Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

05/09/2007

Orange bleue : seule graine disponible

EDITO 05.09.07

L'explorateur explore toujours. Il a disparu dans la sombre forêt de la politique belge. On est sans nouvelles de lui.

 

On sait qu'il a rencontré les "hommes-arbres" - une tribu nommée Ecolo - mais sans succès. Ceux-ci, peureux, réclamaient que l'on coupe des têtes chez les autres. Inacceptable pour les peuplades du nord du territoire et irréalisable pour celles du sud, qui en ont pourtant autant envie.

Van Rompuy, dans la forêt profonde, n'a cependant pas renoncé à pacifier ces régions : il rencontre les chefs. La défection des "hommes-arbres" lui donne peut-être la meilleure occasion, depuis des semaines, de tenter de planter, avec quelques chances d'aboutir, une graine hybride d'orange-bleue. La culture en est très délicate. Mais elle fait figure de fruit sacré et, en l'état, les chefs approchés par l'explorateur semblent toujours disposés à courir le risque de se lancer dans cette culture-là.

Il est vrai que personne ne veut de la variété bleue-sanguine, jugée trop amère. Et moins encore de l'orange bleue sanguine tout à fait immangeable, sans compter que sa culture est très, très longue et que le rendement n'est jamais garanti.

A en croire les tambours de brousse, l'explorateur propose à ses interlocuteurs une méthode de culture - l'agriculture est une spécialité de l'explorateur, c'est dans son pays qu'on a inventé la rotation des terres afin de les rendre plus fertiles - qui consiste à ne pas mettre tous les plants dans la même parcelle. Cela limite les risques, en cas d'accident et cela permet éventuellement à d'autres tribus de venir voir comment les choses se passent et de se laisser convaincre de participer, au moins en partie, à ces travaux agraires tout en poursuivant leurs activités de chasse traditionnelles.

Herman Van Rompuy sait faire ses comptes et écouter ses interlocuteurs. Il a vu le Roi. Il a décidé de poursuivre sa mission. Il sait que les autres savent : il n'y a pas d'alternative à la formule actuelle.

Il sait que chacun sait qu'il faudra mettre de l'eau, beaucoup d'eau, dans le vin. Il n'y aura pas de grand soir institutionnel. Il y aura un petit matin de réforme de l'Etat belge.

Il a la confiance de ses interlocuteurs. Certains le verraient bien, déjà, en formateur et en Premier ministre. Il lui reste à trouver la méthode. Et le temps presse.

Mais tant que le silence persiste, c'est qu'il est sur la bonne voie.

27/08/2007

Drôle de jeux au Palais

Allô, Palais royal : Didier Reynders au téléphone !

Une caricature, certes. Mais interpellante. C’est même une première dans la vie politique – agitée – de la Belgique.S’il est un moment où le Roi est libre, c’est bien celui-ci : lorsqu’un gouvernement est en gestation. Il lui appartient, et à nul autre, de choisir.Or, depuis que le Roi, jeudi, a accepté de décharger, à sa demande, Yves Leterme de sa mission de formateur, le scénario de gestion de crise prend une tournure pour le moins innovante.

Le président du MR, Didier Reynders, par ailleurs négociateur et ex-informateur, semble avoir acquis un statut particulier. Il a été le seul président de parti à être reçu par le Roi.Sans qu’aucun communiqué du Palais le charge d’une mission quelconque, il s’est “donné” – aucune démarche royale ne vient officialiser le fait – une mission de super conseiller dans la recherche de “médiateur(s) ou “démineur(s)” ou “facilitateur(s)” ou de tout ce qu’on voudra de nature à décoincer les “peut-être futurs partenaires” de l’orange bleue. Tous jurent en effet, pour l’instant, que cette option est la meilleure.

On ne voit pas ce qui vaut à Didier Reynders cet honneur. Le Chef de cabinet du Roi, très au fait des particularités de notre vie politique, n’a pourtant pas été prépensionné, que l’on sache.

Didier Reynders, conseiller royal autoproclamé, avec la grande intelligence qui est la sienne, a donc organisé une opération footballistico-médiatique. Roulers-Standard (0-4) a donc vu – le score n’est pas lié, on veut le croire, à la négociation gouvernementale – la victoire du club wallon sur le club flamand, sans que cela ne provoque de drames dans le stade. Yves Leterme, supporter du club liégeois, comme chacun sait – comment ne pas le savoir, d’ailleurs – étant de la partie. On évitera de voir ici la preuve que le dialogue communautaire est serein.

Un pèlerinage de l’Yser plus loin, quelques déclarations musclées pour occuper le week-end ayant été faites, on n’est toujours nulle part. Leterme est parti, avant de revenir sous une forme ou sous une autre, et rien !

Les De Croo et Langendries – mais d’autres noms sont cités – sont comme des convoyeurs : ils attendent.

Reynders, seul président-négociateur consulté, est à la manœuvre. Dimanche soir, le Palais était toujours muet !