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02/10/2007

Cacophonie orange bleue

Edito

Ciel Radio

02.10.07

Michel Konen

 

Joëlle Milquet, la présidente des démocrates humanistes a franchi le mur du silence. Comme aux plus beaux jours devant les grilles de Val Duchesse comme aux plus beaux jours de la mission de formateur d’Yves Leterme, première version.

 

Elle a levé le voile, un petit peu, très peu même, sur ce que le Roi entendait pas « suffisamment de convergence pour permettre la reprise des négociations ». Cela a suffi pour mettre le feu aux poudres.

 

Hier l’orchestre de l’orange bleue a joué un air qu’il pratiquait en maître il y a un peu plus d’un mois : celui de la cacophonie. Soudain , il n’y avait plus rien : ni convergences, ni cadre, ni …rien. Rien si ce n’est les fausses notes. C’est comme si la mission de l’explorateur n’avait pas existé. Herman Van Rompuy lui-même a du sortir du bois précisant que s’il existait des écrits ce ne pouvaient être les siens. Ce ne pouvaient que des non-papiers, non signés et ne liant pas les parties concernées.

 

Raison du tohu-bohu : .Madame Non a donné l’impression d’être celle qui avait fait plier le CD&V/NV.A sur le terrain communautaire. Insupportable pour les chrétiens démocrates du nord du pays qui ne savent pas comment expliquer à leurs troupes que le grand soir institutionnel n’aura pas lieu..

 

Yves Leterme, qui pouvait rêver d’une meilleure entrée en scène pour démontrer qu’il avait changé, voit donc sa mission de formateur plombée avant même qu’elle ait commencé. On croyait que la méthode Van Rompuy – la loi du silence – avait bien été comprise par les négociateurs. Ce n’est apparemment pas le cas !

 

Mais s’il fallait démontrer la fragilité des acquis de la mission de l’explorateur, c’est chose faite !

 

 

01/10/2007

Le formateur aura besoin de l'encadreur !

Editorial La Libre Belgique

01.10.07


Par Michel Konen

 

L'explorateur, enfin !, n'explore donc plus. Le Roi a mis fin à sa mission. Le Souverain estime qu'il existe désormais assez de points de convergence pour passer à la vitesse supérieure. Il a remis en piste Yves Leterme dans le rôle de formateur.

Mais la partie s'annonce d'ores et déjà délicate. On ne sait pas exactement ce que contient la note de l'explorateur. Si ce n'est qu'elle délimite une "méthode" de travail et un "phasage" de la réforme de l'état. On sait aussi que l'explorateur a réussi à créer un climat de confiance entre les chefs des différentes tribus. Ce n'est pas rien mais tout cela reste très fragile.

Pour s'en convaincre, il suffit d'entendre les différents chefs des tribus oranges et bleues. Dans la plus pure tradition politique belge, l'encre de l'accord passé par les "peut-être futurs partenaires" n'est pas encore sèche que chacun y va de son interprétation.

L'explorateur a délimité le terrain sur lequel les tribus sont invitées à planter les graines de l'orange bleue. Mais le terrain reste miné. Et si les chefs acceptent désormais de se réunir en pow-wow, ils n'en sont pas à fumer le calumet de la paix. Leurs troupes restent tapies dans la jungle, en bordure du terrain à cultiver, prêtes à en découdre.

Sans parler de la tribu rouge, qui se veut soudainement plus catholique que le Pape et tente d'allumer des feux de brousse de diversion dans un petit coin connu sous le nom de Fourons, autrefois haut lieu de la résistance des tribus sudistes.

L'explorateur, Herman Van Rompuy, est appelé à jouer un rôle décisif dans la négociation qui s'annonce. Il sera le garant du respect de la lettre et de l'esprit de l'accord-cadre qu'il a présenté à Albert II. Il sera "l'encadreur", celui qui veillera à ce que la partie se joue dans le terrain, qui sifflera les fautes de main, les tackles fautifs et les hors-jeu. Et, on peut en être certain, il y en aura !

Yves Leterme oeuvrera donc sur un terrain balisé. Le match, y compris sur le terrain socio-économique, n'est pas gagné d'avance en ce qui le concerne. Monsieur 800 000 voix - récoltées en Flandre, uniquement - a gâché beaucoup de son crédit en se comportant comme un ministre- Président flamand en terrain conquis. On attend de lui qu'il adopte désormais uns stature fédérale. Celle d'un homme capable de trouver les compromis au bénéfice de toute la population du pays.

En sera-t-il capable ? Nous serons vite fixés. Lui, en tout cas, joue sa dernière carte. L'histoire ne repasse pas deux fois les plats.

Leterme le retour

EDITO 07H30

CIEL RADIO

01.10.07 

 

 Michel KONEN

 

 

Van Rompuy sort, Leterme rentre.

Le Roi a mis fin à la mission de l’explorateur. Celui-ci a joué sa partie. Il a trouvé suffisamment de points de convergences entre les « peut-être futurs partenaires » pour que la négociation puisse enfin débuter.

Au 113ème jour de la crise, tout reste à faire. Les acquis de l’explorateur sont au nombre de trois : d’abord, il a établi la confiance entre les partenaires ; ensuite, il a défini une méthode de travail ; enfin, il a tracé le cadre dans lequel devrait se dérouler les futurs pourparlers. Ce n’est pas rien. Mais c’est insuffisant. Ce n’est en tous cas pas une garantie de succès. Tout le reste est à construire. Quand on entend les négociateurs, dans la plus pure tradition politique belge, on hésite à dire que c’est bien du même texte qu’ils parlent : chacun, du nord au sud, du centre à la droite, à son interprétation. Van Rompuy est d’ores et déjà appelé à jouer un rôle essentiel dans les semaines qui viennent. Il sera le garant, l’arbitre des négociations en matière institutionnelles. Or, le communautaire est partout. Sans lui, la négociation risque de vite tourner court. Il devra travailler dans l’ombre. La lumière sera pour Leterme. Lequel devra démontrer, très vite, que le mois de repos qui lui a été accordé a servi à quelque chose : se faire à l’idée qu’un premier ministre fédéral a d’abord pour mission le bien-être de l’ensemble de la population. On sera vite fixé.