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08/10/2007

Tout le monde s'engueule

EDITORIAL

Ciel Radio

08.10.07 

 

 

Tout le monde engueule tout le monde. Maingain - MR tendance FDF -engueule Milquet CDH, lui reprochant de capituler sur le terrain communautaire. Deprez, MR tendance MCC, engueule Maingain qui ne serait qu’un pyromane maladif. De l’autre côté de la frontière linguistique c’est De Gucht, ci-devant ministre libéral flamand des Affaires étrangères qui engueule Bart De Wever, président des nationalistes de la NV.A : il estime qu’il devra atterrir sur le ventre en matière institutionnelle. Ce qui vaut à De Gucht d’être accusé de déloyauté par le président du CD&V qui en profite pour demander à l’Open VLD de clarifier sa position. Et les bleus flamands de soutenir De Gucht du bout des lèvres assurant que, oui !, ils exigent la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde et une grande réforme de l’Etat. Comme tous les autres flamands. Ca c’est pour les engueulades entre soi si l’on ose dire.

 Mais les boulets volent aussi au-dessus de la frontière linguistique : De Wever, de la NV.A, truciderait volontiers Maingain, du MR-FDF, qui exige la nomination par le gouvernement flamand des quatre bourgmestres de la périphérie en préalable à toute négociation communautaire. Ajoutons à tout cela, pour faire bonne mesure, les agités de l’extrême droite flamande du Voorpost qui brûle le drapeau national à Rhode-St-Genèse.

 

 Vendredi les négociateurs de la peut-être future coalition orange bleue se quittaient sans avoir réussi à nouer un accord sur le dossier du droit d’asile et de l’immigration. La bouche en cœur, ils mettaient en avant la bonne ambiance des discussions, la confiance qui revenait. Même Yves Leterme paraissant devant les cameras semblait moins tendu qu’à d’habitude.

 Les bonnes résolutions n’auront pas tenu le week-end. Quelle est dure à respecter la loi du silence ! C’est que cette fois la vraie négociation a commencé : désormais, ce n’est plus de « non-papiers » qu’il est question. Les négociateurs jouent pour du vrai.

 Et, sans parler du communautaire, le plus dur reste à venir. Il va lui en falloir du talent à Leterme s’il veut faire germer l’orange bleue. Le début de confiance en réalité, n’est pas encore là : les négociateurs redoutent que les inévitables compromis soient des défaites en cas d’échec du formateur. Ils ne parient pas encore sur la réussite de la mission de Leterme.

06/10/2007

Pas un accord, mais un “non-papier”

EDITORIAL

LA LIBRE BELGIQUE

 

Donc, c’était au temps où l’explorateur explorait encore. Le vendredi 28 septembre, pour être précis. Les chefs de tribu étaient réunis autour de l’explorateur. Parmi eux, la cheffesse de l’une des tribus francophones faisait office de scribe.

Elle notait tout pour que la mémoire des choses ne se perde pas. Scrupuleusement, elle avait au cours des semaines précédentes amendé les textes initiaux, enregistrant ainsi les ébauches de compromis.

Ce texte, qui met en lumière un certain nombre de convergences, devait, évidemment, rester secret. Car les compromis ne seraient-ils pas jugés comme autant de trahisons au Nord comme au Sud ? Par exemple, l’acceptation par les tribus flamandes de “phaser” la réforme de l’Etat en plusieurs étapes ne serait-elle pas vécue comme une capitulation en rase campagne ? Et ne dirait-on pas aux chefs des tribus francophones qu’accepter les régions dans les organes de la S NC B revenait  à manger sa parole ?

Il fallait encore baliser le terrain sur lequel la culture de l’orange bleue serait tentée : la scribe retint donc des rapprochements dans les domaines comme la fiscalité, la sécurité sociale, l’emploi, etc. Le sort de la parcelle, fort disputée, de Bruxelles-Hal-Vilvorde ne fut pas évoqué autour de la table.

Au bout du compte, les tablettes sur lesquelles étaient couchés les résultats des discussions ressemblaient fort à un pain d’explosif à haut pouvoir de destruction. Il convenait donc de se montrer extrêmement discret. Et il fut donc considéré que ces textes seraient des “non-papiers”, comme les appellerait plus tard l’explorateur.

Des non-papiers, non signés et, donc, ne liant pas les négociateurs. Chacun devant pouvoir garder les mains libres pour le cas où les choses tourneraient mal. Les notes de la scribe n’ont donc pas d’existence. Sauf qu’elles existent.

Le Roi, tenu au fait de tout cela, observa donc, samedi soir 29 septembre, qu’il existait suffisamment de convergence pour entamer les négociations.

Le dimanche, Joëlle Milquet, scribe  et cheffesse des oranges humanistes, sans rien dire de la teneur de la non-note, en disait suffisamment, en parlant de “cadre limité”, pour mettre le CD &V/N-VA en émoi.

Tout faillit capoter avant de s’arranger puisqu’une non-note n’existe pas, même si elle existe bel et bien. Et, qu’on le veuille ou non, qu’elle montre le chemin parcouru.

05/10/2007

La négociation a commencé

EDITORIAL

CIEL RADIO

par Michel KONEN 

 

 

Yves Leterme se rend  chez le Roi aujourd’hui. Il y fera un premier rapport sur sa mission de formateur. Après quoi il retrouvera ses petits camarades de l’orange bleue. Et il espère boucler durant le week-end un premier dossier, celui de l’asile et de l’immigration.

On nous l’a changé. Leterme revu et corrigé ne semble plus avoir qu’un lointain rapport avec Leterme appellation CD&V d’origine contrôlée.

Pendant que Van Rompuy explorait, le champion des voix de préférence en Flandre a réfléchi sur les raisons qui avaient conduit dans l’impasse  sa première tentative de former un gouvernement. Et l’homme en a tiré les leçons.

Le lieu d’abord. Fini la sinistre vie de château à Val Duchesse. Vive les ors du Sénat.

Le silence ensuite : la nouvelle mission d’Yves Leterme avait commencé dans la cacophonie. Il y a rapidement mis bon ordre. Depuis, silence radio. Le formateur et les négociateurs se taisent. Dans toutes les langues. Le temps des règlements de compte à coups de petites phrases assassines paraît révolu.

Le style enfin. Le formateur a manifestement identifié son problème de déficit d’image auprès des francophones. Perçu comme arrogant et flamingant il a entrepris une opération charme. Depuis une semaine, il pratique, dans la discrétion, l’ouverture auprès de la presse francophone.

Résultat des courses : pour la première fois son équipe donne vraiment l’impression de travailler.

Il est évidemment  trop tôt pour préjuger du résultat final. Les sujets qui fâchent – le communautaire – ne sont pas encore sur la table.

Mais, pour la première fois, l’impression d’une météo politique favorable est perceptible. La négociation en vue de la formation d’un gouvernement a vraiment commencé.