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02/12/2007

Leterme remet son tablier

par Michel Konen

Mis en ligne le 01/12/2007
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Yves Leterme a donc remis son tablier au Roi. Précisant, pour que nul n’en doute, qu’il restait disponible. Le formateur s’en va avec la certitude mathématique que son parti le CD&V, que son cartel - qu’il a porté sur les fonds baptismaux - le CD&V/NV.A, resterait aux affaires. Et son parti l’a déjà fait savoir : quoiqu’il arrive, Leterme sera le premier ministre du futur gouvernement, quel qu’il soit.

174 jours après les élections fédérale, nous revoici au point de départ : le CD&V/NV.A est incontournable et le MR ne veut toujours pas des socialistes. Les choses restent simples dans ces conditions : l’Orange bleue reste la seule coalition possible avec, peut-être, une touche verte francophone.

Les presque six mois qui viennent de s’écouler auront quand même servi à quelque chose : une base solide de programme socio-économique existe désormais. Et en matière communautaire l’idée d’une grande Convention chargée de formuler des propositions de réforme de l’Etat a fait son chemin.

Ce n’est pas rien. Celui qui reprendra les rênes de la formation du gouvernement devra en tenir compte. Tout comme il devra tenir compte du jusqu’auboutisme de la NV.A qui, manifestement, dicte le tempo au sein du cartel avec le CD&V.

Ce qui est clair, désormais, plus encore aujourd’hui qu’hier, c’est que deux conceptions de l’Etat s’affrontent. Le futur formateur – Didier Reynders ? Yves Leterme, à nouveau ? – aura pour tâche de trouver la formule magique qui créera les conditions de la confiance entre les deux communautés linguistiques. Ce n’est pas gagné d’avance et, sans doute, ce n’est pas pour tout de suite.

17/11/2007

Un front francophone,vraiment ?

Édito

La Libre Belgique

 

 

Par Michel Konen

 

 

 

Il en aura fallu du temps pour que le front des francophones se réunisse enfin.Comme toujours, au sud du pays, les évidences politiques ont tendance à être écartées par les stratégies particratiques ou les ambitions personnelles.

 

La semaine écoulée avait donné le spectacle navrant de la course au leadership entre Elio Di Rupo (PS) et Didier Reynders (MR). Les échanges de coups à peine terminés entre les rouges et les bleus, la fiesta repartait entre les “peut-être futurs partenaires” francophones de l’orange bleue. Didier Reynders , qui a toujours des difficultés à masquer qu’il se verrait bien Premier ministre, s’en prenait à Joëlle Milquet. Il l’accusait, dans nos colonnes, d’être pratiquement le vrai soutien d’Yves Leterme et lui reprochait de ne pas être à ses côtés pour l’aider à conquérir ce poste qui échappe aux francophones depuis 1973. Le sang de la présidente du CDH n’a fait qu’un tour et s’est mis à bouillir. C’est vrai, tout de même, que c’est elle que les Flamands ont surnommée “Madame Non”.

 

Ambiance donc avant de débuter cette réunion tant attendue. Pour le dire platement, les “partenaires” se “tiraient la gueule” à l’entrée de la réunion.A la sortie, ce n’était guère mieux : des têtes d’enterrement. Et un communiqué qui n’a rien pour susciter l’enthousiasme des foules.

 

Donc, ils sont indignés. Ils sont solidaires des bourgmestres de la périphérie. Et ils feront ce qu’ils peuvent pour trouver une solution. Ils demandent aux Flamands de ne plus s’énerver comme ça tous les mercredis. Et ils vont continuer à se concerter entre francophones. Et, enfin, la Commission Wallonie-Bruxelles , ça va démarrer en décembre.

 

Un communiqué de quatre paragraphes : c’est parce qu’il y avait quatre présidents. Ils ont pu en lire un chacun. Reynders le plus long – normal, c’est lui qui est le chef, après tout – et Javaux le plus court – normal, Ecolo, c’est les plus petits.

 

Pour ce qui est d’un front, on repassera. Au mieux un fronteke. Pas de quoi faire trembler le nord du pays, ce qui en soi n’est pas grave. Mais rien non plus qui permette aux citoyens francophones de se rassurer quant à la volonté de ses leaders politiques d’écrire un avenir rassembleur, déterminé, ayant une vision de l’intérêt commun.

 

Allez, ça sera pour la prochaine fois. Peut-être !

 

16/11/2007

Nul ne ressent l'urgence ...

EDITORIAL

Ciel Radio

par Michel Konen

 

 

Dans l’interview qu’il donne aujourd’hui à La Libre Belgique , Didier Reynders observe que ce qui « surprend ses collègues européens, c’est que le pays continue de tourner et que le Premier ministre, démissionnaire, continue à donner la position belge dans les sommets européens. Il n’y a pas de blocage. », conclut-il.

Et c’est vrai qu’au 159ème jour de la crise, les citoyens belges commencent à s’étonner, eux aussi, du peu de conséquences apparentes de l’absence de gouvernement.

 C’est que la Belgique a bien changé depuis des années. D’abord il y a les gouvernements régionaux et communautaires qui sont en place et qui gouvernent, eux. Leurs compétences économiques, sociales, culturelles, éducatives, sanitaires, etc. sont importantes et touchent immédiatement le côté visible de l’action politique. Les décisions essentielles pour la vie des gens peuvent être prises malgré la tempête qui agite le niveau fédéral.

 De l’autre côté de l’architecture institutionnelle il y a l’Europe. Là aussi, sur des matières essentielles qui lui ont été transférées au cours des cinquante dernières années, les décisions qui doivent être prises le sont. Et surtout, surtout, il y a l’Euro. Jamais, dans le précédent millénaire, le pays n’aurait pu se permettre une crise de ce genre sans mettre à mal le franc belge. La dévaluation de la monnaie nationale aurait impitoyablement, et rapidement, ramené les négociateurs au sens des réalités.

 Aujourd’hui, la Justice, la Défense nationale, la santé, ne présentent pas d’urgences vitales. Même le budget ne pâtit pas trop de la crise : le gouvernement en affaires courantes ne peut engager de dépenses nouvelles. Quant aux prix de l’énergie, souvent agité comme épouvantail, on sait bien que ce n’est pas le gouvernement belge qui détermine les prix du baril de pétrole.

 Non le vrai préjudice subi par le pays est invisible et touche essentiellement notre image à l’étranger. Ces conséquences-là ne seront perceptibles que dans plusieurs mois. Et saura-t-on jamais quels investissements nous avons ratés à cause d’une crise politique qui montre un pays menacé d’instabilité ?

Cette absence de pression intérieure et extérieure n’incite pas à l’optimisme : la crise peut durer longtemps encore. Nul ne ressent l’urgence, bien réelle pourtant, d’être gouverné