Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

26/06/2008

Pékin, le Prince Philipe, seul !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Dans la course à l’hypocrisie, le gouvernement Leterme remportera sans nul doute la médaille d’or. Au terme d’un de ces compromis qui n’appartiennent qu’à notre pays Leterme Ier a donc décidé d’envoyer le Prince Philippe à la cérémonie d’ouverture des jeux de Pékin. Mais il ira seul. Tout seul.

 

Le cynisme étant à la mode ces temps-ci, le ministre des Affaires étrangères Karel De Gucht précise que le Prince, contrairement au Roi, n’a pas besoin d’être couvert par un ministre. Tout juste s’il ne va pas nous dire qu’il s’agit d’une initiative personnelle du Prince. Cette formule serait, paraît-il, un « geste fort »  pour marquer les réserves de la Belgique par rapport à la politique des droits de l’homme en Chine. L’homme qui parle haut et fort au Congo avait pourtant observé un pesant silence lors de l’inauguration, il y a un mois, de la monumentale statue offerte par la Belgique à la ville de Pékin.

 

Un Etat n’est pas une ONG. Et si l’on attend de la Belgique quelle reste ferme sur les droits de l’homme bafoués en Chine ou ailleurs, on attend aussi qu’elle défende ses intérêts  dans un pays qui, chaque jour, prend de plus en plus d’importance sur l’échiquier politique et économique mondial. La croissance économique et l’ouverture de la Chine au commerce mondial conduisent - lentement, trop lentement, mais sûrement - chaque jour un peu plus ce pays à se démocratiser. Il n’y a donc aucune raison de boycotter les JO qui seront une autre occasion de faire progresser les libertés dans l’empire du Milieu. En se défaussant lâchement sur le Prince, Leterme Ier n’assume pas ses responsabilités.

 

Le Prince Philipe seul, donc !

 

Ah non. Yves Leterme en sera aussi. Mais à titre privé. Comme supporter. Un rôle qu’il sait tenir, celui-là. A titre tellement personnel que sa présence à Pékin ne coûtera pas un sou au budget de l’Etat. Ce n’est pas qu’il y va de sa cassette personnelle : il est invité par le Comité olympique et interfédéral belge. Pas comme Premier ministre, évidemment. Comme un simple vainqueur de tombola, sans doute !

 

Quand on veut faire dans le minable, pas de doute, nous sommes imbattables.

 

Le Prince, seul, pour représenter le pays. Et le citoyen Leterme, seul, pour son propre plaisir.

 

La médaille d’or, je vous dis !

 

 

04/06/2008

Obama !

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Une page est tournée dans la course à la présidence des Etats-Unis. Elle sonne le glas pour Hillary Clinton. Malgré une victoire dans la dernière primaire organisée dans la Dakota du Sud, elle doit se retirer, même si elle n’a pas encore déclarer officiellement forfait. C’est Barak Obama qui est désormais assuré, mathématiquement, de l’investiture du parti démocrate. Elle ne sera pas la première femme à briguer la magistrature suprême, il sera le premier candidat noir d’un grand parti à la Présidence.

 

Il y a six mois, personne n’aurait parié sur la victoire du jeune sénateur de l’Illinois tant Hillary Clinton paraissait hors d’atteinte dans les sondages. Mais l’expérience du pouvoir dont elle se prévalait n’aura pas résisté au vent de fraîcheur et de nouveauté qui portait Barak Obama. Durant six mois, le parti démocrate s’est déchiré autours de ces deux personnalités. Cette lutte à couteaux tirés condamne-t-elle la victoire face au Républicain John Mc Cain ? C’est la question que se pose avec angoisse les responsables démocrates. Les clans Obama-Clinton sont-ils irréconciliables ? Ou, au contraire, la lutte entre ces deux personnalités va-t-elle galvaniser les troupes pour la dernière ligne droite ? C’est désormais à Obama de montrer qu’il est capable de rassembler au-delà de ses partisans.

 

Hillary Clinton pourrait rester dans la course comme numéro deux. Il se murmure de plus en plus qu’elle pourrait rallier Obama pour former avec lui la dream team dont rêvent sans doute beaucoup d’américains démocrates: lui à la présidence, elle à la vice-présidence.

 

Le ticket paraît séduisant. Reste à savoir si deux personnalités aussi fortes et différentes peuvent s’accorder. A priori, on voit mal Hillary Clinton, femme de pouvoir s’il en est, accepter de jouer les seconds rôles.

 

 

26/05/2008

Congo, nouvelle tuile communautaire

EDITORIAL

Radio Ciel

par Michel Konen

 

 

Il ne manquait plus que cela : voilà que le différent communautaire entre le nord et le sud s’insinue dans la politique extérieure du pays. On sait que Karel De Gucht pratique volontiers la diplomatie de l’éléphant. Il dit tout haut ce que tout le monde pense tout bas. Pas en toutes circonstances cependant : lorsqu’il s’agit de la Chine, notre bouillant ministre des Affaires étrangères joue la prudence verbale. Avec la République démocratique du Congo, par contre, il donne libre cours à des analyses certes décoiffantes mais qui ont pour résultat de crisper les relations entre les deux pays. Il y a moins d’un  mois il dénonçait, à Kinshasa, ceux qui bénéficient «  de privilèges fabuleux et ceux qui n’hésitent pas à sacrifier le bien-être de la population pour leur enrichissement personnel ».

 

Depuis, Karel De Gucht a remis le couvert, estimant, compte tenu de l’aide apportée au Congo, que la Belgique avait « l’obligation morale » de prendre position sur ce qui se passe dans ce pays. Résultat : ambassadeur congolais rappelé, consulat fermé…

 

Nul ne conteste qu’en effet la Belgique doive veiller à ce que l’aide parvienne bien à ceux qui en ont besoin plutôt que d’enrichir les sangsues du régime congolais. Et le gouvernement a encore récemment confirmé que telle était bien sa volonté unanime. Mais Karel De Gucht a une manière humiliante, pour ne pas dire insultante, de dire les choses. Le MR, tout comme le PS, lui ont demandé d’observer une plus grande réserve verbale. Réponse énervée de De Gucht : « j’ai l’impression que les francophones pensent toujours que le Congo est la dixième province belge sur laquelle on ne peut rien dire ». Et d’ajouter : « ceux qui me critiquent risquent de mettre en cause la politique extérieure du pays » avant de conclure « tous les partis flamands sont d’accord avec ma position ».

 

Déclaration étrange : un ministre des Affaires étrangères n’est pas là ni pour exprimer, sur le fond comme dans la forme, ses opinions personnelles et moins encore celles de sa communauté linguistique. On attend de lui qu’il agisse pour régler les problèmes plutôt que d’en créer.

 

Yves Leterme va devoir arbitrer. Et il n’aime pas cela. Il a demandé des rapports. Il attend.