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04/10/2007

Chômage en Wallonie : moins 10 p.c.

EDITORIAL

CIEL RADIO

04.10.07

 

On n’a pas tous les jours l’occasion de commenter ce que l’on appelle une bonne nouvelle. Alors, ce matin, ne boudons pas notre plaisir. La bonne nouvelle en question concerne le chômage. Pour être plus précis, la baisse du chômage. En Wallonie. Moins 10,4 % par rapport à septembre 2006. Vous avez bien entendu : le chômage a baissé de plus de 10 % en un an.

On ne peut que s’en féliciter. On ne peut que s’en réjouir.

Une nouvelle qui tombe à pic au moment ou francophones et flamands négocient la formation d’une toujours hypothétique orange bleue. Une nouvelle qui vient démentir cette vision qu’une certaine Flandre a d’une Wallonie qui ne cesse de s’enfoncer dans la crise et qui ne fait rien pour s’en sortir.

Créditons le plan Marshall, pour une petite part. Et aussi, évidemment la croissance économique.

Plutôt que l’affligeant spectacle donné hier encore au Parlement wallon par les élus socialistes à qui la proposition de Marie Arena de discuter entre francophones d’un avenir commun reste en travers de la gorge, les élus wallons auraient du mettre leur énergie à analyser cette nouvelle et voir comment amplifier encore le mouvement.

Car il ne faut pas se leurrer : un arbre ne cache pas la forêt. Derrière la baisse du nombre de demandeur d’emploi, la situation reste sombre, très sombre.

 La région wallonne compte toujours 211.792 demandeurs d'emploi  et 24.754 jeunes en stage d'attente, soit un total de 236.546 personnes, Cela veut dire : 16% de la population active.

Des chiffres qui donnent le tournis. Et ceux-ci plus encore.

Parmi ces personnes, 53,6 % sont des femmes, 39,7 % sont âgés de moins de 30 ans, 51,5 % n'ont pas dépassé le niveau de l'enseignement secondaire de second degré et 44,6 % ont une durée d'inoccupation de plus de 2 ans.

On peut se réjouir du chemin parcouru mais on ne peut s’en satisfaire. La route est encore longue et semée d’embûches. Allons Messieurs, le travail n’est pas terminé. En route !

 

02/10/2007

La mayonnaise tourne-t-elle ?

Editorial

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Yves Leterme n'a décidément pas de chance. A peine revient-il aux affaires que, patatras !, voilà que ses "peut-être futurs partenaires" sont atteints du syndrome des grilles de Val Duchesse. Au lieu de garder ce silence qui a si bien réussi à la mission de l'explorateur Herman Van Rompuy, voilà qu'on les retrouve se répandant dans les médias.

Pour dire le vrai, c'est Joëlle Milquet qui a commencé. Dimanche, rompant l'accord, elle a commenté le communiqué du Palais sur ce qu'il fallait entendre par "suffisamment de convergences pour permettre la reprise des négociations". Qu'importe ce qu'elle a dit, au juste. Ce qui compte ici c'est la manière dont ce qu'elle a dit a été perçu.

"Madame Non" a donné l'impression d'être celle qui avait terrassé le dragon de la réforme institutionnelle, celle qui avait fait plier le CD & V/NV-A sur le terrain communautaire.

Elle qui avait jusque-là mené un parcours sans faute vient brutalement, en franchissant le mur du silence, de commettre une gaffe de dimension.

Quand bien même elle aurait remporté la bataille de la réforme de l'état, il était maladroit de le claironner. Son parti frère, après tout, avait besoin de temps pour faire passer la pilule au nord du pays.

Herman Van Rompuy, passé du statut d'explorateur à celui d'encadreur - entendez gardien du cadre de la mission qu'il a menée et des acquis de celle-ci - a dû sortir du bois bien plus tôt qu'il ne l'imaginait. Il a fait savoir, via son porte-parole, qu'il n'existait aucun accord écrit, signé et moins encore liant les partis concernés. Il n'existe, pour reprendre son expression, que des "non paper". Qui ne sont pas de sa main de surcroît.

Ce lundi, donc, premier jour de la mission d'Yves Leterme, n'aura pas vu l'orchestre des "peut-être futurs partenaires" jouer la mélodie harmonieuse. Le nouveau chef d'orchestre n'étant pas encore en place, les musiciens ont joué chacun leur partition. Résultat : une belle cacophonie à laquelle nul n'entend plus rien. Le citoyen, perplexe, s'inquiète. "Hé quoi, se dit-il, la mission Van Rompuy, en fin de compte n'a donc servi à rien ? Samedi on nous parlait de convergences, lundi on nous dit qu'il n'y a d'accord sur rien ! Allez comprendre."

La mayonnaise a peut-être commencé à tourner. Il faudra une main de cuisinier habile pour la rattraper. Yves Leterme sera-t-il ce cuisinier-là ? Il le faut s'il veut sauver son "peut-être futur gouvernement".

01/10/2007

Le formateur aura besoin de l'encadreur !

Editorial La Libre Belgique

01.10.07


Par Michel Konen

 

L'explorateur, enfin !, n'explore donc plus. Le Roi a mis fin à sa mission. Le Souverain estime qu'il existe désormais assez de points de convergence pour passer à la vitesse supérieure. Il a remis en piste Yves Leterme dans le rôle de formateur.

Mais la partie s'annonce d'ores et déjà délicate. On ne sait pas exactement ce que contient la note de l'explorateur. Si ce n'est qu'elle délimite une "méthode" de travail et un "phasage" de la réforme de l'état. On sait aussi que l'explorateur a réussi à créer un climat de confiance entre les chefs des différentes tribus. Ce n'est pas rien mais tout cela reste très fragile.

Pour s'en convaincre, il suffit d'entendre les différents chefs des tribus oranges et bleues. Dans la plus pure tradition politique belge, l'encre de l'accord passé par les "peut-être futurs partenaires" n'est pas encore sèche que chacun y va de son interprétation.

L'explorateur a délimité le terrain sur lequel les tribus sont invitées à planter les graines de l'orange bleue. Mais le terrain reste miné. Et si les chefs acceptent désormais de se réunir en pow-wow, ils n'en sont pas à fumer le calumet de la paix. Leurs troupes restent tapies dans la jungle, en bordure du terrain à cultiver, prêtes à en découdre.

Sans parler de la tribu rouge, qui se veut soudainement plus catholique que le Pape et tente d'allumer des feux de brousse de diversion dans un petit coin connu sous le nom de Fourons, autrefois haut lieu de la résistance des tribus sudistes.

L'explorateur, Herman Van Rompuy, est appelé à jouer un rôle décisif dans la négociation qui s'annonce. Il sera le garant du respect de la lettre et de l'esprit de l'accord-cadre qu'il a présenté à Albert II. Il sera "l'encadreur", celui qui veillera à ce que la partie se joue dans le terrain, qui sifflera les fautes de main, les tackles fautifs et les hors-jeu. Et, on peut en être certain, il y en aura !

Yves Leterme oeuvrera donc sur un terrain balisé. Le match, y compris sur le terrain socio-économique, n'est pas gagné d'avance en ce qui le concerne. Monsieur 800 000 voix - récoltées en Flandre, uniquement - a gâché beaucoup de son crédit en se comportant comme un ministre- Président flamand en terrain conquis. On attend de lui qu'il adopte désormais uns stature fédérale. Celle d'un homme capable de trouver les compromis au bénéfice de toute la population du pays.

En sera-t-il capable ? Nous serons vite fixés. Lui, en tout cas, joue sa dernière carte. L'histoire ne repasse pas deux fois les plats.