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07/11/2007

La Belgique est mal partie

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Voici donc l’heure de vérité enfin venue. Il aura fallu attendre 150 jours.

 

Cette après-midi, les partis flamands voteront la scission pure et simple de l’arrondissement de Bruxelles-Hal-Vilvorde. Ouvrant ainsi la porte à une crise qui sera longue, très longue.

 

Ils voteront si… Ils voteront si les francophones continuent à refuser le cadre de solution négociée présenté hier par Yves Leterme. Un cadre qu’ils jugent insuffisant et qui reprend les revendications flamandes en ignorant les demandes francophones. Une amorce de solution que les durs du CD&V/NV.A, Bart De Wever en tête, avaient d’abord refusé, eux aussi. Un cadre qu’ils ont fini par accepter du bout des lèvres pour faire porter le poids de la crise aux francophones qui, c’est bien connu, ne savent que dire non et veulent la fin du pays.

 

Paradoxe, le dossier BHV est celui qui n’a fait, sous le règne d’Yves Leterme, l’objet d’aucunes discussions préalables.

 

Deux hypothèses : les choses restent en l’état. Les flamands votent. Yves Leterme rend son tablier. Les francophones tirent la sonnette d’alarme ou invoquent le conflit d’intérêt. Le dossier est bloqué pour de longues semaines, voire des mois. Le pays s’enfonce dans une crise qui n’a que trop duré à un moment où l’absence de gouvernement commence à produire des effets néfastes sur l’économie du pays.

 

Deuxième hypothèse : il reste quelques heures pour trouver un compromis. On ne voit pas lequel.

 

A défaut, résultat identique : une crise majeure.

 

La Belgique est mal partie.

 

 

05/11/2007

L'heure tourne

EDITORIAL

CIEL RADIO

06.11.07

par Michel Konen

 

 

Tous les clignotants sont au rouge. Si 80 pour cent du chemin a été parcouru, selon la formule d’Yves Leterme, les 20 pour cent qui restent portent en eux 80 pour cent des problèmes.

 

La journée d’hier a été consacrée à faire du surplace. Les partis qui participent à la négociation sont restés dans les tranchées. Le cartel CD&V/NV.A, comme un seul homme, a réaffirmé que, sans avancée significative sur le dossier de Bruxelles-Hal-Vilvorde, les parlementaires flamands mettraient le feu aux poudres mercredi en Commission de l’Intérieur. Et les francophones de confirmer que, dans ce cas, ils quitteraient la table de la négociation. Ce serait alors la crise ouverte, la crise profonde.

 

Le meilleur atout de l’orange bleue, c’est, c’était ?, l’arithmétique parlementaire. Il n’y a pas d’autre coalition possible si la volonté est de laisser les socialistes dans l’opposition. Mais cela ne suffit plus. Il n’y a plus, côté flamand, d’homme politique motivé par l’état fédéral. Seuls les intérêts de la Flandre sont pris en compte. Yves Leterme est l’otage de son propre parti qui paraît désormais prêt à l’immoler sur l’autel de Mère Flandre. Manifestement Leterme ne tient pas ses troupes. C’est bien son parti qui lui dicte la voie à suivre.  Hier il n’a pu faire aucune proposition de compromis sur BHV. Il n’a sorti aucun lapin du chapeau. Si tant est qu’il y ait un lapin et un chapeau.

 

Jadis, quand les négociations européennes s’enlisaient, on convoquait Lamartine à la table de négociation et on jouait à :

 

Ô temps ! Suspends ton vol, et vous, heures propices ! Suspendez votre cours…  et l’on bloquait les aiguilles au cadran de la montre. Pas de tout ça chez l’Orange bleue : chez ces gens-là, Monsieur, l’heure tourne. Inexorablement.

 

 

Vingt pour cent, les seuls qui comptent !

Editorial

La Libre Belgique

Par Michel Konen

 

 

Le chiffre est d'Yves Leterme. Selon lui, quatre-vingts pour cent du chemin vers l'Orange bleue a été accompli. Ces pour cent-là sont les seuls qui comptent.

La semaine à venir dira si la tactique suivie par le formateur a été la bonne. Il a engrangé de multiples accords. Il espère que les acquis feront pencher la balance en sa faveur.

Mais, force est de le constater, les "pour cent" n'ont pas tous le même poids. Et les dossiers sur lesquels les "peut-être futurs partenaires" se sont accordés comportent de nombreux "blancs" qui ont été reportés aux semaines qui viennent.

Rien ne dit donc que Leterme gagnera son pari : sur la balance, le plateau des acquis actuels est bien léger encore.

Le congé de la Toussaint aura permis aux uns et aux autres de se ressourcer. Et ils vont, en effet, avoir besoin de tous leurs moyens intellectuels et physiques au cours des jours et des semaines qui s'annoncent. On peut s'attendre à une guerre des tranchées permanente et à de multiples crises de nerfs de part et d'autre.

Premier plat de résistance ce lundi : Bruxelles-Hal-Vilvorde. Les députés flamands membres des partis qui négocient l'Orange bleue attendent des progrès "significatifs" dans la résolution de ce dossier d'ici mercredi, jour où se réunit la Commission de l'Intérieur. Faute de perspective, ils voteront, disent-ils, la scission pure et simple de l'arrondissement. Mais voilà, les camps francophones et flamands se sont enfermés dans des déclarations préalables qui n'aident pas au compromis. Du coup, quoiqu'il arrive, tous perdront la face. Mais en politique, belge du moins, quand tout le monde perd, c'est presque comme si tout le monde avait gagné.

L'équation à résoudre est très complexe. D'un côté, les Flamands et leur calendrier parlementaire, et la décision du ministre flamand de l'Intérieur de faire de la nomination des quatre bourgmestres de la périphérie une affaire de gouvernement. Autrement dit, les partis qui ne sont pas associés à la négociation fédérale auront leur mot à dire. Et on ne voit pas pourquoi ils aideraient l'Orange bleue. De l'autre côté, les francophones qui font du sort de ces bourgmestres un préalable à la négociation.

BHV, ce n'est que deux pour cent du chemin qui reste à parcourir. Bonne chance Monsieur Leterme !