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15/11/2007

Bonne fête Sire !

Édito

La Libre Belgique

Par Michel Konen

C'est la gifle du mercredi. La première avait pris la forme d'une claque magistrale le 7 novembre dernier en Commission de l'Intérieur. La majorité flamande avait imposé la scission de Bruxelles-Hal-Vilvorde à la minorité francophone. Qu'importe les calculs et jeux politiques auxquels se sont livrés, sans gloire, les leaders des partis au cours de la semaine écoulée.

Concrètement, le Roi, après d'intenses consultations, a chargé les Présidents des assemblées, Armand De Decker et Herman Van Rompuy, de mettre en place un Collège du dialogue des Communautés. Un lieu qui doit permettre de débattre sereinement la réforme de l'Etat.

Il paraissait évident, en attendant la mise en place de cette Commission, que chacune des parties s'abstiendrait de poser des gestes inamicaux à l'égard des membres de l'autre communauté linguistique. Les plus optimistes espéraient même que le fait d'accepter de participer aux travaux de cette Commission pourrait être interprété comme une geste d'apaisement et de confiance mutuelle. L'idée étant que les Flamands n'abuseraient plus de leur supériorité numérique et que les francophones accepteraient sans arrière-pensées de discuter de la réforme des institutions.

Tout le monde attendait donc un geste de tout le monde. Ce geste, il est venu. Une gifle monumentale délivrée aux francophones par le gouvernement flamand. Le ministre de l'Intérieur de Flandre, l'OpenVLD Marino Keulen, a bien choisi son moment : la veille de la fête du Roi.

Après avoir informé ses collègues du gouvernement et son président de parti, Bart Somers, Marino Keulen a décidé de ne pas nommer trois bourgmestres de la périphérie. Le quatrième, celui de Rhode-St-Genèse étant désigné. Trois sur quatre donc, histoire de diviser, si possible, les francophones de la périphérie bruxelloise.

La nomination des quatre bourgmestres, élus avec une majorité écrasante lors des communales, était une revendication des francophones. Une exigence portée à son paroxysme par Olivier Maingain, curieusement muet hier soir.

Un geste d'agression délibérée, qu'aucune urgence, et aujourd'hui moins qu'hier encore, ne vient justifier a été posé par le gouvernement flamand. Comme si ce qui se passe au fédéral ne le concernait pas.

Bonne fête Sire. Malgré le bouquet d'épines que la Flandre vient de vous offrir.

Un cadeau empoisonné

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

Cela va plus mal qu’hier mais, sans doute, bien mieux que demain. Pour vous souhaiter une bonne fête, Sire, le gouvernement flamand, par la voie du ministre de l’Intérieur flamand, vient de vous expédiez un cadeau. Empoisonné. Marino Keulen, alors que vous attendiez des gestes d’apaisement, a décidé de ne nommer, manière de diviser le front de la périphérie, qu’un seul des quatre bourgmestres des communes à facilités. Rien ne pressait, pourtant. Quoique ! Il est vrai que vous avez eu l’idée saugrenue de mettre en place une Commission pour le dialogue entre les Communautés. Certes le pari est osé. Alors, on n’est jamais trop prudent. Mieux vaut tuer dans l’œuf toutes chances de succès. Ce n’est pas vraiment à vous qu’en veut le gouvernement flamand. Non, c’est à la Belgique elle-même. Et, ma foi, puisque les francophones semblent prendre plaisir à prendre des grandes claques les mercredis, ça tombait bien. Après le passage en force sur Bruxelles-Hal-Vilvorde mercredi dernier, il y a tout juste 7 jours en Commission de l’Intérieur, la Flandre vient de remettre ça : une de ces baffes monumentales dont les francophones se souviendront longtemps. Tétanisés qu’ils étaient hier soir, les francophones. La claque qu’ils venaient de recevoir leur avait démis la mâchoire. Raison pour laquelle sans doute ils sont restés muets. Mais enfin, maintenant, ils ont bien compris ce qu’est la loi du plus fort. C’est du moins ce que doivent se dire les flamands les plus radicaux. Car ils appliquent une pédagogie de choc. Si, cette fois la leçon n’est pas passée c’est que les francophones souffrent d’insuffisance intellectuelles. Yves Leterme l’avait déjà remarqué quelques semaines avant les élections du 10 juin. Et s’il avait raison ? Si vraiment la Flandre voulait évaporer la Belgique ? S’y prendraient-ils autrement ? Allez bonne fête Sire. C’est aussi le jour du beaujolais nouveau !

 

13/11/2007

Le Roi prudent mais optimiste

Editorial

Ciel Radio

le 14.11.07

par Michel Konen

 

 

"Il ressort des audiences du Roi de ces derniers jours que - même s'il y a de nettes différences sur la méthode à suivre- il y a aussi une volonté largement partagée d'organiser un dialogue sur la poursuite de l'élaboration équilibrée de nos institutions et un renforcement de la cohésion entre communautés". Tel sont les termes exacts du communiqué diffusé mardi soir par le Palais. Le Roi donne une semaine aux réconciliateurs pour concrétiser le dialogue sur ces deux objectifs.

 

La lecture que fait le Souverain de la situation politique reste  donc une lecture optimiste. Pour Albert II, et chaque mot est important, « la volonté de dialogue » existe à la fois pour réformer de manière équilibrée nos institutions et pour renforcer la cohésion entre les communautés. Il faut donc supposer que les échanges de vue qui ont eu lieu lors des colloques singuliers que le Roi a eu avec ses interlocuteurs sont forts différents de ceux qui sont donnés à entendre aux citoyens par ces mêmes responsables politiques.

 

Le Roi constate toutefois qu’il y a de « nettes différences sur la méthode à suivre ». C’est en effet ce qui ressort de la guerre des tranchées que mènent depuis cinq jours les différents partis politiques, y compris ceux de l’opposition. Le Roi donne donc du temps aux Présidents des assemblées. Du temps pour que les esprits se calment. Du temps pour que les réconciliateurs restaurent la confiance entre les différents acteurs politiques. Du temps pour que chaque camp linguistique puisse préciser ses revendications.

 

La partie n’est pas gagnée. Mais peut-être les hommes politiques consultés ont-ils réellement confié au Roi, dans le secret des murs du palais royal, des choses qu’aujourd’hui, ils n’osent pas encore dire à leur opinion  publique. Pour l’heure, devant les caméras, le mot « compromis » semble toujours être un mot honteux.