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10/10/2007

Une hirondelle ne fait pas le printemps

EDITORIAL

CIEL RADIO

Michel Konen 

 

 

 

 

Un optimisme modéré. C’est l’impression qui est de mise après le premier accord engrangé par l’orange bleue à propos de la politique d’asile et d’immigration.

 

Trois choses essentielles ont eu lieu : Leterme est sorti de la spirale de l’échec et démontré,  cette fois, qu’il était capable de concilier des positions divergentes entre partenaires. Ensuite, Joëlle Milquet, qui passait pour le vilain petit canard de la bande, a démontré qu’elle était capable d’accepter un compromis. Enfin, les quatre partenaires donnaient vraiment l’impression d’avoir réalisé un travail collectif et se réjouissaient ensemble du chemin parcouru. Tout cela ne fait pas un gouvernement. Mais c’est un premier pas.

Confirmation de tout cela cette nuit. A l’issue d’un premier tour de table consacré à la Justice, le baromètre des négociateurs restait au beau fixe. On était loin des échanges de noms d’oiseau devant les grilles de Val Duchesse.

 

La rentrée parlementaire s’est donc déroulée de manière sereine pour les peut-être futurs partenaires. Le parti socialiste, qui avait annoncé une opposition musclée, a donc tiré, comme il se doit, à boulets rouges. Manquant d’ores et déjà sa cible et même se tirant une balle dans le papier. Ses critiques ressemblaient étrangement au catalogue de ses propres manquements au cours des législatures où il occupait le pouvoir.

 

En test cette après-midi, le CD&V/NV.A. La commission de l’Intérieur se réunit à nouveau. Avec à l’ordre du jour, le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Les chrétiens démocrates flamands, et nul ne doute que tel sera bien le cas, devront se débrouiller tout seuls pour obtenir, une nouvelle fois, le report du vote sur ce dossier qui enflamme les esprits du nord du pays. Un report indispensable s’ils ne veulent pas torpiller leur formateur.

 Pour l’instant, donc, tout va bien pour l’équipage Leterme Mais une hirondelle ne fait pas le printemps et, comme chacun sait, la météo politique est très changeante.

09/10/2007

Orange bleue : grandir ou mourir !

Editorial

La Libre Belgique


Par Michel Konen

Demain, il y aura quatre mois que le pays vit sans gouvernement. Le monde ne s'est pas écroulé, certes.

Les voix se multiplient aujourd'hui, partout, pour dire que la crise a assez duré. Que l'absence de gouvernement commence à produire des effets pernicieux et dommageables pour le pays.

Nos voisins, nos partenaires européens observent eux aussi, interloqués et inquiets, l'évolution de la Belgique, pays qui se gargarise d'être la capitale de l'Europe : les uns ont déjà tiré un trait sur une "Belgique accident de l'histoire", les autres comprennent mal nos forces centrifuges au moment où l'enjeu est d'accorder 27 pays entre eux.

Quatre mois ! La chose, n'aurait rien de dramatique si des progrès avaient été enregistrés. C'est là le noeud du problème. A ce jour les coureurs sont toujours dans les starting-blocks. Jusqu'ici on n'a vu que des séances d'échauffement. On ne sait même pas s'ils se sont engagés dans la même course.

Quatre mois ! Et rien, ou si peu ! L'arithmétique politique privilégiait l'option orange bleue. Et, en 120 jours, aucune autre combinaison n'a été recherchée. Le bilan est donc d'autant plus désespérant. Et inacceptable.

Voici enfin, depuis une semaine, que les négociateurs ont quitté le terrain communautaire - où les thèses restent inconciliables - pour négocier le volet socio-économique du programme d'un futur gouvernement. Engranger des accords sur ce terrain pouvait être la clef qui permettrait de faire sortir des tranchées les fantassins de l'institutionnel.

On ne peut donc être que déçu devant la tournure des événements : ici aussi les négociations sont languissantes.

Et comme on dit dans les marolles : "trop is te veel". Que les peut-être futurs partenaires soient à couteaux tirés sur le volet communautaire, soit. Mais sortis de ce bourbier il est urgent, extrêmement urgent que les quatre partis concernés fassent la démonstration qu'ils ont envie de gouverner ensemble. Désormais les atermoiements ne peuvent être que funestes et miner le - peu - de crédit du futur gouvernement. Des dossiers difficiles - justice, fiscalité, budget - attendent. Que ceux qui ne sentent pas à l'aise dans une coalition de centre-droit le disent et s'en aillent. Quitte à faire mourir l'orange bleue.

Orange bleue : un premier fruit

EDITORIAL

Ciel radio

Michel Konen 

 

Ca y est ! L’accord était au bout de la nuit ! Les peut-être futurs partenaires ont réussi, cette fois, à accorder leurs violons. La politique d’immigration et d’asile a été définie. Et la mine des négociateurs était réjouie, à 3 heures du matin, sur le trottoir devant le Parlement.

 C’est la première fois, depuis 120 jours, que l’orange bleue peut afficher un succès. Ce n’est pas trop tôt.

 Il était temps, en effet. Le doute s’insinuait dans les esprits. A quoi bon  poursuivre la tentative de mise en place de cette coalition ? Jusqu’ici, elle s’était surtout illustrée par un talent certain à mettre sur la place publique ses dissensions plutôt que ses points de convergence.

Dans tous les milieux, en Belgique comme à l’étranger, l’inquiétude gagnait les esprits devant la vacuité de la négociation. Ce n’est pas tant la longueur des discussions qui faisait naître le doute. C’est la manière dont les interlocuteurs agissaient. Que des discussions soient longues, ardues, émaillées de tensions, quoi de plus naturel : chacun veut marquer de son empreinte l’action future. Mais des progrès devaient être enregistrés, la volonté d’aboutir être affichée. Jusqu’ici, c’était tout le contraire, les négociateurs tournaient en rond. Un peu comme si chacun souhaitait l’échec sans vouloir en prendre la responsabilité.

Ce premier succès vient donc à son heure. Il est même symbolique. Il est engrangé le jour même de la rentrée parlementaire. Comme si ce mardi 9 octobre était attendu pour que la vie politique se remette enfin en mouvement. Certes la route reste longue et les écueils nombreux. Le dossier justice, ceux de la fiscalité, du budget ou de l’emploi attendent sur la table. Sans parler, évidemment, du dossier communautaire, celui par lequel tout peut se défaire.

Mais la machine, cette fois, s’est mise en route. Dans le panier de la coalition orange bleue, un premier fruit vient d’être déposé.