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30/10/2007

Les excuses “forcées” de Bart De Wever

Editorial

La Libre Belgique

31.10.07

par Michel Konen 

 

 

 

Décidément, il n’en démord pas. Bart De Wever, le président de la NV.A, le parti nationaliste et séparatiste flamingant, maintient : les excuses présentées dimanche par le bourgmestre d’Anvers, Patrick Janssens, à propos du rôle des autorités de la métropole dans la déportation des Juifs, étaient “gratuites”. Parce que, juge-t-il, il est “facile de présenter des excuses 65 ans après les faits”.

Il est évidemment plus facile encore de se taire. Il est plus facile encore, et plus commode surtout, de faire comme si rien ne s’était passé. Et, comment peut-on en douter ?, s’il y a eu méprise sur la teneur de ses propos, c’est parce qu’ils ont été sortis de leur contexte. La faute aux journalistes, sans doute.

On ne dira pas de Bart De Wever qu’il est nostalgique des années noires. Il n’empêche. Il est des faux pas qu’il vaut mieux éviter. Particulièrement quand dans les rangs de son propre parti on compte des membres qui n’ont pas un passé virginal et qui se sont distingués dans les organisations nationalistes les plus extrêmes.Avec l’ancien ministre CD&V Mark Eyskens, on ne peut que juger “les déclarations de monsieur De Wever grossières, choquantes et totalement déplacées pour la communauté juive de Belgique. On y sent même un soupçon d’antisémitisme”

La rencontre, à sa demande, de Bart De Wever avec les responsables de la communauté juive était le minimum de ce que l’on pouvait attendre de lui. Quant à la sincérité des excuses qu’il a présentées, elles ont, pour le moins, l’air embarrassé. On les eût voulues plus franches et sans ambiguïté.

Que Bart De Wever ait raté là une occasion de se taire ne fait aucun doute. Son compagnon de cartel, le CD&V n’a pas été le dernier à se démarquer du président de la NV.A, faisant part de son incompréhension devant ses déclarations. Tous les autres partis, du nord comme du sud, ont eux aussi fait part de leur indignation. A l’exception, mais faut-il s’en étonner, du Vlaams Belang.

Le dérapage verbal de Bart De Wever illustre le malaise historique du mouvement flamand avec un passé que,consciemment ou non, il tente, toujours, d’excuser voire de justifier.Une attitude qui permet de mieux comprendre aussi pourquoi les actuelles négociations pour la formation du gouvernement de l’orange bleue butent sur le communautaire. Le nationalisme ne permet aucun compromis.

 

Une occasion de se taire

EDITORIAL

CIEL RADIO

31.10.07

Par Michel Konen

 

 

Bart de Wever, le président de la NV.A, le parti nationaliste flamand, négociateur de l’orange bleue, a raté une occasion de se taire. L’homme avait jugé « gratuites » les excuses présentées à la Communauté juive par le bourgmestre d’Anvers, Patrick Janssens , à propos de l’attitude de l’administration de la métropole dans la déportation des juifs durant la deuxième guerre mondiale.

 

« Soixante ans après les faits, a dit De Wever, alors que tout le monde est mort, le fait de présenter des excuses n'est évidemment pas un acte de grand courage politique ». Des propos qui ont aussitôt soulevé l’indignation dans toutes les formations politiques, du nord au sud du pays, à l’exception, mais faut-il s’en étonner, du Vlaams Belang.

 

Le président du CD&V, Jo Vandeurzen, a remonté les bretelles compagnon de cartel de la NV.A : « Le plus grand problème n'est pas qu'elles soient venues si tard, ces excuses, mais qu'elles n'avaient, jusqu'à présent, jamais été présentées par un bourgmestre d'Anvers » a-t-il déclaré. Et l’ancien ministre Mark Eyskens d’enfoncer le clou : « Les déclarations de monsieur De Wever sont grossières, choquantes et totalement déplacées pour la communauté juive de Belgique. On y sent même un soupçon d'antisémitisme ».

 

Face à ce tir de barrage, De Wever n’a pu que s’exécuter. A sa demande il a rencontré les responsables de la communauté juive. Et présenté des excuses que l’on eût souhaité plus spontanées.

 

L’affaire De Wever illustre le malaise des organisations nationalistes flamandes face au passé de la Flandre et cette seconde nature qu’elles ont de vouloir tout justifier voire excuser. Y compris l’inexcusable.

 

Une attitude qui montre aussi pourquoi, dans les actuelles négociations pour la formation de l’orange bleue, la NV.A est rétive à tout compromis communautaire.

 

 

12/10/2007

Une justice rassurante

EDITORIAL

Ciel Radio

Michel Konen

12.10.07 

 

 

 

La coïncidence mérite d’être relevée et vaut qu’on y revienne. Elle concerne deux cours d’assises qui siégeaient simultanément. L’une à Anvers, l’autre à Liége.

 

A Anvers, le jury a jugé Hans Van Themsche coupable d’assassinat sur la petite Luna et sa nounou malienne ainsi que de tentative d’assassinat sur une troisième personne d’origine turque. Avec la circonstance aggravante liée au caractère raciste de cette équipée sauvage. Des faits qui valent à Van Themsche d’écoper d’une peine de réclusion à perpétuité. Un procès exemplaire dans une ville gangrenée par l’extrême droite xénophobe, profondément marquée par les faits commis il y a 18 mois. Un procès symbolique qui rend sa dignité «  à cette belle ville et à ses habitants qui se sont vu coller une étiquette qu’ils ne méritaient pas », ainsi que l’observait l’avocat général. Et il faut se réjouir que ce soit à Anvers, précisément, grâce à un jury populaire, de surcroît, que soit démontré qu’il y a une justice pour toutes les races dans la société belge.

 

Au même moment, à l’autre bout du Canal Albert, trait d’union entre Anvers et Liége, se tenait une autre cour d’assises qui, elle aussi restera dans les annales. Ici, le procès a été interrompu. Purement et simplement. Le Président de la cour d’assises a renvoyé chez eux l’ensemble des jurés. La Cour a estimé qu’au travers des questions posées à l’accusé le jury, dans son ensemble, avait manifesté sa conviction, laissant ainsi présager de son opinion. L’accusé est d’origine turque. Les questions des jurés portaient sur la culture turque et la religion musulmane, sans rapport avec les faits, graves – l’assassinat de sa sœur –  reprochés à l’accusé. Son procès est donc reporté.

 

 Le mot n’a pas été prononcé mais les jurés se voyaient accuser de racisme « voilé »,  d’une xénophobie qui ne dit pas son nom. Le Président de la Cour a fait droit à la demande de la défense en écartant ainsi  un jury soupçonné de partialité. Ce renvoi de l’ensemble du jury est une première pour la justice belge.

Deux procès, deux issues rassurantes pour le justiciable. Même si les chemins pour y parvenir sont radicalement différents, les assises d’Anvers et de Liége ont démontré qu’il y a bien une justice, avec un grand J, pour tous en Belgique.