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12/10/2007

Une justice rassurante

EDITORIAL

Ciel Radio

Michel Konen

12.10.07 

 

 

 

La coïncidence mérite d’être relevée et vaut qu’on y revienne. Elle concerne deux cours d’assises qui siégeaient simultanément. L’une à Anvers, l’autre à Liége.

 

A Anvers, le jury a jugé Hans Van Themsche coupable d’assassinat sur la petite Luna et sa nounou malienne ainsi que de tentative d’assassinat sur une troisième personne d’origine turque. Avec la circonstance aggravante liée au caractère raciste de cette équipée sauvage. Des faits qui valent à Van Themsche d’écoper d’une peine de réclusion à perpétuité. Un procès exemplaire dans une ville gangrenée par l’extrême droite xénophobe, profondément marquée par les faits commis il y a 18 mois. Un procès symbolique qui rend sa dignité «  à cette belle ville et à ses habitants qui se sont vu coller une étiquette qu’ils ne méritaient pas », ainsi que l’observait l’avocat général. Et il faut se réjouir que ce soit à Anvers, précisément, grâce à un jury populaire, de surcroît, que soit démontré qu’il y a une justice pour toutes les races dans la société belge.

 

Au même moment, à l’autre bout du Canal Albert, trait d’union entre Anvers et Liége, se tenait une autre cour d’assises qui, elle aussi restera dans les annales. Ici, le procès a été interrompu. Purement et simplement. Le Président de la cour d’assises a renvoyé chez eux l’ensemble des jurés. La Cour a estimé qu’au travers des questions posées à l’accusé le jury, dans son ensemble, avait manifesté sa conviction, laissant ainsi présager de son opinion. L’accusé est d’origine turque. Les questions des jurés portaient sur la culture turque et la religion musulmane, sans rapport avec les faits, graves – l’assassinat de sa sœur –  reprochés à l’accusé. Son procès est donc reporté.

 

 Le mot n’a pas été prononcé mais les jurés se voyaient accuser de racisme « voilé »,  d’une xénophobie qui ne dit pas son nom. Le Président de la Cour a fait droit à la demande de la défense en écartant ainsi  un jury soupçonné de partialité. Ce renvoi de l’ensemble du jury est une première pour la justice belge.

Deux procès, deux issues rassurantes pour le justiciable. Même si les chemins pour y parvenir sont radicalement différents, les assises d’Anvers et de Liége ont démontré qu’il y a bien une justice, avec un grand J, pour tous en Belgique.

 

 

 

 

 

11/10/2007

L'heure de vérité approche.

EDITORIAL

CIEL RADIO

par Michel KONEN

11.10.07 

 

 

Je vous le disais hier : la météo politique est instable et peut changer brutalement. Cela ne faisait guère de doutes : aucun vote n’interviendrait  en commission de l’Intérieur sur le dossier de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde. La procédure parlementaire offre suffisamment de ressources pour retarder les échéances fatales.

 

Il n’empêche. On ne comprend pas quelle mouche a piqué Pieter De Crem, le président CD&V de la commission. En   accédant à la demande du Vlaams Belang de clore le débat pour passer au vote mercredi prochain, il a joué au pyromane alors qu’on l’attendait plutôt dans le rôle du pompier. Les deux partis flamands qui négocient l’orange bleue – le CD&V/NV.A et l’Open VLD ont suivi comme un seul homme les extrémistes de la droite flamingante. Ils n’ont tenu aucun compte de la négociation en cours un étage plus haut. Leterme et les présidents de parti ont été appelés à la rescousse pour éloigner provisoirement le danger. C’est fait mais l’incident est significatif. Le CD&V - dans la plure tradition du CVP, dont il est l'héritier - prend un plaisir sadique à mettre ses vedettes politiques, ici Yves Leterme,   dans des situations impossibles. Plus grave, les chrétiens démocrates flamands, mais aussi les libéraux du nord, restent traumatisés par le Vlaams Belang et n’osent pas se démarquer de celui-ci, quelles que soient les circonstances. Ce sont bien les plus durs qui mènent la danse. A tout moment, la négociation en cours peut capoter sur le communautaire.

 

On comprend donc qu’il est de l’intérêt vital de Leterme de mettre le turbo. Hier les négociateurs ont engrangés quatre nouveaux accords. Sur des sujets – Affaires étrangères, Coopération au développement, politique internationale et européenne. Ce ne sont pas les dossiers les plus polémiques, d’accord. Mais Leterme n’a plus guère le choix. Il doit, au plus vite, remplir la corbeille pour freiner les ardeurs des agités de son parti.

Le dossier institutionnel, en particulier celui de Bruxelles-Hal-Vilvorde, reviendra sur la table plutôt qu’il ne le souhaitait. Et cette fois il n’y aura plus d’échappatoire possible.

 

Pour l’orange bleue, l’heure de vérité approche à grand pas. Le délai n’excède pas quinze jours.

10/10/2007

A vos marques, prêts ? Partez !

Édito

LA LIBRE BELGIQUE

Par Michel Konen

Il faut lui rendre cette justice : elle ne préside pas aux destinées du parti le plus important autour de la table. Mais, en ce qui concerne les négociations, elle a tout d'une grande !

Joëlle Milquet, la présidente du CDH jouait gros. En cas d'échec sur le dossier asile/immigration, c'en était sans doute fait de la coalition orange bleue. Et l'étiquette de "Madame non" lui aurait collé à la peau aussi sûrement que le sparadrap au doigt du capitaine Haddock dans Vol 714 pour Sidney. Milquet a pris des risques, elle a joué les lignes. Finalement, elle obtient un compromis qui n'était pas gagné d'avance mais qu'elle peut défendre. Tout comme les libéraux flamands.

Les socialistes francophones ont aussitôt donné de la voix. Parlant d'abdication du CDH. On ne sait s'il faut rire ou pleurer devant l'indigence des arguments. Le PS dresse en quelque sorte le catalogue de ses propres échecs, de tout ce qu'il n'a pu obtenir au cours de huit années au pouvoir. De ce côté-là, la guerre s'annonce en tout cas totale et on voit déjà quelles crises d'amnésie frapperont Laurette Onkelinx lorsqu'il sera question de l'équilibre budgétaire.

Mais là n'est pas l'essentiel. L'essentiel était, pour les peut-être futurs partenaires de réussir un premier accord. L'essentiel était que Joëlle Milquet démontre qu'elle était capable d'accepter un compromis. L'essentiel était que Leterme sorte de la spirale de l'échec et démontre, ce qu'il a fait, qu'il était en mesure de présenter une synthèse de positions contradictoires.

Tout n'est pas gagné d'avance, loin de là. Mais du moins, hier, pour la première fois depuis longtemps, avait-on l'impression d'être devant une équipe ramant dans une même direction.

D'autres dossiers, la Justice aujourd'hui, la fiscalité, l'emploi, le budget, la sécurité, etc. attendent les négociateurs de l'orange bleue. Chacun, avec combativité et ténacité voudra marquer de son empreinte les accords en gestation. Il y aura donc encore des moments de vives tensions. Mais on sait maintenant, ils savent maintenant, que c'est possible.

Restera, en finale, le complexe dossier communautaire. Qui peut défaire tous les accords engrangés précédemment. Mais plus y aura de fruits dans la corbeille et plus le formateur verra grandir ses chances de diriger un gouvernement Leterme Ier.

Prêts ? A vos marques... Partez ! Il ne tient qu'à vous de réussir.