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10/01/2008

Pour une larme

EDITORIAL

Ciel Radio

Par Michel KONEN

 

C’est fou comme une petite larme peut changer un destin ! Du moins s’il faut en croire les spécialistes en image. Selon eux, si Hillary Clinton l’a emporté sur son rival démocrate Barack Obama dans la primaire du New Hampshire, aux Etats-Unis, c’est parce qu’elle a « craqué » devant les cameras de télévision. Son œil humide aurait, d’un seul coup, brisé le blindage de sa carapace. En un mot, elle serait devenue humaine.

 

Tout se serait donc joué sur l’émotion.

 

C’est peut-être allé un peu vite en besogne. Les mêmes spécialistes assuraient encore, la veille du scrutin, que l’affaire était pliée : la révélation de cette campagne, Obama, allait terrasser, sans coup férir l’ancienne première Dame. Les sondages, n’est-ce pas, étaient unanimes là-dessus. Les sondeurs devront revoir leur copie. Rien de tel qu’un vrai vote pour prendre la température du peuple.

 

Quoiqu’il en soit, voici donc l’ancienne locataire de la Maison Blanche désormais bien relancée dans la course présidentielle. Le débat, côté démocrate, s’annonce passionnant. Il porte en lui la promesse du changement. Ce face-à-face oppose en effet deux candidats inédits : une femme et un homme de couleur.

 

Hillary Clinton a pour elle l’expérience du pouvoir. Barack Obama, qui a un véritable charisme, joue sur sa jeunesse, sur son côté homme neuf, pas encore usé par la pratique politique.

 

Les campagnes électorales américaines sont longues et dures. La lutte est sans merci. Seuls émergent les plus forts. Il est trop tôt aujourd’hui pour dire qui l’emportera. Mais ces deux-là se détachent du lot et feront, à coup sûr, la course en tête.

 

 

05/01/2008

Paris-Dakar, al Qaeda a gagné !

EDITORIAL

LA LIBRE BELGIQUE

Par Michel Konen

 

 

Les intérêts en jeu sont considérables : le Dakar, c’est une espèce de fête païenne dédiée à la déesse Automobile. Avec ses grands prêtres, ses servants et ses esclaves. Avec ce qu’il faut de rêves, de (pseudo-) aventure, de “beautiful people”. Un vrai fantasme pour service de marketing.

 

Mieux, cette “compétition” se donne bonne conscience : elle distribue, dans les villages africains qu’elle traverse à vive allure, du matériel d’aide aux populations locales. Il ne faut cracher sur rien mais en matière d’aide au développement, il est des méthodes plus efficaces et plus respectueuses.

 

Il faut le dire, cette caravane pressée de haute technologie est avant tout une vitrine – la plus belle ? – d’un Occident qu’on dirait peuplé d’enfants gâtés et qui se font d’abord plaisir à eux-mêmes

 

Et ne parlons pas des dégâts environnementaux en cette période de réchauffement climatique. Ces véhicules n’ont même pas l’alibi de rouler plus “vert”. En somme, une compétition anachronique !

 

On l’aura compris, nous ne verserons pas une larme sur l’annulation du Paris-Dakar.

 

Et pourtant… Les conditions qui ont conduit les organisateurs à annuler l’épreuve sont inacceptables. Elles constituent une défaite dans la lutte sans merci à laquelle se livrent les démocraties et les terroristes islamistes.

 

Il a suffi que les hallucinés d’al Qaeda menacent pour que l’épreuve soit annulée. Et les organisateurs n’avaient guère le choix : pressés par le gouvernement français, ils ont donné la priorité à la sécurité. L ’application pure et dure du principe de précaution. On ne peut leur donner tort.

 

Mais, ce faisant, ils ont aussi donné la victoire aux “fous de dieu”. Et ceux-là ne manqueront pas d’en tirer un prestige supplémentaire auprès de tous ceux que fascine l’islam radical.

 

Le hasard fait qu’en Belgique, cette nuit, le trafic ferroviaire a été perturbé et de grandes gares évacuées : alerte à la bombe. Mauvaise plaisanterie ? Sans doute. Mais dans le climat d’insécurité actuel – état d’alerte de niveau 3 – le principe de précaution a lui aussi été appliqué.

 

Il nous faudra éviter de sombrer dans la paranoïa, et dans la peur. Les terroristes ne doivent pas gagner cette bataille-là.

 

 

03/11/2007

Les têtes brûlées de l'humanitaire

Editorial

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Chaque jour qui passe apporte son lot de révélations. Qui ne font que compliquer davantage le dossier de "L'Arche de Zoé". Les procédés utilisés par l'ONG française laissent perplexes quant à la pureté de ses intentions et soulèvent plus de questions qu'elles n'apportent de réponses.

Tout semble avoir dérapé dès le lancement de cette opération. L'ONG a joué, dès le début, sur l'ambiguïté entre familles d'accueil et familles d'adoption pour recruter des "clients" en France. Et tout a continué à l'envi. Les enfants visés devaient être orphelins : ils ont, pour l'immense majorité d'entre eux toujours de la famille; les enfants à sauver devaient provenir du Darfour soudanais : ils proviennent quasi tous du Tchad; selon les documents transmis aux autorités tchadiennes, les enfants devaient être regroupés dans un centre de regroupement d'urgence avec poste médical avancé dans l'est du Tchad : en réalité tout avait été préparé pour les exfiltrer par avion vers la France; les membres de "L' Arche de Zoé" cachaient leur raison sociale : au Tchad, ils opéraient sous le nom de Children Rescue.

De quelles fariboles - de quels mensonges ? - ont usé les responsables pour entraîner dans leur folle équipée sauvage un équipage espagnol, un pilote belge et trois journalistes ? L'irresponsabilité des responsables de "L'Arche de Zoé" est ici totale. Quand bien même l'opération aurait permis d'acheminer les enfants en France, jamais le gouvernement français n'aurait pu cautionner ce qui est et reste un rapt d'enfants.

Le dossier, tel qu'il apparaît à ce jour, est un véritable réquisitoire. Lourd, très lourd. Il ne suffira pas, comme l'affirment déjà les avocats des détenus, de dire qu'il ne s'agit pas de voyous mais de rêveurs, des jusqu'au-boutistes humanitaires qui ont trébuché sur leurs rêves.

S'il est un domaine dans lequel il n'est nul besoin de têtes brûlées, c'est bien celui de l'humanitaire qui implique, au contraire, de travailler dans la plus grande transparence. Le droit à l'ingérence n'est pas le droit au n'importe quoi, n'importe comment. La volonté de réussir "un coup" médiatique met en danger ceux qui oeuvrent, dans des conditions parfois excessivement difficiles, dans les zones les plus dangereuses du monde. C'est aussi avec la vie de ceux-là que "L'Arche de Zoé" a, stupidement, joué.

13:05 Publié dans International | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : Adoption, Tchad