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05/11/2007

Record battu ! et après ?

EDITORIAL

Ciel Radio

Par Michel KONEN

 

 

 

148 jours, record battu. Et après ? Après on ne voit pas actuellement la sortie du tunnel. Yves Leterme a beau jurer que 80% du trajet a été accompli, jusqu’à présent le peloton du formateur a roulé en plaine. Le groupe des négociateurs aborde maintenant la haute montagne avec, au menu trois cols hors catégorie. Ils s’appellent Bruxelles-Hal-Vilvorde, réforme de l’Etat et budget.

 

Les quatre formations se retrouvent dès ce matin autour de la table. Les uns ont repris des forces sous les tropiques, les autres ont inspiré l’air iodé de la Mer du Nord. Les voilà donc régénérés physiquement et intellectuellement. Ils vont en avoir besoin.

 

Première difficulté : BHV. Ils doivent trouver d’ici mercredi une avancée significative sur ce dossier en mariant l’eau et le feu. Les francophones exigent que l’on parle, en préalable, de la nomination des quatre bourgmestres de la périphérie francophones. Les flamands menacent de voter, mercredi, en Commission de l’Intérieur, la scission pure et simple de l’arrondissement. On ne voit pas quel lapin le formateur va sortir du chapeau.

 

S’il passe ce premier écueil, Yves Leterme devra trouver les moyens d’accorder les demandes flamandes en matière de réforme de l’Etat. Des réformes qui exigent une majorité des deux tiers dont l’Orange bleue ne dispose pas. Des réformes

 

dont les francophones ne sont pas preneurs.

 

Et pour couronner le tout : le budget. Les négociateurs ont déjà dépensé l’argent qu’ils n’ont pas. Il leur faudra trouver 8 milliards d’euros, au bas mot, pour équilibrer les comptes en 2008. Le pari est d’autant moins gagné que les négociateurs ont mis dans ce chapitre tous les dossiers à propos desquels ils ne pouvaient trouver d’accord. Avec, par exemple, le nombre de fonctionnaires, la fiscalité régionale, etc.

 

148 jours, la crise n’est pas finie. La chute collective est plus que jamais possible.

 

 

02/11/2007

Des compromis, s'il vous plaît

Editorial

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Cette fois, Yves Leterme joue la prudence. Il espérait un accord global avant que ses petits camarades ne prennent quelques jours de repos à l‘occasion de la Toussaint. Il n’a obtenu qu’un projet d’accord. Il a beau dire que ce projet d’accord couvre 80 % de la négociation, il ne se donne, à lui-même, que 51% de chances d’aboutir.

 

Dès la semaine prochaine, qui verra battre le record de durée de négociations pour la formation d’un gouvernement, la facture sera sur la table. Et elle s’annonce salée.

 

Avec le communautaire d’abord : s’il ne faut pas trop craindre le vote en Commission de l’Intérieur le mercredi 7 novembre, il faudra néanmoins que le formateur arrache à ses « peut-être futurs partenaires » des progrès significatifs dans le dossier de la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde.

 

Mais ce ne sera pas le seul dossier chaud. Le budget se présente lui aussi comme une montagne escarpée et difficile à franchir. Jusqu’ici, les négociateurs de l’orange bleue ont démontré un talent certain en matière de dépenses nouvelles. Chaque point litigieux portant sur des économies a été reporté à la discussion budgétaire. Voici donc venue l’heure des comptes.

 

Yves Leterme sait que la dernière ligne droite sera la plus dure. Que les 20% d’accord qui restent à négocier sont ceux de tous les dangers. Ce n’est pas innocemment qu’après les acquis, et pour éviter les accrocs, Yves Leterme en appelle à la responsabilité des négociateurs. Il exhorte les partenaires à faire des compromis. Les semaines qui viennent, pour difficiles qu’elles seront, diront si le formateur a été entendu.

 

 

30/10/2007

Les excuses “forcées” de Bart De Wever

Editorial

La Libre Belgique

31.10.07

par Michel Konen 

 

 

 

Décidément, il n’en démord pas. Bart De Wever, le président de la NV.A, le parti nationaliste et séparatiste flamingant, maintient : les excuses présentées dimanche par le bourgmestre d’Anvers, Patrick Janssens, à propos du rôle des autorités de la métropole dans la déportation des Juifs, étaient “gratuites”. Parce que, juge-t-il, il est “facile de présenter des excuses 65 ans après les faits”.

Il est évidemment plus facile encore de se taire. Il est plus facile encore, et plus commode surtout, de faire comme si rien ne s’était passé. Et, comment peut-on en douter ?, s’il y a eu méprise sur la teneur de ses propos, c’est parce qu’ils ont été sortis de leur contexte. La faute aux journalistes, sans doute.

On ne dira pas de Bart De Wever qu’il est nostalgique des années noires. Il n’empêche. Il est des faux pas qu’il vaut mieux éviter. Particulièrement quand dans les rangs de son propre parti on compte des membres qui n’ont pas un passé virginal et qui se sont distingués dans les organisations nationalistes les plus extrêmes.Avec l’ancien ministre CD&V Mark Eyskens, on ne peut que juger “les déclarations de monsieur De Wever grossières, choquantes et totalement déplacées pour la communauté juive de Belgique. On y sent même un soupçon d’antisémitisme”

La rencontre, à sa demande, de Bart De Wever avec les responsables de la communauté juive était le minimum de ce que l’on pouvait attendre de lui. Quant à la sincérité des excuses qu’il a présentées, elles ont, pour le moins, l’air embarrassé. On les eût voulues plus franches et sans ambiguïté.

Que Bart De Wever ait raté là une occasion de se taire ne fait aucun doute. Son compagnon de cartel, le CD&V n’a pas été le dernier à se démarquer du président de la NV.A, faisant part de son incompréhension devant ses déclarations. Tous les autres partis, du nord comme du sud, ont eux aussi fait part de leur indignation. A l’exception, mais faut-il s’en étonner, du Vlaams Belang.

Le dérapage verbal de Bart De Wever illustre le malaise historique du mouvement flamand avec un passé que,consciemment ou non, il tente, toujours, d’excuser voire de justifier.Une attitude qui permet de mieux comprendre aussi pourquoi les actuelles négociations pour la formation du gouvernement de l’orange bleue butent sur le communautaire. Le nationalisme ne permet aucun compromis.