Blogs Lalibre.be
Lalibre.be | Créer un Blog | Avertir le modérateur

13/12/2007

Dites Traité, ne dites plus Constitution

EDITORIAL

CIEL RADIO

Par Michel Konen

 

D’accord, le traité européen que 27 chefs d’Etat et de gouvernement vont signer aujourd’hui à Lisbonne manque de lustre et de prestige. Le nom d’abord : Traité. Constitution, ça vous avait quand même une autre allure ! Mais, précisément, cette Constitution les Français et les Néerlandais, qui, en 2005, s’exprimaient par référendum, n’en avaient pas voulu.

 

Le peuple ayant donc rejeté la Constitution et puisqu’on ne peut changer le peuple, on changea donc le texte. Et, pour commencer, tout ce qui de près ou de loin, peut ressembler à un symbole, fut soigneusement éradiqué de ce texte fondateur. Exit le drapeau, le jour de fête européen, l’hymne officiel, etc.

 

La Convention présidée par Valery Giscard d’Estaing avait travaillé avec le décorum qu’aime tant l’ancien Président de la République française. Rien de tout cela pour le Traité. On en est revenu à une bonne vieille méthode, sûre et éprouvée : celle des marchands de tapis, assortie de menaces, psychodrames, reculades diverses et solutions alambiquées.

 

A l’arrivée un texte dense, illisible pour la plupart des citoyens, qui reprend quasiment tous les acquis de la défunte Constitution. Un traité important, qui doit donner à l’Europe une meilleure efficacité dans son fonctionnement, qui trace des voies vers une Europe sociale, qui enregistre des percées en matière de justice, de sécurité, de libertés.

 

En France comme aux Pays-Bas, les hommes politiques réalisent un véritable exploit : ils expliquent d’une part qu’il n’y a plus dans ce texte de vrais transferts de compétences, qui avaient justifier les consultations populaires, et d’autre part que le nouveau traité reprend tout le contenu de Constitution abandonnée.

 

Plus question dès lors de recourir à un referendum, des fois que le peuple se tromperait à nouveau. C’est aux parlements nationaux qu’il appartiendra d’emballer le cadeau. Sauf en Irlande. Et reste, mais peut-il en être autrement, le cas de la Grande-Bretagne ou le Premier ministre risque de se faire imposer le referendum par l’opposition. Tout n’est donc pas encore gagné.

 

Au fait, ce nouveau traité, dans sa forme, sa procédure, son illisibilité a quelque chose de très belge. Un vrai texte de compromis.