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19/10/2007

Les aventures du petit Nicolas

EDITORIAL

Ciel Radio

Par Michel Konen 

Bon ! Disons que c’est là une de ces informations que l’on dit incontournable. Elle tient en peu ligne, à vrai dire.  « Cécilia et Nicolas Sarkozy annoncent leur séparation par consentement mutuel. Ils ne feront aucun commentaire ». 15 mots. Tout est dit. A force de se mettre médiatiquement en scène, le couple présidentiel français a fini par s’y brûler les doigts. Fernand Crommelynck, dans son “Le cocu magnifique”, a dit tout ce qu’il y avait à dire de ce genre de mésaventures. Le sort de la France ne se jouera pas, on veut le croire, sur une histoire de couple somme toute banale et qui passerait inaperçue si elle ne se déroulait sous les ors de l’Elysée.

 

Quoi d’autre dans le monde ? En France, tiens, justement, Sarkozy doit affronter sa première grande grève. Les transports publics sont à l’arrêt. Lisbonne aussi avec son sommet européen qui vient de doter l’Europe d’une constitution simplifiée. Le Pakistan aussi avec le retour de Bénazir Bhutto : 8 ans d’exil, des centaines de milliers de partisans dans les rues, la promesse de ramener la démocratie dans son pays et de lutter contre l’islamisme et deux attentats qui font plus de 120 morts. Ou encore les déclarations de cet ancien prix Nobel de médecine qui crée la polémique en affirmant que les Africains sont moins intelligents que les blancs.  Et le baril  de pétrole qui s’envole à plus de 90 dollars et la Wallonie qui veut favoriser les voitures propres.

 

Allez, la marche du monde c’est, hélas, bien autre chose que les aventures du petit Nicolas.

 

03/10/2007

Le boycott, est-il l'arme fatale ?

Editorial

La Libre Belgique


Par Michel Konen

Les appels au boycott des produits de la société pétrolière française Total dans les pays occidentaux ont-ils un sens ? La mise à l'index de Total peut-elle avoir une efficacité ?

Bonne question, quand on sait que dix années de sanctions économiques et financières européennes et américaines à l'égard de la junte Birmane sont restées sans effet. La junte continue à s'enrichir scandaleusement et le peuple à s'appauvrir dramatiquement.

La société Total pèse d'un poids déterminant dans l'économie birmane. Une cessation de ses activités en Birmanie mettrait sans doute la junte sous pression. A tout le moins, Total pourrait intervenir pour infléchir la dictature vers un meilleur traitement du peuple birman.

En Belgique, le collectif "Action Pétrole en Birmanie", depuis 1999 a lancé un mot d'ordre de boycott des produits Total. Sans effet apparent jusqu'à présent.

Mais aujourd'hui que la Birmanie est à nouveau sous les feux meurtriers de l'actualité, la situation pourrait changer. On voit les pouvoirs publics étudier la manière d'écarter la société des listes de fournisseurs. Un tribunal belge pourrait être amené à se prononcer sur les activités du groupe pétrolier en Birmanie qui est accusé de crime contre l'humanité.

Et puis il y a les citoyens ! Nike a dû céder sur la question du travail des enfants. Shell n'a pas résisté au boycott massif de ses produits en Allemagne et dans les pays scandinaves alors qu'il était accusé de pollution par Greenpeace.

Les entreprises ne sont pas seulement obsédées par les volumes de vente. Elles le sont aussi par leur image de marque, par leur responsabilité sociale qu'elles se plaisent tant, de nos jours, à mettre en avant. Un appel au boycott peut être directement sanctionné par les marchés financiers, mettant les dirigeants en difficulté face à des actionnaires mécontents !

Encore faut-il pour cela que les consommateurs réagissent individuellement et suivent les appels aux boycotts. Ce qui n'est pas gagné d'avance. Car il faut bien le constater, le consommateur est un acteur économique avant d'être un acteur politique. Chacun, au nom des bons sentiments, peut souhaiter qu'une action réussisse, de là à y participer... Surtout quand le réservoir est vide et que la seule pompe en vue a pour emblème un rond multicolore !

Birmanie, le boycott Total ?

EDITO

Ciel Radio

 

Michel Konen 

 

La procédure judiciaire contre la société pétrolière française Total, pour complicité de crime contre l’humanité dans ses activités en Birmanie, a été relancée devant les tribunaux belges. Une trentaine de communes belges sont engagées dans un boycott des produits d’entreprises actives en Birmanie. Le ministre belge de l’environnement étudie la possibilité de mettre un terme au contrat qui lie les autorités au groupe pétrolier français. Jamais la stratégie du boycott commercial à des fins éthiques n’a autant été débattue qu’aujourd’hui, dans notre pays. Si le pétrolier français est dans la ligne de mire, c’est parce que son poids dans l’économie birmane est censé lui permettre d’exercer une pression maximale sur la junte birmane et amener les militaires à desserrer les liens sanglants de la répression. Mais un tel boycott est-il efficace ? Les sanctions économiques à l’encontre de la junte existent depuis dix ans et n’ont eu pour effet que de jeter la Birmanie dans l’orbite de la Chine sans vraiment améliorer le sort des populations. Alors Total peut-il réussir là où les états ont échoué ? C’est un pari qui n’est pas gagné d’avance. Mais pas perdu non plus. Encore faut-il que le mouvement de boycott fasse trembler le géant pétrolier. Est-ce possible ? Le Boycott des produits sud-africains, au bout de longues années, a porté ses fruits ; Nike a fini par céder et a imposé des conditions de productions plus respectueuses en matière de travail des enfants à ses fournisseurs ; le pétrolier Shell, face au boycott de ses produits sur les marchés allemands et scandinaves, a capitulé face aux accusations de pollution lancées à son encontre par Greenpeace. Si les sociétés internationales sont aujourd’hui sensibles aux mouvements de boycott ce n’est pas seulement parce que leurs volumes de vente risque de diminuer. C’est parce que leur image de marque est en jeu. C’est parce que cette mise à l’index de l’éthique internationale risque de faire baisser les cours des actions et mécontenter les actionnaires. C’est en cela qu’aujourd’hui le consommateur ne joue plus seulement un rôle économique mais aussi politique et éthique.