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02/06/2008

Tubize, le foot et l'espoir

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Décidément, cette fin de championnat de football n’aura réservé pour les wallons que de bonnes surprises. Après le championnat remporté par les liégeois du Standard voilà que c’est à l’autre bout du classement que surgit l’exploit. Le Football club de Tubize se hisse en première division.

 

Un exploit historique : c’est la première fois qu’un club brabançon accède à la division d’honneur. La réalisation d’un rêve vieux de vingt ans est devenu réalité hier sur la pelouse de l’Antwerp où les joueurs du club présidé par Raymond Langendries, le bourgmestre –président du club, sont allés signer un succès qui leur ouvre les portes de la D1.

 

Certains ne manqueront pas de reparler, pour l’occasion, d’une Wallonie qui gagne. Et, ma foi, l’argument n’est pas sans pertinence. Tubize, comme Liége, a subi de plein fouet la crise de la sidérurgie. La restructuration des Forges de Clabecq a marqué les mémoires et lacéré profondément le tissu socio-économique de la région.

 

Et de même qu’il aura fallu un plus de dix ans pour voir les premiers signes prometteurs d’un renouveau économique, de même il aura fallu une dizaine d’année pour que le club de football accède à l’élite de la compétition.

 

Ici, plus qu’à Liége encore, le sport en général et le foot en particulier ont permis de catalyser les énergies. C’est que l’équipe est pour l’essentiel composée de jeunes issus de la région. Et , à en croire les premières déclarations des responsables du club, ceux-ci entendent bien poursuivre dans cette voie et puiser dans le réservoir de 400 jeunes de leur école de foot.

 

On ne peut que s’en réjouir : ici ce sport-roi est véritablement au service de sa région. Comme à Mouscron avec Detremmerie, on voit à Tubize combien l’action d’un bourgmestre, Langendries en l’occurrence, peut-être déterminante pour porter l’espoir d’une région.

 

Les défis ne manqueront pas à l’avenir. Mais, pour l’heure, Tubize et ses 25.000 habitants sont en fête. Ils l’ont bien mérité. On leur souhaite des lendemains qui chantent. Pas qu’en foot

07:20 Publié dans Sport | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : Football, économie, Tubize

21/04/2008

Standard champion et plan Marshall

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Il est des coïncidences que l’on ne manquera pas de commenter comme autant de signes du destin. Le gouvernement wallon, en imaginant le plan Marshall, n’avait certes pas inscrit dans la liste des objectifs à atteindre la sortie de purgatoire du Standard de Liège et sa conquête, après 25 ans d’impatience, du titre de Champion de Belgique. Et pourtant cette victoire intervient au moment même où la Wallonie donne les premiers signes de son redressement.

 

De même, il y a tout juste un quart de siècle, en 1983, le Standard, tout en emportant le championnat ouvrait une ère de disette footballistique en même temps qu’il subissait les affres d’un club marqué du sceau de l’infamie : celui d’un club tricheur. La Wallonie, elle, s’enfonçait dans la crise : la restructuration de la sidérurgie, impitoyable, jetait des milliers de famille dans le chômage, imposait une restructuration industrielle longue et douloureuse.

 

En économie, comme en football et en sport en général, le redressement est affaire de patience et d’obstination. Quand la machine sombre, il en faut de la volonté pour redresser une barque en perdition. Il en faut du temps avant de recueillir les fruits de ce que l’on a semé. D’autant que les moyens financiers manquent pour restructurer comme il le faudrait.

 

La Wallonie, comme le Standard, tout au long de ces années a dû, avec obstination, se refaire une santé. En gérant au plus prêt les moyens disponibles, en investissant modestement, en reconstruisant brique par brique. Le Standard s’est passé des grands transferts médiatiques, a investi dans son école de jeunes footballeurs, a développé son esprit d’équipe, ses relations avec ses supporters, avec sa ville, avec sa région. La Wallonie, elle, suit la même voie, abandonne ses vieilles gloires industrielles, remaille son paysage de petites et moyennes entreprises, essaye de développer un nouvel esprit entrepreneurial. Tout cela n’est pas spectaculaire mais il faut que le sillon d’hiver soit profond pour que le blé lève au printemps.

 

Les énergies et l’enthousiasme qu’un grand club de football suscite peuvent-ils donner à une ville et une région toute entière ce supplément d’âme qui donne confiance dans l’avenir ?

 

C’est tout le mal qu’on souhaite au sud du pays. La Wallonie, avec le Standard en appui, est peut-être en train de vaincre le signe indien.

 

 

01/10/2007

Leterme le retour

EDITO 07H30

CIEL RADIO

01.10.07 

 

 Michel KONEN

 

 

Van Rompuy sort, Leterme rentre.

Le Roi a mis fin à la mission de l’explorateur. Celui-ci a joué sa partie. Il a trouvé suffisamment de points de convergences entre les « peut-être futurs partenaires » pour que la négociation puisse enfin débuter.

Au 113ème jour de la crise, tout reste à faire. Les acquis de l’explorateur sont au nombre de trois : d’abord, il a établi la confiance entre les partenaires ; ensuite, il a défini une méthode de travail ; enfin, il a tracé le cadre dans lequel devrait se dérouler les futurs pourparlers. Ce n’est pas rien. Mais c’est insuffisant. Ce n’est en tous cas pas une garantie de succès. Tout le reste est à construire. Quand on entend les négociateurs, dans la plus pure tradition politique belge, on hésite à dire que c’est bien du même texte qu’ils parlent : chacun, du nord au sud, du centre à la droite, à son interprétation. Van Rompuy est d’ores et déjà appelé à jouer un rôle essentiel dans les semaines qui viennent. Il sera le garant, l’arbitre des négociations en matière institutionnelles. Or, le communautaire est partout. Sans lui, la négociation risque de vite tourner court. Il devra travailler dans l’ombre. La lumière sera pour Leterme. Lequel devra démontrer, très vite, que le mois de repos qui lui a été accordé a servi à quelque chose : se faire à l’idée qu’un premier ministre fédéral a d’abord pour mission le bien-être de l’ensemble de la population. On sera vite fixé.