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20/06/2008

Europe, pas de quoi pavoiser !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Une fois n’est pas coutume, la bonne surprise est venue de Grande-Bretagne. Gordon Brown, le Premier ministre britannique a apporté à ses vingt-six collègues réunis à Bruxelles le Oui de son pays à la ratification du traité de Lisbonne. Les Anglais sont ainsi les premiers à avoir repris la marche en avant après le NON irlandais. La majorité de la Chambre des Lords a en effet adopté, mercredi, le traité sans se laisser troubler par  les dernières attaques lancées par les Conservateurs.

 

Les Chefs d’Etat et de gouvernement réunis en sommet à Bruxelles pour deux jours avaient bien besoin de se remonter le moral après la déconvenue irlandaise. Car aucune solution n’apparaît vraiment évidente si ce n’est de poursuivre la procédure prévue et de laisser à l’Irlande le temps de se ressaisir. Et aussi de convaincre la Tchéquie, qui traîne les pieds, d’aller de l’avant.

 

Et les vrais problèmes direz-vous ? L’inflation, le pouvoir d’achat, les prix agricoles, les prix de l’énergie ? C’était là le menu essentiel. Des trésors d’imagination, des idées en pagaille ont été lancés. Sarkozy est revenu avec son idée vde plafonner la TVA sur le carburant, d’autres ont prôné une taxe sur la spéculation, les Italiens ont proposé une taxe sur les compagnies pétrolières. Rien n’y a fait. La commission a promis d’étudier et d’évaluer ces pistes. Mais aucune mesure concrète n’a pu être retenue faute de consensus. Les vingt-sept n’ont pu que redire la nécessité d’investir dans les économies d’énergies, dans les énergies renouvelables et les biocarburants. Pas grand-chose en somme.

 

Un surplace qui inquiète au moment où toutes les bourses sont dans le rouge, où les dernières perspectives économiques sont sombres. L’Europe n’est pas seulement en panne institutionnelle, elle fait aussi du surplace dans son domaine de prédilection : l’économie. Pas de quoi pavoiser ni rendre le moral. Hélas !

 

 

07:32 Publié dans Europe | Lien permanent | Commentaires (3) | Tags : Europe, sommet

19/06/2008

La peur est un ciment puissant

Édito

La libre Belgique 

Par Michel Konen

La chose est désormais quasi certaine : Leterme Ier, proche jusqu'il y a peu encore de l'état végétatif, est quasiment assuré de sortir de la catégorie des "passera pas l'été". Mais, s'il y a un mieux, une rechute reste, évidemment, toujours possible.

Le mal dont souffre le malade est en effet très complexe. Et les spécialistes en maux politiques ne donnaient pas cher de la peau de l'alité. Il est vrai que tous les membres de ce grand corps malade étaient touchés par ce mal mystérieux.

Les chefs de parti rassemblés au chevet de ce gouvernement protéiforme étaient perplexes et se perdaient en conjectures sur le traitement à administrer.

Le "bon docteur" Bart De Wever, diplômé de l'académie de la NV-A, très portée sur les solutions radicales, était d'avis qu'au-delà de la date du 15 juillet, il faudrait cesser l'assistance médicale faute de quoi cela passerait pour de l'acharnement thérapeutique. Son diagnostic, partagé par une partie du personnel soignant du CD & V était simple : seule une forte saignée de type linguistico-communautaire, assortie d'une ablation chirurgicale du BHV et d'une cautérisation profonde des mélanomes appelés bourgmestres de la périphérie - il en avait découvert trois très mal placés - donnaient une chance de survie à Leterme Ier.

Tous les autres, au contraire, pensaient que, certes, le système linguistico-communautaire était atteint, mais qu'il devait être possible de traiter le mal sans amputer le patient. Ils considéraient même que l'état de Leterme Ier pourrait rapidement s'améliorer si une bonne dose de socio-économique lui était administrée. La posologie serait particulièrement délicate à établir car les marges de manoeuvre étaient étroites. Il fallait être certain que les remèdes tiendraient leurs promesses faute de quoi l'étrange maladie risquait de provoquer une épidémie et de mettre à mal l'ensemble de la population. Certains craignaient d'ailleurs que le mal se soit déjà répandu : ne voyait-on pas de plus en plus souvent des citoyens manifester dans les rues pour se procurer un remède connu sous le nom de "pouvoir d'achat" ?

Aujourd'hui, plus personne n'a envie de pratiquer une euthanasie sur Leterme Ier. Le remède risque d'être pire que le mal. Le virus du radicalisme flotte dans l'air, au sud comme au nord. On devrait alors faire face à une pandémie. Et cela effraye. La peur est un ciment puissant même si souvent elle empêche de poser les actes nécessaires.

Leterme Ier, ils ont la trouille

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

Battez tambours, sonnez trompettes. Cette fois c’est promis, c’est juré, Leterme Ier c’est vraiment parti. Hier soir les sept membres qui négocient, les cinq de la majorité et les deux Ecolo-Groen, se sont vus.

 

Ils ont déterminé une méthode pour travailler. C’est fou quand même le nombre de méthodes qu’ils ont inventée depuis un an pour faire du surplace ! Et ils ont créé deux groupes de travail pour débloquer tout ça. C’est incroyable quand même le nombre de groupes de travail qu’ils ont mis en place en 12 mois pour se regarder en chiens de faïence.

 

Mais cette fois, puisqu’ils vous le disent, c’est différent. C’est pour du bon. BHV et la réforme des institutions, c’est bientôt du passé, bientôt nous serons à nouveau zen et on s’aimera tous, du nord au sud. Evidemment hier ils ne se sont mis d’accord que sur la méthode, rien de plus. Mais, n’est-ce pas !, il faut un début à tout.

 

Leterme en personne se mouille et présidera ces deux groupes de travail. C’est quand même un signe qui ne trompe pas, non ?

 

Et puis tout le monde est bien d’accord, le 15 juillet, ce fameux 15 juillet, une date buttoir comme on dit, eh bien pfffft, c’est fini. Plus de date buttoir, disparue la date buttoir ! Une bonne petite déclaration pour dire que tout avance bien et cela suffira pour passer l’été.

 

C’est que, quand même, les ministres et chefs de parti ont fini par remarquer qu’il y avait soudain du monde dans les rues. De plus en plus de monde. Et qui disent quoi tous ces belges ? Une seule chose : « occupez-vous de notre pouvoir d’achat ».

 

Avec un baril de pétrole qui crève le plafond, une inflation record et des perspectives économiques sombres, les belges ont mis le linguistico-communautaire dans le frigo de leurs préoccupations quotidiennes.

 

Les partis politiques, flamands compris, ont bien estimé le risque : celui qui donnera le coup de grâce à Leterme Ier sera sanctionné par de nouvelles élections. Et une campagne qui radicaliserait les positions ne rendrait que plus longue et plus difficiles les négociations qui suivraient.

 

Bref ils ne s’aiment toujours pas vraiment mais ils ont la trouille de prendre une pâtée électorale. Alors ils continuent ensemble pour quelques temps encore et qui vivra verra !