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10/11/2007

La belle histoire de BHV : Acte V

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

Acte I : mercredi, avant le vote du bloc flamand sur Bruxelles-Hal-Vilvorde, vous l'aviez compris : ça allait barder entre francophones et néerlandophones.

Acte II : mercredi après le vote, vous aviez comme un doute : ils avaient tous l'air content.

Acte III : jeudi, vous étiez perplexes. Non seulement ils avaient tous l'air content, mais ils expliquaient tous qu'ils avaient gagnés. Leterme restait en piste. Le Roi désignait les présidents de la Chambre et du Sénat comme réconciliateur des communautés linguistiques. Didier Reynders haussait le ton, demandant des gages en réparation de la gifle reçue la veille. Joëlle Milquet se réjouissait de voir BHV reporté aux calendes grecques. Les francophones, ensemble, étaient satisfaits de voir les grandes réformes institutionnelles localisées dans un groupe des sages extérieurs au gouvernement. Les Flamands n'étaient pas moins heureux du bon tour joué aux francophones sur BHV et la future commission Sénat-Chambre allait permettre de progresser dans le domaine institutionnel.

Tout était pour le mieux dans un scénario prévu, écrit ?, par les négociateurs.

Acte IV : rebondissement ! Comme dans les meilleurs feuilletons télévisés. Rien ne va plus. Nous sommes vendredi matin. Vous n'y comprenez plus rien du tout. La presse laisse entendre que le scénario de crise avait été mis en scène. La presse flamande atomise le CD & V/NV-A et Leterme. Ce dernier s'est mis à plat ventre pour conserver une chance de devenir Premier ministre. Son parti a tout raté : la scission de BHV est bloquée et la réforme de l'Etat encommissionnée.

Acte V : tout redevient normal. Face à leur opinion publique gravement perturbée par les jeux subtils du pouvoir, tout redevient normal. Reynders s'étouffe à l'idée qu'on puisse le soupçonner d'avoir trompé l'opinion publique - c'est vrai, après tout qu'il n'est jamais agréable de recevoir une gifle politique - et attend toujours un geste des Flamands. La NV-A, parti séparatiste, remet son partenaire de cartel du CD &V dans le droit chemin flamand : Reynders peut aller se faire voir. C'est lui, au contraire qui doit donner des gages pour que la réforme de l'Etat s'engage. L'Open VLD suit. Joëlle Milquet ne voit pas de quoi il est question du côté flamand.

Ouf ! Tout est redevenu normal. On ne s'aime toujours pas au sein de l'orange bleue. Que font-ils donc ensemble ?

09/11/2007

Plus belge que ça, tu meurs !

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Édito

La Libre Belgique
Par Michel Konen


Nous voilà plongés dans une situation si typiquement belge qu'elle est inexportable. Après une de ces phases de dramatisation politique dont, seuls, nous avons le secret, voici donc revenu le grand beau temps.

Rétroactes : jusqu'à mercredi 14 h 30, donc, tout citoyen normalement constitué croyait que la situation était claire.

Pour les francophones, un vote flamand en Commision de l'Intérieur sur la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde conduisait nécessairement au naufrage de l'orange bleue. Pas question de poursuivre avec Yves Leterme comme formateur, ce dernier n'étant pas parvenu à s'imposer comme premier ministrable puisqu'il n'avait pas su trouver le compromis.

Côté flamand, l'affaire paraissait tout aussi limpide : ne pas voter en Commission sur le dossier emblématique de BHV était hors de question dès lors que les francophones avaient refusé, selon eux, l'idée même d'une solution négociée.

Donc, les Flamands votent. On s'attend au pire. L'orange bleue ne peut qu'éclater comme un fruit pourri.

Rebondissement. Contrairement aux prévisions le ton des uns et des autres n'est pas celui que l'on attend. Les Flamands ne font pas dans le triomphalisme, c'est tout juste si les francophones ne sont pas ravis.

Certes, le front des francophones se réunit pour dénoncer le passage en force des Flamands et décider d'actionner au départ de la Communauté française la procédure du conflit d'intérêt, première manoeuvre de retardement du dossier BHV. Mais pas d'ukase de la part du CDH et du MR à l'encontre de Leterme.

Côté flamand, le CD & V/N-VA est atomisé dans la presse néerlandophone. L'argument : en votant, sottement, le dossier BHV est renvoyé aux calendes grecques et les négociateurs flamands se sont privés d'un moyen de pression.

Les francophones, eux, expliquent désormais que ce vote est en fait une bénédiction. Certes, ils attendent un geste des Flamands : une promesse de ne plus recommencer. Mais pour le reste, c'est parfait. Mieux même : c'est quasi-officiel, le débat institutionnel est désormais hors gouvernement. C'est le Roi qui l'a dit. Et le CD & V/N-VA qui voulait que ce dossier reste au gouvernement est lui aussi ravi puisque la Roi permet de prendre en compte ces revendications.

Business is business . Les affaires reprennent. Qui manipule qui ? Le scénario n'a pas été écrit à Hollywood. Les scénaristes sont en grève là-bas. C'est une histoire bien de chez nous.

Une mauvaise pièce

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Les francophones ont pris une claque. D’accord. Avant de la prendre, on allait voir ce qu’on allait voir. Après l’avoir prise, c’est tout vu : l’Orange bleue continue. Ah bien sûr, les flamands vont devoir donner des gages de bon voisinage linguistique, promettre de ne plus recommencer, en quelque sorte. Et tout le monde paraît presque content. Les francophones parce que BHV est renvoyé dans les limbes de la procédure parlementaire, les flamands parce qu’ils ont démontré qu’ils avaient les moyens d’imposer leurs vues. Le citoyen, lui, ne comprend plus rien. Le Roi, qui connaît la mathématique électorale, et qui sait donc que le CD&V/NV.A est incontournable quelle que soit la coalition envisagée, a paré au plus pressé tant l’urgence de voir le pays gouverné devient pressante. Il n’a pas consulté les peut-être futurs partenaires, ceux-ci n’ayant pas prononcé d’ukase contre Monsieur 800.000 voix. Mais il lui a retiré son jouet préféré : la réforme institutionnelle. Albert II a désigné les présidents de la Chambre et du Sénat,  Herman Van Rompuy et Armand De Decker , un chrétien démocrate flamand et un libéral francophone, ça tombe bien, au poste de réconciliateur. A eux de créer le groupe des sages qui réfléchira au nouveau dessin institutionnel du pays. Les francophones se disent satisfaits puisque l’épée de Damoclès ne pèsera plus sur la vie du gouvernement futur, et le CD&V/NV.A se dit heureux car il y voit la possibilité de faire avancer le dossier. Même s’il ne voulait pas de cette solution il y a deux jours à peine. Tous heureux donc ? Minute, il va falloir faire avaler la pilule aux nationalistes séparatistes flamands de la NV.A, l’allié décidément encombrant des chrétiens démocrates flamands. De toute manière le terrain n’est pas entièrement déminé : santé, justice, fiscalité, S NC B, emploi, autant de dossier qui devront être traité dans le cadre de la négociation budgétaire, qui reste à faire. Autant d’occasion pour les flamands de faire jouer la loi du nombre. Il faudra que les francophones obtiennent de sérieuses garanties, autre chose que des promesses, s’ils ne veulent être accusés de jouer dans une mauvaise pièce.