scission pure et simple de BHV signifierait à terme – et un terme plus rapproché que certains le pensent – en tout cas la fin d’une Belgique fédérale, et peut-être même d’une Belgique confédérale. Leterme, par sa fonction, avait le devoir de tout mettre en œuvre pour éviter les affrontements qui s’annoncent. Il n’a rien fait. C’est sa très grande faute.