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18/02/2008

Kosovo, le futur reste à écrire

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Par centaines, des drapeaux rouges frappés de l’aigle noir qui claquent au vent. Chants, musiques, dansent populaires et feux d’artifices. L’Europe vient de s’enrichir d’un nouvel état. Le Kosovo s’est autoproclamé indépendant ce week-end. Une déclaration qui intervient après dix années de lutte armée et 10.000 morts. Une déclaration qui met aussi un terme définitif à cette fiction que fut, durant 47 ans, la Yougoslavie de Tito. Mais la partie n’est pas gagnée pour autant. La Serbie reste fermement opposée à cette indépendance qui la prive de son berceau historique, même si elle a promis une opposition pacifique. Les dirigeants kosovars assurent vouloir un Kosovo démocratique, libre et respectueux des minorités. Mais les années de répression et de massacres risquent de laisser plus que des rancoeurs dans une région que l’on sait prompte à s’enflammer. Ibrahim Rugova, le père de la nation, décédé il y a deux ans,  par son action pacifiste a mis les Etats-Unis et une bonne partie des pays européens dans son camp. Son héritage politique est le meilleur atout pour que ses successeurs donnent un avenir à cette terre de combats et de drames. Le Kosovo attend beaucoup de l’Union européenne qu’il espère bientôt rejoindre. Celle-ci a pris une grande responsabilité et va devoir démontrer qu’elle peut aider le Kosovo à devenir un pays « normal ». De même elle devra aider et intégrer la Serbie de l’après Milosévic. Une Serbie qui ressent cette indépendance comme une humiliation. Cette mission sera longue, difficile, coûteuse mais noble. Elle se heurtera à bien des obstacles. A commencer par l’opposition de la Russie qui voit dans le Kosovo comme un appel aux aspirations nationalistes dans le Caucase. Le futur du Kosovo reste à écrire !

 

24/01/2008

Le climat, combat mobilisateur

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

 

Trois Euros par semaine et par personne, voilà l’effort demandé à chaque européen d’ici 2020 pour lutter contre le réchauffement climatique. Hier l’Europe s’est engagée à réduire ses émissions de CO2 de 20 p.c.. C’est moins bien que ce qu’espérait les nobelisés du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat. Mais l’objectif reste ambitieux et, sans doute, plus réaliste. Il faudra déjà beaucoup d’effort pour l’atteindre.

 

La Belgique, en particulier, qui a vainement tenté d’affaiblir les efforts à consentir, devra prendre le taureau par les cornes pour réduire sa dépendance aux combustibles fossiles et nucléaires. Jusqu’ici, notre pays ne s’est pas distingué par ses performances environnementales. Il se situe à la 57ème place, sur 149 pays. On voit le chemin qui reste à parcourir. Et voilà qui explique les inquiétudes des industriels belges qui estiment que les objectifs fixés sont irréalisables.

 

Il faudra donc que notre pays retrousses ses manches et aborde ce challenge de manière positive et volontaire. L’Europe montre sa volonté de laisser aux générations futures une planète propre. La Commission veut faire partager sa conviction que la lutte pour l’environnement est aussi un réservoir d’espérance : la lutte pour l’environnement peut aussi créer la croissance, être un nouveau gisement d’emploi et de bien-être. L’Europe, et en son sein la Belgique, se doivent, pour conserver leur crédibilité, de réaliser, voire faire mieux, que les objectifs assignés. Les européens se cherchaient un combat commun pour sortir de la morosité et remobiliser les citoyens : ils viennent peut-être bien de le trouver.

 

 

17/01/2008

Erika, un jugement pour l'avenir

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel KONEN

 

Que peut bien valoir la mort d’un oiseau, d’un coquillage, la destruction d’un paysage ou d’un fond marin ? Jusqu’à présent seules les conséquences économiques objectivement chiffrables pouvaient être indemnisées. Par exemple la perte de chiffre d’affaire du secteur hôtelier suite à une pollution dans une zone touristique, ou encore l’anéantissement  d’un parc à huîtres ou à moules par une marée noire.

 

Mais la nature elle-même n’avait pas de prix, si l’on peut dire. Ce n’est plus le cas depuis hier. En France du moins. Car le jugement rendu par le tribunal correctionnel de Paris dans l’affaire du pétrolier Erika introduit, pour la première fois, la notion de « préjudice écologique ».

 

Cette décision pourrait faire jurisprudence et permettre à l’avenir à des associations de se porter parties civiles lorsqu’elles considèreront qu’une atteinte a été portée à l’environnement sans que, pour autant, des intérêts économiques aient été lésés. Dans le cas de la marée noire provoquée par le naufrage de l’Erika, ce préjudice écologique a bénéficié à la Ligue pour la protection des oiseaux.

 

Le jugement est exemplaire et historique : pour la première fois un tribunal a reconnu le vivant qui n’a pas de valeur commerciale.

 

Si cette jurisprudence est confirmée, car les  industriels pollueurs feront sans doute appel, un progrès considérable aura été accompli en matière de protection de la nature et de l’environnement. Cette jurisprudence trouverait à s’appliquer dans tous les cas de pollution industrielle et non pas aux seules marées noires.

 

Un jugement qui va dans le bon sens, celui d’une responsabilisation accrue du monde industriel et de la préservation du monde dans lequel nous vivons.