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13/11/2007

L'heure a sonné

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

La méfiance est partout. Le Roi, depuis hier, consulte l’ensemble des présidents des partis démocratiques. Et l’on ne peut pas dire qu’à l’issue de la première journée la situation se soit décantée. Tous les partis politiques d’opposition marquent plus que des réticences à entrer dans le jeu. Tous craignent un piège.

 

La volonté affirmée d’Yves Leterme, qui s’est fait sèchement remballé par le MR et le CDH, de vouloir poursuivre les négociations budgétaires en bilatérale n’a fait que brouiller davantage les cartes. La lecture que fait le formateur de la crise est pour le moins étrange : c’est comme s’il n’avait pas compris que, pour l’instant, l’Orange bleue était à l’arrêt. Son attitude accrédite le sentiment, dans les rangs socialistes et Ecolo que la commission des réconciliateurs n’est qu’un truc pour sortir l’orange bleue de l’impasse. Ce dont ils ne veulent à aucun prix. Yves Leterme, décidément n’a pas la stature espérée.

 

Elio Di Rupo a fait un petit pas en avant. Mais la guerre pour le leadership francophone qu’il mène à Didier Reynders pollue le débat. Le grand chef rouge n’a pas encore remarqué que le parti qu’il cornaque n’est plus premier en francophonie. Reste que l’idée que les formations francophones reconstituent un front commun pour déterminer leur attitude face aux revendications flamandes est une nécessité. A côté de laquelle les Reynders, Milquet, Di Rupo et Javaux ne peuvent absolument pas passer. Qu’on le veuille ou non, l’heure du rendez-vous institutionnel a bien sonné. 

 

 

12/11/2007

les réconciliateurs

Editorial

Ciel Radio

par Michel Konen 

La seule chose qui, d’évidence, unit encore les négociateurs de l’Orange bleue, c’est leur volonté de laisser la famille socialiste dans l’opposition. Car pour le reste, on ne voit pas qu’il y ait  de raison particulière à poursuivre un bout de chemin ensemble.

 

Le formateur en titre, Yves Leterme, est en chômage technique : les négociations sont toujours à l’arrêt. Les réconciliateurs, Armand De Decker et Herman Van Rompuy, cherchent à recoller la porcelaine. La mission que le Roi leur a confiée est interprétée de manière radicalement différente par francophones et flamands. Pour ces derniers, la mission des Présidents des assemblées ne peut avoir pour objectif que de permettre à Yves Leterme de former un gouvernement qui aura une grande réforme des institutions à l’ordre du jour.

 

Pour les francophones au contraire, la mission des réconciliateurs consiste au contraire à retirer de la négociation gouvernementale tout le dossier réformes de l’Etat.

 

Le Roi doit reprendre la main : dès aujourd’hui il rencontrera l’ensemble des partis démocratiques pour leur expliquer de quoi il s’agit. Ce sera bien nécessaire car pour Elio Di Rupo pas question de participer à ce nouveau forum sans être partie prenante de la négociation gouvernementale.

 

Et pendant que les flamands poursuivent leur tactique du rouleau compresseur pour imposer leurs vues, les francophones donnent à voir le triste spectacle de la désunion et à faire passer les ambitions partisanes avant le bien commun.

Un front francophone lézardé

EDITORIAL

LA LIBRE BELGIQUE 

Par Michel Konen


 

A crise exceptionnelle, mesures exceptionnelles ! Le Palais lui-même innove. Il nous avait déjà donné un explorateur. Voilà qu'il nous propose deux réconciliateurs. Mission : "Entamer un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre les communautés."

Leterme, pendant ce temps-là, poursuit sa mission sur tout le reste. A ceci près que la négociation est à l'arrêt. On ne se parle plus au sein de l'orange bleue. Non seulement le formateur est en chômage technique, en quelque sorte, mais, en plus, au Nord comme au Sud, tout le monde le trouve nul.

Quand à la mission des réconciliateurs elle s'assimile à un exercice de voltigeur de haut vol. C'est que la mission qui leur a été confiée par le Roi fait l'objet d'interprétations radicalement différentes selon que l'on est flamand ou francophone.

Pour le MR et le CDH, c'est clair, Yves Leterme ne peut plus se mêler de questions communautaires. Mieux, si les partis flamands de l'orange bleue s'engagent sans arrière-pensées dans ce processus, ils pourraient estimer qu'il s'agit-là du geste d'apaisement qu'ils attendent après la claque reçue lors du vote sur BHV.

Le CD & V/NV.A et l'Open VLD font une lecture fort différente du processus engagé. Non seulement ils exigent que Leterme poursuive sa mission, y compris sur le volet communautaire. Mais ils attendent des francophones qu'ils s'engagent sans retenue dans la voie d'une réforme institutionnelle de première grandeur. Et si les francophones traînent par trop des pieds, ils menacent de renouveler les passages en force comme ils l'ont fait pour BHV.

Devant une telle cacophonie, le Roi a décidé de reprendre la main et de voir, ce qu'il n'avait pas fait la semaine dernière, l'ensemble des partis démocratiques. Histoire que tout le monde comprenne la même chose. On verra alors si la mission des réconciliateurs a une petite chance d'aboutir.

En attendant, les francophones ont encore réussi à faire étalage de leurs divergences. Au parlement de la Communauté française d'abord : ils ont échangé des noms d'oiseaux et, sur les plateaux de télévision, ce dimanche, chacun a pu les voir s'étriper à qui mieux mieux. Il serait temps que les leaders francophones fassent passer leurs ambitions personnelles derrière l'intérêt commun.