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28/10/2007

L'odyssée désastreuse de l'Arche de Zoé

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

L’enfer est décidément pavé de bonnes intentions. On reste sans voix devant l’odyssée désastreuse menée par l’ONG française L’Arche de Zoé. Devant l’absence d’explications crédibles de la part des responsables de cette organisation, non répertoriée officiellement, on ne peut manquer de songer à une évacuation sanitaire aux allures de trafic de mineurs en vue d’une adoption. Ce qui est plus étonnant encore c’est que les autorités françaises ont dissuadé les organisateurs de ce raid à plusieurs reprises. Mais elles n’ont rien fait pour l’empêcher d’agir alors qu’elles contrôlent l’aéroport tchadien ou l’avion loué pour l’occasion attendait les enfants. Mieux, il semble que l’armée française stationnée sur cet aéroport ait aidé les membres de l’Arche de Zoé à regrouper les enfants orphelins. Il est vrai que l’association avançait masquée puisqu’elle opérait sous le nom d’une autre ONG, Children Rescue. Il est incroyable cependant que toute cette opération ait pu se mener au nez et à la barbe des autorités. On suspecte donc des complicités à haut niveau. Ce qui est affligeant dans cette lamentable histoire c’est que des enfants, déjà traumatisés par la guerre qui sévit dans la région aient servi d’otages. Ce qui est affligeant c’est que des dizaines de familles, dont des belges, aient été abusées par une association sans scrupules. Les documents découverts ne laissent guère place au doute : c’est bien avec le mirage de l’adoption que l’Arche de Zoé a appâté les familles, même s’il elle s’en défend aujourd’hui. Pire, selon l’ONU et l’UNICEF les enfants concernés ne proviennent pas du Darfour ni ne sont, pour la plupart, orphelins. On veut espérer que les responsables de l’Arche de Zoé n’ont pas agi par esprit de lucre mais qu’ils se sont simplement comportés comme des imbéciles au grand cœur.  Vu l’état du dossier, c’est presque trop beau pour être vrai.

 

24/10/2007

Carte bleue pour l'immigration

EDITORIAL

CIEL RADIO

par Michel Konen

 

 

L’Europe, via son parlement et sur proposition de la Commission vient de se saisir du lourd dossier de l’immigration. Un dossier stratégique pour l’avenir du Vieux continent qui doit faire face au vieillissement de sa population. Un dossier difficile aussi et qui agite chacun des Etats-Membres. Qu’il s’agisse de la France, qui a adopté hier de nouvelles dispositions, de la Belgique, c’est un des dossiers essentiel de la négociation orange bleue, de l’Allemagne, de l’Espagne, de l’Italie, de la Grande-Bretagne, des Pays-Bas, on ne trouve pas un pays où cette question ne fasse pas la Une de l’actualité. C’est un dossier sensible, chaque état entend garder la plus large autonomie dans ce domaine. Un sujet qui charrie, bouscule les questions éthiques sur l’accueil des ressortissants d’origine étrangère. C’est donc une question au long cours que l’Europe ouvre. Et l’on aura l’occasion d’y revenir souvent dans les années qui viennent.

 

La proposition de la Commission ne traite pas de l’ensemble du dossier. Elle se limite, à ce stade, à la création d’une carte bleue, inspirée de la Green card américaine. Elle octroierait un permis de travail temporaire à des travailleurs étrangers hautement qualifiés dans des secteurs où sévissent des pénuries de main d’œuvre. Aujourd’hui, l’Europe est le continent le moins attractif pour l’appel des étrangers qualifiés qui lui préfèrent les Etats-Unis, l’Australie, le Canada. La proposition tente de concilier les impératifs économiques et les valeurs humanistes : elle offre aux travailleurs étrangers des garanties salariales et sociales, facilite le regroupement familial et tente d’éviter le siphonage des élites étrangères si nécessaire au développement de leur pays d’origine.

 

Ce n’est qu’un tout petit pas : l’immigration des plus démunis n’est même pas esquissée, par exemple. La nécessaire aide au développement des pays pauvre n’est pas envisagée dans la proposition actuelle. Le Parlement européen aura donc à enrichir ce texte.

 

Mais cette proposition a un grand mérite : elle confirme que l’Europe n’aura d’avenir qu’en s’enrichissant de sang neuf et qu’elle n’écrira son futur qu’en restant ce qu’elle a été tout au long de son histoire : un carrefour des peuples.

 

 

23/10/2007

Microsoft jette l'éponge

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

Microsoft a jeté l’éponge. Le bras de fer entre la Commission européenne et le géant américain de l’informatique durait depuis 2004. En cause : l’abus de position dominante. Le système d’exploitation Windows équipe près de 90 p.c. des ordinateurs personnels de par le monde. Microsoft refusait de donner ses petits secrets de cuisine informatique à ses concurrents. Lesquels peinaient dès lors à fabriquer des programmes parfaitement compatibles avec le célèbre système d’exploitation.

Et pour mieux noyauter le marché, Microsoft imposait de facto ses autres produits – Media Player, par exemple – en pratiquant la vente couplée. Une politique qui empêchait la concurrence. Et qui enrichissait grassement la firme de Bill Gates.

Mais la firme américaine ne voulait rien entendre : il aura fallu deux décisions de justice et des amendes phénoménales – 497 millions d’euros – pour que Microsoft plie enfin. Et, dans la foulée, la société de Redford a drastiquement revu à la baisse les droits d’utilisation de brevet et le montant des royalties qu’elle exigeait de ceux qui entendaient développer des produits informatique au départ de sa plate forme Windows.

Alors déroute pour Bill Gates. Que non. La Commission a beau prévenir qu’elle mettra Microsoft sous haute surveillance, la réalité du marché  joue toujours en faveur de l’américain. A l’exception de la petite part de marché de Mac, Microsoft jouit d’un monopole quasi absolu et rien ne dit que les petits éditeurs de logiciels pourront se faire une place au soleil.

Finalement, la menace pour Microsoft vient de l’Internet avec sa mise à disposition gratuite de programmes concurrents à ceux du groupe de Bill Gates. Et là, on voit pointer le nez de Google dont le règne sur la toile grandit chaque jour. Google, justement, la Commission européenne se demande s’il n’est pas temps, là aussi, d’agir !